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Humeurs touristiques en ces temps de confinement à rallonges

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La prise de pouvoir du ministère de la Santé

Le ministère de la Santé est-il devenu un ministère de souveraineté ? En ces temps de Covid-19, ce département semble avoir repris la gestion des affaires dans le pays et notamment certaines d’entre-elles dans le secteur du tourisme.

Primo, pour ce qui concerne l’hébergement des rapatriés de l’étranger dans les hôtels. Ce ministère s’est découvert une vocation d’expert en gestion hôtelière et même en choix de prestataires catering.

A ce sujet, faut-il ouvrir le débat pour trouver un justificatif au régime de gratuités offertes aux confinés (qui plus est quand nombre d’entre-eux se disent prêts à payer pour être surclassés) et du manque à gagner qu’a subi l’industrie hôtelière locale ?

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Secundo, le protocole sanitaire développé par l’ONTT devra lui être soumis. Chacun son métier, cela va sans dire, mais la crainte aujourd’hui est double : de devoir encore attendre des lustres que la réponse parvienne aux hôteliers, et que des ajustements complémentaires ne transforment les hôtels en hôpitaux par manque de souplesse dans la définition des futures règles.

Que les services sanitaires s’occupent de ce qui est sanitaire, c’est indiscutable. Mais dans l’état actuel des choses, sa main-mise fait craindre certains dérapages dont le tourisme pourrait bien se passer actuellement.

Cette absence diplomatique qui fait mal au tourisme

La Tunisie n’a ni ambassadeur, ni consul en France, premier émetteur de touristes sur notre pays.

En ces temps de remous, la mobilisation d’un haut représentant diplomatique aurait pourtant été d’une importance cruciale. Car la Tunisie a besoin qu’un émissaire officiel aille frapper à la porte du Quai d’Orsay, voire même de Matignon, pour aller rouspéter, négocier ou poser au moins deux questions:

-Pourquoi ne pas élargir le champ des départs en vacances au Maghreb, zone peu affectée par le coronavirus, selon des protocoles à convenir ?

-Pourquoi la France va-t-elle imposer aux Tunisiens arrivant sur son territoire une quatorzaine obligatoire alors qu’elle ne l’impose pas aux intra-européens ?

Le coronavirus ne connaît pas de frontière et la politique de solidarité européenne n’a pas lieu d’être dans les circonstances actuelles. Seules devraient être prises en compte les considérations sanitaires.

La Tunisie a su juguler l’épidémie, pourquoi ses ressortissants qui voyageront en France (par obligation lors de la prochaine période comme par exemple les étudiants) seront-ils considérés comme des parias, bien que venant pourtant d’un pays très peu touché ?

OACA et TAV, êtes-vous toujours là ?

A l’heure où de nombreux aéroports dans le monde mettent en place des aménagements en phase avec les nouvelles considérations sanitaires, nos gestionnaires d’aéroports sont, à ce jour, totalement inaudibles. Que se passe-il dans les coulisses de l’OACA et de la TAV ? Sont-ils en train de travailler en silence et à préparer les installations adéquates pour accompagner la réouverture progressive du trafic aérien en juillet ?

C’est tout le mal qu’on leur souhaite, mais un minimum de communication permettrait d’aider la Tunisie à démontrer aux yeux du monde qu’elle est prête à reprendre du service à tous les niveaux de sa chaîne touristique.

Le dilemme des vacances d’été

D’un côté, on souhaite un retour rapide des touristes et de l’autre, la situation sanitaire n’est toujours pas stabilisée au départ de nos principaux marchés émetteurs, européens et algérien.

La venue de visiteurs de l’étranger paraît pour l’instant risquée pour certains, mais à y voir de plus près, la mise en place d’un process d’arrivée et d’accueil avec des règles sanitaires claires (sur le modèle de couloirs touristiques) pourrait bien évidemment être la solution – sans toutefois perdre de vue que le risque 0 n’existe pas.

La vraie menace qui pèse serait celle venue de l’intérieur, de cette opinion publique sans pitié dès lors qu’il s’agit de tourisme : qu’un cluster se développe par malheur dans un hôtel à cause d’un visiteur étranger et ce seront les foudres de ce nouveau 4e pouvoir représenté désormais par Facebook qui s’abattront sans pitié sur tout le secteur.

En Egypte, le gouvernement met les bouchées doubles

Les autorités en Egypte ont ouvert les vannes financières pour aider les opérateurs du secteur du tourisme. Elles ont mis en place un moratoire de 6 mois sur les échéances de crédit des hôtels, les échéances fiscales et lancé une ligne de crédit pour les opérateurs du secteur.

En Tunisie, notre ministre du Tourisme se bat encore pour tenter de convaincre son homologue des Finances et les différents responsables du secteur bancaire de la nécessité d’être aux côtés des professionnels en grandes difficultés actuellement.

Sauf que quand l’heure de la reprise aura sonné, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer face à une Egypte qui redémarrera au quart de tour et qui raflera les candidats au voyage pendant que, côté tunisien, nous serons encore à tergiverser du PIB réel du tourisme dans notre économie.

Hédi HAMDI

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