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Le tourisme tunisien vu par Laurent Abitbol, président de Selectour, sans langue de bois

Le tourisme tunisien vu par Laurent Abitbol, président de Selectour, sans langue de bois

Laurent Abitbol est actuellement en Tunisie. Le président de Selectour y organise le 11e congrès du réseau d’agences de voyages françaises. L’occasion pour lui de rencontrer la presse tunisienne et de ne pas mâcher ses mots. Compte-rendu de conférence de presse.

Laurent Abitbol a tout d’abord parlé du choix de la Tunisie pour accueillir le congrès de Selectour qui marque aussi son 50e anniversaire, en expliquant qu’outre le fait que ses parents y résident, il s’agit d’un pays à accès facile et accueillant. Il a précisé dans la foulée que pendant 3 jours, du 2 au 5 décembre, 600 congressistes seront en Tunisie ainsi que des invités prestigieux à l’instar de l’ancien président français, François Hollande, des stars du show-business, des représentants du monde du sport dont le patron de l’OL, Jean-Michel Aulas, etc.

Le test PCR à partir de 6 ans  

Pour ce qui est de l’impact de la cinquième vague de Covid-19, il a indiqué que pour l’instant, rien n’est grave (la décision de remettre en place le PCR pour les arrivées en France n’était pas encore annoncé lors de la rencontre NDLR). En France, les frontières restent toujours ouvertes. « Toutefois, la Tunisie a pris une décision qui m’a embêtée. Je suis d’accord pour les tests obligatoires pour les touristes. Mais pour les enfants de moins de 12 ans, je pense qu’il s’agit d’une mauvaise décision, parce que cela a freiné le tourisme de familles en Tunisie », a-t-il regretté. Il a néanmoins espéré que cette décision concerne seulement la période d’hiver et qu’elle sera annulée à partir du mois de février.

Le transport aérien

« La Tunisie doit avoir une compagnie aérienne forte afin de remplir ces milliers de chambres d’hôtels ». Il a appelé l’Etat tunisien à investir dans Tunisair 30 ou 40 millions d’euros. Un montant qui sera amorti en une période courte ne dépassant pas deux ans, selon lui. « Si Air France n’était pas une compagnie aérienne forte, nous ne serions probablement pas la première destination touristique en Europe. La compagnie aérienne marocaine, Royal Air Maroc, l’a fait et cela marche bien. L’Etat français a soutenu Air France suite à la pandémie et cela redémarre pour elle. Tunisair n’a pas l’argent pour cela et l’Etat se prive bien plus d’argent que les 30 millions d’euros à investir pour l’aider. Un tourisme fort doit être accompagné d’une compagnie aérienne forte », a-t-il affirmé avec véhémence.

voyamar-abitbol

Laurant Abitbol, président de Selectour, à la fois coopérative et entreprise ayant 548 adhérents qui représentent 1147 agences de voyage en France. Il s’agit d’un groupement d’achats existant depuis 50 ans et renforcé par Havas Voyages il y a 3 ans avec lequel a été créé un G.I.E (Groupement d’intérêt économique) qui fait 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires ».

« Un cimetière d’hôtels »

Le président de Selectour a, par ailleurs, regretté de voir les zones touristiques de Hammamet et Yasmine Hammamet dans une situation pareille en la qualifiant, selon ses termes, de cimetière d’hôtels. Il a ajouté que la Tunisie a les plus belles plages du monde, une capacité d’accueil énorme et une qualité de service excellente. Il suffit donc de relancer la machine. «Cette dernière était quelque peu cassée depuis la révolution et elle n’a été relancée qu’artificiellement ». Pour la relancer correctement, il a expliqué que la Tunisie devrait miser sur le haut de gamme avec surtout des établissements excellents de 2 et 3 étoiles, étant donné que la force de la Tunisie réside dans sa capacité d’accueillir tous les styles de clients.

Il a encore insisté sur la nécessité d’investir dans l’aérien et les hôtels en vue de relancer la destination ainsi que d’avoir des plages propres. « Ce n’est pas honteux que le PIB du tourisme soit important. Au contraire, c’est une chance pour la Tunisie. En France, le tourisme est plus important que les voitures et beaucoup d’autres choses », a-t-il argumenté. Il a fait savoir aussi que la Tunisie était la première destination de Selectour en 2010, puis elle a occupé la quatrième place en 2019.

Prise de commandes

Il a, sur un autre plan, évoqué l’évolution des prises de commandes, en indiquant que pour les T.O, il y avait une explosion jusqu’à la semaine dernière sur Tunis, Djerba, Hammamet, etc., mais cela s’est stoppé depuis trois jours à cause du Covid-19. « Nous étions à 130% de croissance par rapport à 2019 mais nous sommes à 50% depuis le weekend. Mais la reprise dépend de la situation pandémique. Si le nouveau variant n’est pas grave, cela repart tout de suite. Les Français sont habitués à aller en Tunisie pour passer leurs séjours », a ajouté le premier responsable de Selectour. Il a encore dit qu’il n’y a pas de baisse d’intérêt pour la Tunisie, mais il ne fallait pas comparer avec l’année 2010, car à l’époque, il y avait plus d’hôtels et beaucoup de prix moins chers. « Aujourd’hui, les prix en Tunisie sont, au mois d’août, au même niveau que la Grèce et l’Espagne. En tout cas, si le Covid-19 s’arrête, on ferait une très bonne année », a-t-il espéré.

 

Propos recueillis par K.C

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