jabeur ben attouche président de la FTAV
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Le nouveau coup de gueule de la FTAV contre les faux organisateurs de voyages

Le nouveau coup de gueule de la FTAV contre les faux organisateurs de voyages

jabeur ben attouche président de la FTAV

Face à la prolifération d’offres promotionnelles en tout genre sur les réseaux sociaux, les agences de voyages mettent en garde le consommateur tunisien.

Une publicité sponsorisée sur Facebook publiée le week-end dernier a une nouvelle fois fait déborder le vase. Elle invitait les Tunisiens à aller en Russie pour des sous-entendus peu orthodoxes: « Marre des fennecs ? [femmes laides] Marre de ta copine moche ? Alors vas passer 10 jours en Russie et profite de la HD ! Et nous, on s’occupe de toutt : visa, billet d’avion et hôtel ». Cette annonce a fait le buzz sur le réseau social et même largement reprise par certains médias, avec tous les sarcasmes qui vont avec et les critiques à l’égard du secteur des agences pour sa manière de faire.

Cette publicité a fait sortir la communauté des agences de voyages de ses gonds car elle n’émanait même pas d’une agence légale mais d’un intermédiaire non habilité à exercer la profession d’agent de voyages selon les renseignements obtenus par la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV).

D’une simple page aujourd’hui, ces sociétés de services qui pullulent et qui se font passer pour des voyagistes opèrent au vu et au su de tout le monde dans la sphère facebookienne, créant un amalgame assez grave avec les professionnels légaux qui sont, eux, soumis aux règles draconiennes en vigueur et notamment en matière d’assurance et de remboursement.

Quelles garanties en cas de problèmes ?

Car c’est là où le bat blesse: les sociétés et bureaux de services qui exercent désormais dans le pays n’offrent aucune garantie ni aucun recours aux clients en cas de problème. L’été dernier, à l’occasion de la Coupe du monde de football, on se souvient combien de personnes s’étaient faites bernées. Arrivées à Moscou, elles n’avaient pas trouvé de vis-à-vis ne serait-ce que pour les héberger (lire les péripéties).

Pour tenter de sensibiliser l’opinion publique, la FTAV s’est récemment rapprochée de l’Organisation de défense du consommateur afin de contrer de manière plus vigoureuse les intrus au secteur légal car l’ODC est la première à être généralement saisie quand un prestataire de service ne remplit pas sa part de contrat en matière de services touristiques et de voyages.

Ensemble, elles ont même créé un macaron que les agences sont tenues d’afficher à la devanture de leur commerce pour se démarquer et souligner la régularité de leur travail. L’initiative est à saluer mais à elle seule, elle ne suffit certainement pas.

Publicités à gogo

Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, la FTAV dénonce ouvertement les pratiques constatées depuis le début de l’été et le foisonnement de publicités émanant trop souvent d’opérateurs inconnus au bataillon des agences de voyages légales et adhérentes au syndicat patronal. Jabeur Ben Attouch, président de la FTAV, est clair sur le sujet : « en cas de réclamation d’un client, nous enquêtons immédiatement pour savoir qui est le prestataire. Quand il s’agit de l’un de nos adhérents, nous allons plus loin jusqu’à savoir ce qui s’est réellement passé entre les deux parties et nous essayons de trancher. Mais quand il s’agit d’un bureau de services non habilité à vendre des séjours et des voyages, nous ne pouvons que conseiller le plaignant d’avoir recours à la justice pour obtenir réparation».

Dans ce même communiqué, la FTAV dénonce à demi-mots une publicité, toujours sur Facebook, invitant les Tunisiens à se rendre en Turquie, en leur demandant juste de prendre un billet d’avion, le reste de la prestation se faisant sur place. Ce que le syndicat patronal ne dit pas tout haut, c’est que derrière ces pratiques, se cachent des opérateurs turcs qui ont mesuré la portée du potentiel touristique tunisien vers leur destination et qui viennent se servir directement à la source.

Pour le secteur des agences légales, il s’agit bien évidemment d’une concurrence déloyale contre laquelle ils ne peuvent pas grand chose, mais qui met en péril leur activité. Dans son communiqué d’aujourd’hui, la FTAV relance un énième appel à remettre de l’ordre dans la maison : « nous renouvelons notre demande faite aux autorités de tutelle afin de sévir auprès des sociétés de services illégales qui agissent au mépris des réglementations en vigueur et qui ne garantissent aucune assurance vitale au client ».

Et pour la énième fois, la même question qui se pose: faut-il attendre qu’une catastrophe survienne pour que le phénomène soit enfin traité à la racine ?

D.T

 

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