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Les inquiétudes grandissantes des professionnels du voyage en Tunisie face à la 5e vague Covid

Les inquiétudes grandissantes des professionnels du voyage en Tunisie face à la 5e vague Covid

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La situation sanitaire qui prévaut en France, en Allemagne, en Belgique ou encore en Autriche  préoccupe très sérieusement les opérateurs du voyage qui appréhendent les prochains mois.

Nuages à l’horizon du secteur du voyage en Tunisie. Agences et transporteurs aériens ne sont pas très optimistes sur le court et le moyen-termes. En cause, la 5e vague de Covid qui frappe actuellement une grande partie de l’Europe et notamment les pays où les fréquences de vols sont particulièrement élevées sur la Tunisie. Le sujet inquiète toute la profession, au point où la FTAV (Fédération tunisienne des agences de voyages) en a fait un thème de débat prioritaire. Le syndicat patronal a réuni à cet effet hier à Tunis les représentants de presque toutes les compagnies aériennes, tunisiennes ou étrangères opérant sur le marché, afin de faire le point sur une situation jugée particulièrement inquiétante.

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Face à la reprise fulgurante de la pandémie en Europe, toutes les compagnies s’accordent à dire qu’il y a un fléchissement de la demande de la part des voyageurs malgré les derniers mois de répit qui avaient redonné espoir à la profession. Ces derniers jours, la dynamique était encore palpable. Les voyageurs qui envisageaient de prendre l’avion pour les fêtes de fin d’année semblent s’être finalement rétractés pour une grande majorité d’entre-eux.

Karim Guediche, DGA Commercial de Tunisair, confirme que pour le mois de décembre, il y a un arrêt quasi-total de la demande de la part des passagers. « Même en lançant des promotions, nous n’arrivons pas à faire décoller les ventes pour la fin d’année »  avoue-t-il, précisant que les chiffres du Covid en France, principal marché pour la compagnie publique tunisienne, « laissent craindre une détérioration de la situation ».

Menaces venues du Nord

Du côté d’Air France, la situation est également floue. Jean-Marc Breton, directeur du bureau de Tunis, admet qu’il est « difficile à l’heure actuelle de définir 2022 ». Le responsable de la compagnie française s’inquiète de « voir arriver par le Nord » une nouvelle vague, annonciatrice d’une énième crise sanitaire qui va affecter tout le secteur du transport aérien. « Nous étions plein d’espoir pour 2022 car nous sentions que le business reprenait bien, notamment pour la clientèle Affaire ».

Désormais et face aux nouvelles considérations sanitaires, les craintes portent sur les potentielles répercussions sur le monde du voyage. Fermeture des frontières ? Nouvelles restrictions ? Bannissement de certains pays ? Pour le représentant d’Air France, c’est l’incertitude totale. « Difficile de savoir où l’on sera dans un mois » déplore-t-il.

Chez Tunisair, on s’inquiète également des modifications dans les modalités d’entrée dans chaque pays. « Il y a des changements tous les jours et même le weekend, ce qui nous met en difficultés avec nos passagers » regrette le DGA de la compagnie.

Quant à la fameuse application E7Mi mise en place par les autorités sanitaires tunisiennes, les professionnels du voyage sont unanimes à déplorer les contraintes qu’elle entraîne pour les voyageurs et les compagnies aériennes. Issam Mossedaq, représentant de la Royal Air Maroc pour la Tunisie, souhaite par exemple qu’une solution uniformisée et durable soit trouvée à cette question.

L’unanimité chez les compagnies

Chez Lufthansa, la situation est identique. « Nous avions senti quelques signes de reprise mais ces dernières semaines, la demande a baissé, la réticence se sent au niveau de la demande » confirme Mohamed Ben Lakhal, du bureau de la compagnie allemande à Tunis. « Nous avons cependant mis en place des mesures de flexibilité pour rassurer les passagers ». Comprendre par là que les compagnies admettent de procéder à des changements dans les dates de voyage sans pénalités ni frais supplémentaires.

Et pour confirmer que la situation pousse au pessimisme, Hédi Addassi, directeur chez Nouvelair, explique que les chiffres de 2021 sont moins bons que ceux de 2020 à la même époque, ce qui dénote finalement d’une détérioration dans le secteur du voyage.

« Au début de la crise Covid, personne ne pensait qu’elle allait durer longtemps » rappelle Ahmed Okour, directeur régional de la Royal Jordanian, qui ajoute « qu’avec les frais de PCR et les exigences de confinement pour certains, le package revient finalement très cher pour le passager ».

Les agences de voyages dans la tourmente

Face à la conjoncture qui prévaut, les agences de voyages, en leur qualité de partenaires des compagnies aériennes, sont à la peine elles aussi, mais pour plusieurs raisons. Outre la baisse d’activité qu’elles enregistrent depuis le début de la crise, un autre facteur risque de compliquer leur situation économique en 2022. L’IATA (l’Association internationale du transport aérien, chargée notamment de collecter les recettes des ventes des agences de voyages auprès des compagnies aériennes) a décidé qu’à partir du mois de janvier prochain, les agences devront s’acquitter du montant des billets vendus tous les 15 jours et non plus tous les mois comme cela était le cas jusqu’à présent.

Ces nouveaux délais inquiètent les agences de voyages qui rappellent que leurs clients, et notamment les entreprises, règlent leurs billets d’avion professionnels avec un délai plus ou moins long. Les nouvelles règles imposées à l’échelle internationale vont les inciter à devoir désormais « bousculer » leurs clients afin qu’ils règlent leurs factures plus rapidement.

Pour Adnane Farfar, vice-président de la commission Transport aérien à la FTAV et membre du comité Stratégie aérienne, « il ne sera pas facile de décréter ces nouvelles modalités qui interviennent dans une période de vaches maigres qui a lésé un grand nombre d’agences de voyages en termes de trésorerie ».

Car si dans la majorité des pays dans le monde, les Etats ont soutenu les compagnies aériennes et les entreprises, dont celles agissant dans le secteur du voyage, ce n’est pas le cas en Tunisie. Les opérateurs locaux ont donc géré la crise tant bien que mal. Tout au moins ceux qui ont réussi à se maintenir et qui auront par ailleurs la capacité de s’aligner au NEW GEN ISS, ces nouvelles normes internationales que vont devoir appliquer les agences de voyages tunisiennes dans le droit fil de la mondialisation de leur secteur.

Face à la situation qui prévaut, les agences de voyages veulent malgré tout garder la tête froide. Abdelaziz Ben Aïssi, président de la commission Transport aérien à la FTAV, rappelle que le secteur fait face à une réalité immuable. « Il faut se mettre en tête de vivre avec ce virus et personne ne pourra l’arrêter. Le premier secteur à avoir été touché par la crise, c’est celui de l’aérien mais malgré tout, nous devons être dans l’optimiste et non pas dans le pessimisme ».

H.H

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