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Au salon Riyeda: « planter les graines du tourisme de demain »

Au salon Riyeda: « planter les graines du tourisme de demain »

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Le tourisme post-Covid n’est plus celui de 2019. Le problème de change, l’infrastructure et l’Open Sky sont parmi les priorités stratégiques à régler pour pouvoir prendre le train de l’innovation. C’est le thème du débat organisé en marge du salon Riyeda à Tunis.

Après des chiffres records de flux touristiques enregistrés en 2019, le tourisme a connu pendant deux ans une crise profonde causée par la pandémie de Coronavirus.  Aujourd’hui, la relance requiert de faire les choses différemment en vue d’empêcher de subir les mêmes impacts.

L’innovation est l’une des solutions pour aller dans cette direction mais avant tout, il y a des priorités à identifier et à réaliser. C’est le sujet sur lequel ont débattu les représentants du secteur lors d’un panel organisé à la Cité de la Culture à l’occasion du salon de l’entreprenariat Riyeda. D’abord, Houda Ghozzi, fondatrice d’Open Start-up International, a estimé que le secteur touristique n’est pas valorisé à sa juste valeur, bien qu’étant l’un des secteurs-clés de l’économie tunisienne.

Mais avant de parler des aspects économiques, elle a souligné qu’il représente l’ouverture avec un impact culturel important sur la société en lui permettant de s’ouvrir sur le monde et d’être plus tolérante. Sur le plan économique, elle a rappelé que le tourisme contribue avec 6 milliards de dollars en devises, à 14% du PIB et 13% de l’emploi. « Aujourd’hui, l’enjeu est de faire un mariage réussi entre le monde de l’innovation et le voyage », a lancé Houda Ghozzi.

Les priorités stratégiques du secteur

Pour sa part, Nadaa Ghozzi, présidente du Comité Innovation à la FTAV (Fédération tunisienne des agences de voyages et de tourisme) et directeur général de l’agence de voyages Select Travel & Tours, a abordé la question des priorités stratégiques du secteur pour se préparer à l’avenir. Elle a tout d’abord fixé comme première priorité d’arrêter de considérer les opérateurs comme des pompiers appelés chaque fois à la rescousse pour sauver la saison. « Au lieu d’être un pompier du moment, j’aimerais  être un agriculteur qui plante les graines du tourisme de demain », a-t-elle poursuivi.

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En outre, la représentante de la FTAV a invité les acteurs à accepter l’idée de la « destruction créatrice ». C’est-à-dire que l’innovation va détruire certains opérateurs pour les remplacer par d’autres qui, à leur tour, vont créer de la valeur parce que jamais un mouvement d’innovation n’a engendré un recul en termes de création de valeur selon les expériences des pays développés.

L’autre priorité, selon Mme Ghozzi, est d’avoir le courage et l’audace pour s’assoir autour d’une table et d’identifier les vraies problématiques dont la loi de change qui est devenue caduque. Il s’agit de la changer ou de l’adapter. Il s’agit de même de donner la liberté d’entreprendre en Tunisie, de réinscrire le secteur touristique dans un cadre de réflexion transversal et dans toutes les réflexions de ministères de l’Environnement, du Transport, de l’Economie, des Finances et de l’Intérieur. « Le tourisme a été construit dans les années 80 par cette transversalité. Il a un pouvoir à reprendre aujourd’hui ».

L’infrastructure

Mais du côté de Skander Mestiri, directeur général de l’hôtel Dar El Marsa, c’est un autre son de cloche. « Je dirais que la priorité est l’infrastructure parce que nous ne pourrons pas par exemple appliquer l’Open Sky correctement sur Enfidha tandis que nous n’avons pas un train qui relie l’aéroport aux autres endroits. Il y a aussi le problème de transport à l’aéroport de Tunis-Carthage », a-t-il expliqué.

« Mon deuxième souhait est de décentraliser et de laisser la liberté d’entreprendre ainsi que faire confiance aux acteurs de ce secteur sur leur capacité d’innover, d’inventer de nouveaux produits car ils le feront plus rapidement », a ajouté M. Mestiri. Il a considéré sur dans le même contexte que le secteur touristique a démontré pendant deux années de crise qu’il est relativement résilient étant donné que beaucoup d’acteurs restent toujours debout et sont prêts à repartir.

L’aérien

Quant à Mehdi Mezghani, représentant de la compagnie aérienne Nouvelair, il a évoqué lors du même événement, lui aussi la question de l’Open Sky. « Pour une compagnie aérienne, nous devrions être réticents par rapport à l’Open Sky qui constitue un levier pour le tourisme. Bien que ce soit étrange, nous l’attendons avec impatience parce que cela va abolir des situations monopolistiques », a-t-il estimé, avant d’ajouter : « cela va nous permettre d’entrer sur des marchés comme celui de l’Italie et d’opérer sur le marché allemand ou suisse, etc. Cette situation de monopole est un frein devant le développement et l’innovation. Nous l’avons vu pendant des années. C’est une chose sur laquelle il faudra réfléchir sérieusement ».

Jihad Makni, co-fondatrice de HistorIAR, agissant dans le tourisme culturel, a souligné que le plus important est de commencer petit à petit et de continuer malgré les lenteurs, les problèmes de change, d’autorisations et de procédures.

Les intervenants ont conclu en appelant les acteurs du secteur à apprendre à être plus rapides et plus flexibles. Il s’agit de même d’élaborer des stratégies efficaces sur de très courtes durées permettant d’être plus performants parce qu’il est très difficile de prévoir le monde dans 5 ans.

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