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Multiplier par 10 les arrivées de Chinois, réalité ou utopie ?

Multiplier par 10 les arrivées de Chinois, réalité ou utopie ?

Le potentiel touristique chinois intéresse l’administration du Tourisme tunisien à telle enseigne que la ministre du Tourisme, Selma Elloumi-Rekik, vient d’effectuer une visite de travail qui l’a conduite à Pékin et Shanghai afin de prospecter le terrain et signer des conventions avec les autorités locales.

A la tête d’une délégation composée de professionnels du secteur, des présidents des deux fédérations professionnelles, FTH et FTAV, ainsi que d’un cadre de Tunisair, la ministre a, tout d’abord, rencontré le ministre chinois du Tourisme avec lequel il a été question de formation, d’investissements et de flux touristiques.

Interviewée au téléphone par la radio Express FM, la ministre a annoncé que le centre touristique de Aïn Draham allait être dédié à la formation dans la culture et le tourisme chinois.

La ministre a également déclaré avoir rencontré les tour-opérateurs chinois les plus importants et parlé des moyens de développer des circuits combinés avec l’Europe et la Tunisie dans une première étape, ensuite des circuits propres à la destination, sachant que le produit balnéaire actuel ne répond en aucune manière aux attentes d’un touriste chinois dont l’âge se situe entre 50 et 60 ans et qui privilégie une offre de tourisme culturel et de visites haut de gamme.

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D’autres réunions ont eu lieu également avec des compagnies aériennes privées et publiques chinoises pour débattre de la problématique des liaisons aériennes entre les deux pays déjà liés par une convention bilatérale qui permet la mise en place de dessertes.

L’objectif annoncé par l’administration du tourisme est d’atteindre 50.000 touristes chinois contre 5000 en 2014.

Pourquoi cet optimisme ?

Pour beaucoup d’observateurs dans le tourisme, le déploiement en force sur le marché chinois ne répondrait à aucune logique du secteur. Karim Jatlaoui, directeur du bureau de l’ONTT en Chine, souligne pourtant que les grands T.O chinois ont manifesté, suite à la visite de la ministre et de la délégation l’accompagnant, un grand intérêt et une confiance à l’égard de la destination.

Conférence de presse à Pékin.

Conférence de presse à Pékin.

Le cas de la Turquie est d’ailleurs régulièrement cité en exemple : en moins de 10 ans, le pays est passé d’un vol par semaine avec double touché sur Pékin et Shanghai avec un taux de remplissage de 20% à 21 vols hebdomadaires actuellement.

Le directeur de l’ONTT Pékin se dit « sûr que cette visite a convaincu les participants tunisiens des potentialités du marché chinois et de l’obligation de se mettre d’urgence autour d’une table à leur retour en Tunisie pour tracer une stratégie à court, moyen et long termes pour conquérir une place dans ce marché à l’instar des autres pays ».

Air Algérie, l’autre voie de développement

La compagnie Air Algérie opère à l’heure actuelle 3 vols par semaine entre Alger et Pékin. Certes, il s’agit majoritairement de passagers chinois employés dans les grands projets algériens, toujours est-il que le représentant d’Air Algérie à Pékin se dit totalement disposé à travailler avec la partie tunisienne sur la mise en place de synergies aériennes.

L’été dernier, le président de la Fédération des agences de voyages, Mohamed Ali Toumi, et le directeur de l’ONTT Pékin, Karim Jatlaoui, avaient tenu une rencontre avec le représentant d’Air Algérie sur place lequel avait manifesté toute sa disponibilité à contribuer à la mise à disposition de sièges pour les T.O ou même pour organiser des éductours à l’intention des agences de voyages ou des journalistes chinois en Tunisie.

A Pékin, rencontre entre le directeur de l'ONTT en Chine, le président de la FTAV et le représentant sur place d'Air Algérie.

A Pékin, rencontre entre le directeur de l’ONTT en Chine, le président de la FTAV et le représentant sur place d’Air Algérie.

D’autre part, l’entrée en service chez Tunisair d’Airbus A330 dont le rayon d’action permet de relier la Tunisie à la Chine d’une seule traite est aussi un atout de plus, même s’il est difficile pour l’heure de présager de taux de remplissages suffisant pour assurer la rentabilité d’une telle ligne.

En définitive, au-delà des déclarations d’intentions, le marché chinois est à créer de toutes pièces. Reste  aussi à savoir si le tourisme tunisien a l’énergie nécessaire pour un nouveau déploiement d’efforts ailleurs que sur ses marchés classiques sur lesquels il a déjà tant de mal.

©Destination Tunisie

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