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Sören Hartman, président du groupe allemand REWE Touristik : « 2011 sera une saison problématique mais nous reviendrons aux volumes habituels en 2012 »

Sören Hartman, président du groupe allemand REWE Touristik : « 2011 sera une saison problématique mais nous reviendrons aux volumes habituels en 2012 »

Le groupe REWE Touristik a été le premier opérateur allemand à  remettre en place des charters sur la Tunisie après la Révolution (lire notre article). Avec 175.00O clients sur la destination en 2010, le groupe se place en première position sur la Tunisie au départ du marché allemand et des réalisations au départ de la Suisse et de l’Autriche. Son président nous a accordé un entretien à  sa descente d’avion à  Enfidha.

Quelle est votre position par rapport à  la situation touristique qui prévaut en Tunisie ?

Il n’y a pas longtemps que les restrictions de notre ministère des Affaires étrangères ont été levées, c’est pour cela on ne peut pas prévoir les chiffres mais nous sommes très optimistes. Nous avons commencé par ramener d’Allemagne nos 300 premiers clients le 22 février 2011sur Monastir. Tout le monde était content car ils n’avaient pas douté un seul instant qu’ils passeraient de bonnes vacances. Je ne pense pas que nous aurons –disons- des problèmes mais disons que nous avons perdu bien-sûr une partie des réservations de la saison. Nous devrons récupérer cela avec de la bonne communication et nous avons besoin des médias pour dire que la Tunisie est de nouveau accessible, que c’est une bonne destination. Et pour dire que nous avons une bonne communication, cela signifie des investissements publicitaires dans les médias. Nous allons dépenser environ un million d’euros pour l’organisation d’événements destinés aux médias au profit de la Tunisie. Nous avons besoin également du retour des vols et nous avons tout cela, nous l’avons planifié. Je pense que le futur du tourisme en Tunisie sera bon. Ce ne sera pas facile de récupérer le même nombre de clients cette année mais l’année prochaine, je suis sûr qu’ils seront de retour avec le même nombre que les années précédentes.

Les Allemands sont-ils informés réellement de la situation de la Tunisie actuelle ?

Non et nous devons le faire. C’est pour cette raison que nous sommes en Tunisie avec des journalistes que nous avons ramenés d’Allemagne pour montrer à  tout le monde que la situation est bonne et qu’elle est sécurisée. Depuis ces dernières semaines, il a été question dans la presse allemande uniquement de problèmes de sécurité en Tunisie. Tout le monde en Allemagne ne peut pas savoir de manière automatique que la situation est redevenue bonne.

Est-ce que la révolution a changé l’image de la Tunisie de manière positive en Allemagne ?

Absolument et c’est quelque chose que nous devons utiliser pour tous nos clients en Allemagne. Nous devons leur avancer également tous les anciens arguments dont la Tunisie dispose toujours, c’est-à -dire les belles plages, les bons hôtels, un peuple bon. De plus maintenant, il faut dire que vous avez un pays ouvert, un peuple ouvert, une bonne situation politique, qu’il y a la sécurité, etc. Je pense que la Tunisie est sur la bonne voie et cela aura un effet positif sur les clients.

Les hôteliers tunisiens craignent une baisse des prix à  cause de la crise. Quelle est votre position à  ce sujet ?

Je considère que les prix constituent toujours des arguments pour les clients. Vous n’êtes pas seul sur le marché et celui-ci est géré par les prix. Sur la Tunisie, nous avons toujours eu de bons prix avec de la bonne qualité et nous n’avons pas à  être encore moins chers. En définitive, nous avons besoin de mettre en évidence la bonne qualité et les prix raisonnables. Nous n’avons pas à  être toujours les moins chers et cela ne peut pas constituer une bonne image de la Tunisie. La Tunisie doit changer son image, adopter une image de qualité, une image de pays ouvert et non pas seulement celle d’une destination pas chère. Au début de la reprise, c’est bien de donner de bons prix au marché mais ensuite, nous devons remonter et partir sur une communication de qualité.

Comment la prochaine saison été se présente-t-elle au niveau de REWE Touristik ?

Ce sera une bonne saison sur la Tunisie et nous avons beaucoup de travail à  faire. Nous avons perdu une partie du booking de la saison. Vous devez savoir que la majorité des clients réservent entre janvier et février, c’est-à -dire au moment où il y avait la crise. Ce ne sera pas facile de revenir au même niveau mais nous ferons notre possible et travailler très étroitement avec nos hôtels partenaires et nos agences partenaires pour avoir une meilleure saison que celle qui se présente actuellement. Ce sera une saison problématique mais je pense que nous reviendrons totalement aux volumes habituels en 2012.

Qu’attendez-vous par exemple des autorités tunisiennes actuellement ?

Il y a plusieurs choses. Ce dont nous avons besoin tout d’abord, c’est de la bonne communication. L’image de la Tunisie est bonne mais demande à  être encore meilleure dans le futur et cela est tout à  fait possible. Cela est du ressort du ministère du Tourisme et du nôtre. Deuxièmement, nous avons besoin d’une bonne campagne de publicité et du soutien de l’Etat pour pouvoir reprendre avec le maximum de qualité possible.

Concernant la situation en Egypte, comment les choses se présentent-elles et quels sont les pays qui, selon vous, vont bénéficier des crises tunisiennes et égyptiennes ?

Entre les deux pays, c’est à  peu près la même chose. L’Egypte a repris le 1er mars sur Sharm Echeikh, Hurghada et Marsa Alam, ensuite, nous aviserons mais je pense que les deux pays vont reprendre ensemble. Les pays qui bénéficient des reports de clients de la Tunisie pour l’été sont la Bulgarie, Majorque et la Turquie. Pour l’Egypte c’est différent : en hiver, ce sont les Canaries et l’été, ce sera la Turquie.

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