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Pourquoi l’Italie devient le deuxième marché de Tunisair

Pourquoi l’Italie devient le deuxième marché de Tunisair

La compagnie Tunisair a ouvert depuis le 31 octobre 2010 une nouvelle ligne régulière Tunis-Venise à  raison de trois vols par semaine. Avec cette nouvelle desserte, le nombre de fréquences hebdomadaires régulières opérées par Tunisair (et sa filiale Sevenair) entre les deux pays dépasse désormais les 30 vols. En conséquence, le marché italien se place désormais au deuxième rang en termes de passagers transportés par le groupe, derrière la France, qui reste toujours première, mais désormais devant le marché allemand « relégué » à  la troisième place.

Au cours des deux dernières années, le trafic aérien entre la Tunisie et l’Italie a connu une croissance exponentielle avec désormais deux vols par jour au départ de Tunis vers Rome et un quotidien sur Milan. Juste retour des choses quand on sait que Tunis est à  1h10 de vol de la capitale italienne. Sur Venise, et moins d’un mois après l’ouverture de la ligne, les résultats sont déjà  jugés très satisfaisants avec un coefficient de remplissage des appareils de 60%.

« Venise est un axe de développement très important pour la compagnie, un fleuron pour elle, une destination presque mythique, voire inaccessible », explique à  ce propos Habib Ben Slama, directeur central du Produit à  Tunisair. « Sur 10 personnes à  qui nous avions dit notre volonté d’aller sur Venise, 9 étaient surprises. Maintenant, nous y sommes et nous en sommes contents ».

L’aéroport de Venise est la troisième plate-forme aéroportuaire en Italie avec un trafic de 7 millions de passagers par an et des vols directs opérés vers des destinations telles que New York et Dubaï (67 destinations en tout). C’est dire donc l’importance de cet aéroport (baptisé Marco Polo, code IATA VCE) qui n’a rien à  voir avec un aéroport régional de niche conventionnel. D’où l’intérêt de Tunisair d’y placer une ligne. De plus, au départ de cette région, aucune compagnie n’opère en charter sur la Tunisie, ce qui va permettre de consolider les vols par des blocs sièges mis à  la disposition des tour-opérateurs. Car le premier stimulant au trafic de Tunisair au départ de l’Italie, c’est avant tout le tourisme.

Les ambitions touristiques de la Tunisie sur l’Italie

Pour le lancement de son nouveau vol Tunis-Venise, Tunisair a engagé en parallèle un plan de promotion de la ligne. Avant l’Aïd, elle a invité une quinzaine d’agences de voyages tunisiennes à  aller découvrir le produit sur place. Le week-end écoulé, et en collaboration avec l’ONTT, ce sont une soixantaine de tour-opérateurs, d’agents de voyages et de journalistes italiens qui ont été conviés en Tunisie. Début décembre, ce sera au tour de journalistes tunisiens de faire le déplacement à  Venise.

Actuellement, le marché italien fournit 400.000 touristes à  la Tunisie, ce qui est très insuffisant si l’on se réfère au potentiel de ce pays et aux atouts que la Tunisie lui offre en termes de proximité et de produits. Férid Fetni, directeur central de la Promotion et du Marketing à  l’ONTT, confirme que « l’Italie n’a pas donné le flux adéquat et que pour atteindre les 700.000 visiteurs, il faut mettre en place les capacités aériennes nécessaires ». Est-ce à  dire que l’Office du Tourisme s’est fixé des objectifs chiffrés sur ce marché ? Tout semble l’indiquer, d’autant que Tunisair soutient pleinement la démarche, non seulement sur Tunis et Djerba mais également sur l’axe Milan-Tozeur ouvert il y a exactement une année et qui semble donner d’excellents résultats (contrairement à  l’axe Madrid-Tozeur qui pourrait disparaître faute de trafic, soit-dit en passant).

Du côté de l’ONTT, on s’attelle à  mettre en place une stratégie adéquate au marché italien afin de le
« dessaisonnaliser » ; comprenez par là , d’attirer des touristes italiens toute l’année et non plus uniquement en juillet et en août comme c’est le cas depuis toujours. Pour cela, Férid Fetni parle de quatre produits aptes à  intéresser les Italiens en hors saison : le tourisme culturel, le Wellness, le tourisme d’affaires et de congrès et le tourisme saharien.

La ligne Tunis-Venise pourrait également être un axe de transit vers l’Afrique, vu notamment l’importante communauté africaine installée dans la région et qui pourrait bénéficier des vols de Tunisair en continuation notamment vers Bamako et Abidjan. Selon Fakhreddine Chaâbane, directeur de Tunisair pour le Nord de l’Italie, il existe de très grandes entreprises italiennes dans la région de Vénétie qui sont en affaires avec des partenaires tunisiens et la suppression de l’escale de Milan ou de Rome pour venir en Tunisie va certainement constituer pour eux un stimulant. « C’est pour cette raison que nous opérons avec un appareil disposant d’une classe affaires » précise-t-il. Le vol est en effet opéré par un Airbus A319 offrant 16 sièges en business-class et 90 en économique. Pour les Tunisiens résidents à  l’étranger, ce vol va également leur offrir de nouvelles flexibilités.

D’ici la fin de l’année, Tunisair aura totalisé 200.000 passagers sur ses vols réguliers entre la Tunisie et l’Italie, un chiffre en hausse de 30% par rapport à  l’exercice 2009. Sur le charter, ce sont 270.000 passagers qui auront été transportés.

Sur cette courbe ascendante, tout le monde espère que l’optimisme ambiant se poursuivra et que les efforts engagés continueront sans relâche. Car après tous ces investissements, le comble serait de devoir suspendre dans quelques temps la ligne Tunis-Venise sous prétexte de manque de rentabilité, comme cela a déjà  malheureusement eu lieu par le passé sur d’autres marchés.

Hédi HAMDI 

Lire nos autres articles sur le sujet :

Tunisair vers la Cité des Doges
Venise, à 1h45 de Tunis

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