Humeurs

Les Suisses ne savent plus à  quel saint se vouer

Les Suisses ne savent plus à  quel saint se vouer

Par Yves Lachenal, directeur général du T.O Univair (Genève).

Nous au niveau tourisme, tous les problèmes politiques et religieux, on les laisse aux politiciens et aux religieux. La presse internationale vend du sensationnel et en met plein les journaux. On n’y parle que d’Islam, de terrorisme, d’intégrisme, de grèves, de manifestations… Maintenant, c’est fini, parlons de tourisme, parlons de pays libéré, de peuple qui est ouvert, accueillant, chaleureux, parlons de tous les avantages de la Tunisie et dédramatisons.

Au dernier salon de Genève, suite à  un article tout à  fait déplorable paru dans la presse, une petite dame arrive et me dit : « oh Monsieur, je ne pourrai plus me mettre en maillot de bain en Tunisie maintenant ? » Il y a des agents de voyages qui passent et qui nous disent : « y-a-t-il encore des centres de thalasso en Tunisie ? » Un 3e client qui passe nous demande : « il n’y aura plus d’alcool dans les hôtels maintenant ? » Les gens ne savent plus. Ils sont complètement ignorants, ils en entendent sans arrêt et ne savent plus à  quel saint se vouer.

Il y a des clients qui viennent depuis des années, qui adorent la Tunisie qui est leur deuxième pays mais ils hésitent, ils entendent tellement de choses. Je pense qu’il faut communiquer de manière simple : inviter des agents de voyages, leur montrer les hôtels, les lieux touristiques les plus importants, leur faire pratiquer de la thalasso, du golf, les emmener dans le désert et leur montrer que le pays est libre, libéré, accueillant, prêt à  les recevoir. C’est cela le but. Tout le reste, c’est du blabla. Les gens sont prêts à  revenir mais quand ils voient des articles, ils hésitent.

Quand une manifestation a lieu à  Genève ou à  Paris, cela ne vous empêche pas d’y aller. Quand il y a une manifestation à  Tunis, on ne va plus en Tunisie !? Pourquoi ce que l’on accepte chez soi, on ne l’accepte pas chez les autres ? Quand on jette une pierre à  Tel Aviv ou à  Genève, elle ne fait pas le même effet, c’est clair.

Si on arrive à  dédramatiser la situation, la crise qui frappe l’Europe peut bénéficier à  la Tunisie parce que tout le monde est touché, le Suisse moyen comme celui qui a un peu plus d’argent. Et s’ils doivent baisser leur budget, la Tunisie restera la destination la plus proche avec le meilleur rapport qualité-prix. Donc, la Tunisie a une grosse carte à  jouer et surtout même en période de crise. Mais encore faut-il informer, dédramatiser, sécuriser les gens au maximum, ne leur expliquer que la vérité car ils ne la connaissent pas, c’est là  le problème.

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