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Ce que le tourisme médical peut apporter à la Tunisie 

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« Tourisme médical et industries pharmaceutiques – Opportunités africaines ». Tel est le thème d’une conférence organisée récemment par des experts et des professionnels du secteur sous l’égide de la SMU. Compte-rendu détaillé des analyses et des propositions avancées.

Dans le cadre de son cycle de conférences mensuelles intitulé « Les Jeudis de l’Afrique », la South Mediterranean University (SMU : MSB/MedTech/LCI), dont le Campus se situe aux Berges du Lac 2 à Tunis, a organisé, en partenariat avec l’association « Le Forum Tunisien des Politiques Publiques (FTPP) », le 5e rendez-vous de son cycle de conférences-débats intitulé cette fois-ci « Tourisme médical et industries pharmaceutiques – Opportunités africaines », en présence de responsables éminents à l’instar de Nadia Fnina, directrice générale de la Cellule promotion des investissements et exportations Santé, Olfa Gam – présidente de Cytopharma & HAT, M. Sami Kallel, PDG et fondateur d’Appolo Health Care Agency, Ghazi Mejbri, directeur et associé fondateur de SMEDI (Service Medical International), Nourredine Ghariani, directeur du site Elfejja (Groupe Kilani) et Mohamed Ben Hmida, PDG de Doqtoor et expert e-santé. Le débat a été animé par Ridha Mahjoub, EMBA Alumni et expert en développement commercial pour la zone Afrique.

Hela Chaari, directrice du Centre de Carrière et des Alumni à la SMU, a indiqué, à l’ouverture des débats, que le tourisme médical et curatif en Tunisie rapporte annuellement plus d’1 milliard de dinars. La dépense moyenne de ce type de touriste dépasse 3.000 dollars par semaine et les recettes générales de l’activité représentent plus de 40% de celles du secteur touristique traditionnel et environ 6% du PIB de la Tunisie.

« Aujourd’hui, la Tunisie constitue une destination privilégiée en premier lieu pour les touristes français. En deuxième lieu, on retrouve les Algériens, les Libyens, les Britanniques, avec des proportions importantes de touristes d’Amérique latine et de l’Afrique subsaharienne dont un important flux provenant du Mali, du Sénégal et du Burkina-Faso » a-t-elle déclaré.

Les Maghrébins et les Subsahariens voyagent généralement pour des interventions chirurgicales pointues dans les domaines de la cardiologie, de l’orthopédie, de l’ophtalmologie, de la génécologie, etc. Les Européens sont plus intéressés par la réputation des médecins tunisiens en matière de chirurgie esthétique et des soins ophtalmologiques et dentaire qui ne sont généralement pas pris en charge dans leurs pays. Ils sont attirés notamment par les tarifs, moins chers de 40 à 60% par rapport à ceux pratiqués chez eux.

La Tunisie est également première en Afrique en post-opératoire, notamment les cures thermales étant donné que le pays regorge de ressources introuvables ailleurs. La destination se différencie aussi par ses compétences et ses infrastructures développées. Elle compte à ce titre plus de 100 cliniques.

Les problématiques

Au cours de la conférence, il a été souligné l’urgence de donner un cadre légal aux sociétés de services qui n’ont pas toujours de statut et ne sont pas reconnues par le ministère de la Santé. Pour être aux standards internationaux, il est nécessaire de mettre en place une politique propice à la certification et à l’accréditation de ces sociétés de services et de facilitation.

Le processus de promotion du secteur nécessite des facilités à plusieurs niveaux, notamment l’accélération de l’adoption des visas électroniques et la connexion des pays cibles dans le continent africain par des lignes aériennes directes. Il s’agit de même de mettre en place un réseau de service post-opératoire et de digitaliser le processus pour que le dossier du patient soit traité dans les meilleures conditions.

Nadia Fnina, directrice générale de la Cellule promotion des investissements et exportations santé, a rapporté qu’une étude réalisée en 2014 avec l’appui de la BAD (Banque africaine de développement) a constaté que la Tunisie ne sait pas vendre ou mettre en valeur ses produits et services, outre l’existence d’un problème de coordination. « Nous avons donc décidé de créer une agence, pour promouvoir le secteur, dotée de tous les moyens nécessaires » a-t-elle annoncé.

Pendant la période de pandémie, une autorisation spéciale a été obtenue afin de pouvoir recevoir encore des Libyens, des Algériens et des Africains, ce qui a permis de maintenir cette activité. Actuellement, la structure travaille à la mise en place d’un cahier des charges pour les facilitateurs et un autre pour les maisons de retraite (Ephad). « Nous recevons beaucoup de demandes par des Soudans et d’autres nationalités pour venir se faire soigner en Tunisie mais le manque de lignes aériennes directes les empêche de venir » a encore regretté Mme Fnina.

De son côté, Olfa Gam, présidente de Cytopharma & HAT, a rappelé la nécessité de bénéficier de statistiques exactes dans le secteur, les réalisations réelles étant, selon elle, beaucoup plus importantes que celles annoncées, ce qui empêche d’adapter l’offre aux besoins du marché.

Parmi les points faibles qui entravent le développement serein du tourisme de santé, celui des appels d’offres internationaux a été abordé. Sami Kallel, PDG et fondateur d’Appolo Health Care Agency, a en effet considéré que cette absence « prive les sociétés de services de participer aux appels d’offres internationaux et réduit leur compétitivité par rapport aux concurrents turcs, marocains et égyptiens ».

Il a par ailleurs rappelé que les concurrents ont dépassé la Tunisie grâce aux services comme l’accueil à l’aéroport et les lignes régulières sur certaines destinations et non pas par la qualité des soins.

Le tourisme de santé est divisé en trois catégories dont la première est appelée le tourisme médical, tandis que la deuxième catégorie s’appelle le tourisme de bien-être (thermalisme et spa, etc.) et la troisième est le tourisme des séniors avec des chiffres beaucoup plus importants que ceux annoncés officiellement. C’est ce que Ghazi Mejbri, directeur et associé fondateur de SMEDI, a tenu à rappeler lors de la conférence.

Selon une étude financée par la BAD, les hospitalisations dépassent les 500.000 personnes par an. Elles génèrent des revenus de 2,5 milliards de dinars annuellement. Ce qui fait dire à M. Mejbri que « si l’on fait le calcul sur la base de 5000 dinars de dépenses par patient (et sachant que ce montant est très bas par rapport aux dépenses réelles), le chiffre global généré représente autant que les recettes générées par le tourisme sur certaines années, plus que le phosphate et plus que le pétrole ».

Mohamed Ben Hmida, PDG de Doqtoor et expert e-santé, a soulevé pour sa part la question du digital et son rôle à surmonter les barrières des frontières et faire rapprocher les clients. « Le digital permet également de faire les devis et être payé en ligne ainsi que de faire le post-opératoire à travers la télésurveillance étant donné qu’il devient parfois impossible de suivre l’état du patient quand il rentre chez lui » a-t-il expliqué lors de son intervention à la conférence de la SMU.

 

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