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Le tourisme tunisien doit-il s’inquiéter de la situation de Thomas Cook ?

Le tourisme tunisien doit-il s’inquiéter de la situation de Thomas Cook ?

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Les chiffres officiels parlent d’eux-mêmes: Thomas Cook a perdu 1,5 milliard de livres rien que lors du premier semestre de son dernier exercice. A la Bourse de Londres, le voyagiste britannique continue de dévisser. Sur les trois dernières séances, l’action a fondu de 51%, ce qui a fait dire aux analystes de Citi que « les actions de Thomas Cook ne valent plus rien ».

Le tourisme tunisien étant très (trop) lié aux activités de Thomas Cook et de ses filiales allemande, française, belge, etc., il y aurait de quoi se poser des questions sur la situation qui prévaut au sein de ce mastodonte du voyage et de ses éventuelles conséquences sur la destination.

Tous marchés confondus, le voyagiste est incontestablement notre pourvoyeur de touristes N°1. Certes, Thomas Cook est loin d’être un T.O merguez comme la destination en a tellement vus durant les 5 décennies de son existence et les mécanismes de protection de ses clients et de ses fournisseurs sont quelque part un gage de sécurité.

Il y a quelques jours encore, une délégation de Thomas Cook est venue en Tunisie et a été reçue par le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, René Trabelsi, pour accélérer la mise en place d’un projet de collaboration destiné à consolider les réalisations du T.O sur la destination au départ de la Grande Bretagne tout d’abord avant de passer aux autres marchés avec un plan de ciblage plus précis de la clientèle.

On aimerait effectivement positiver et se dire que tout va bien (Madame La Marquise). Mais les lanceurs d’alertes sur les marchés financiers internationaux ne font pas dans la dentelle et savent analyser les chiffres. Le tableau qu’ils brossent de la situation est extrêmement sombre.

Si le salut pourrait venir de son actionnaire chinois Fosun (17% du capital) qui injecterait de l’argent frais, l’autre réel motif d’inquiétude porte sur le sort de sa compagnie aérienne actuellement mise en vente (partiellement ou totalement).

Une situation qui, en tout cas, entraîne plusieurs niveaux de lectures en Tunisie. Tout d’abord, on ne peut qu’être inquiets quand un partenaire de cette taille se déleste de ses avions car l’on mesure combien il est important d’avoir un T.O qui possède sa propre flotte dans la politique de prise de risque charter.

La flotte de Thomas Cook Airlines est composée de 40 avions. En Belgique par exemple, le T.O dispose de 5 appareils.

En second lieu, c’est le revers de la médaille d’une concentration trop prononcée sur un seul pourvoyeur de clients à qui l’on confie tous les allottements possibles et imaginables car il nous assure du volume et surtout de la clientèle hiver (10 vols par semaine).

Enfin, c’est la confirmation du déclin irréversible d’une époque, celle du modèle de tour-opérateur classique qui se retrouve bousculé par les nouveaux acteurs on-line notamment et par les changements inéluctables de comportement des consommateurs.

Certes, personne ne souhaite voir Thomas Cook se désagréger, mais nier cette éventualité ou tout autre scénario serait refuser de voir la vérité en face. On vous dira que le voyagiste en a vu d’autres, que ses investissements récents, par exemple dans BiblioGlobus, devraient au contraire être rassurants. Toujours est-il que ses partenaires en Tunisie ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas.

Hédi HAMDI

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