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France : Fram au bord du gouffre, quel impact sur la Tunisie ?

France : Fram au bord du gouffre, quel impact sur la Tunisie ?

Ce fut, pendant plusieurs années, l’un des tour-opérateurs français les plus performants sur la Tunisie avec, lors de ses années les plus fastes, plus de 100.000 clients sur la destination (115.000 en 2005, meilleur exercice). Fram s’était même offert le luxe d’investir dans l’hôtellerie tunisienne avec l’acquisition de deux établissements, sans compter les nombreux clubs labellisés « Framissima » avec une offre sur mesure pour sa clientèle.

Ces réalisations relèvent désormais de l’histoire ancienne puisque le voyagiste toulousain était déjà sur une pente raide ces dernières années avec des chiffres en baisse constante, tout d’abord à cause de difficultés internes, ensuite à cause de la régression de la demande sur ses destinations phares « à cause du printemps arabe » comme il est avancé lors de chaque déclaration officielle pour justifier la situation du voyagiste. En 2010 (soit avant les événements), sur la Tunisie, le voyagiste avait déjà chuté à 78.000 clients, puis 33.189 en 2011 et tout juste 20.000 clients en 2014).

Désormais au bord du dépôt de bilan, Fram, qui a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 373 millions d’euros pour l’exercice 2014, en baisse de 8% par rapport à 2013, recherche un repreneur qui soit intéressé par son porte-feuille de 400.000 clients et pour sauver ses 600 employés. Aux dernières nouvelles, le groupe Karavel-Promovacances serait sur les rangs pour reprendre ses activités.

Sur le marché tunisien, les réalisations de Fram en 2014 et 2015 sont à l’image d’un marché français en total déclin. L’été dernier, en catimini, le voyagiste avait vendu ses deux hôtels, le Regency Monastir (4 étoiles, 406 lits) et la Palmeraie de Tozeur (4 étoiles, 212 lits) à un opérateur local (en l’occurrence Kamel Drouch, propriétaire de l’hôtel Sousse Palace).

Mais Fram en Tunisie, c’était aussi un très bon produit et des départs de la province française pour une clientèle réputée de qualité, accueillie sur place par une agence de voyages réceptive (Orange Tour Tunisie) dont la gestion était (et est toujours) confiée à Tahar Saïhi mais dont les résultats sont grandement impactés par les résultats de sa maison-mère et principal fournisseur de clients. Par ailleurs, Fram était l’un des principaux partenaires de Tunisair à qui il confiait ses vols charter et auprès duquel il prennait d’importants blocs-sièges sur certains de ses vols réguliers.

« C’est un gros coup pour l’Espagne, la Grèce, le Maroc, l’Égypte et bien-sûr la Tunisie » commente René Trabelsi, patron du T.O RFT, spécialiste de la Tunisie au départ de la France, allusion faite aux différentes destinations desservies par Fram.

Une éventuelle reprise de cette entreprise en difficultés par Karavel-Promovacances permettrait d’assurer la continuité de son activité. Actuellement, Fram aurait besoin d’une vingtaine de millions d’euros pour renflouer sa trésorerie selon la presse française.

Si cette reprise venait à se confirmer, cela conduirait à modifier de nombreux contrats avec les hôteliers tunisiens et notamment ceux qui, jusqu’alors, étaient commercialisés sous les labels du T.O,  «Framissima» et «Club Olé» lui garantissant l’exclusivité du marché français. C’est le cas notamment du Golf Beach à Djerba géré par le T.O dont le contrat est cependant maintenu. « Notre hôtel est toujours labellisé Framissima et notre contrat est toujours valable » confirme Issam El Messabi, PDG de la société propriétaire de l’établissement.

Par ailleurs, une reprise par Karavel-Promovacances permettrait théoriquement à ce dernier -déjà très présent sur la destination Tunisie- de réaliser un grosse opération de croissance externe et d’élargir sa base commerciale au départ de la province. Mais au départ d’un marché français qui ne semble pas vouloir redémarrer, tout n’est encore que supputations.

©Destination Tunisie

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