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A Tunis, de nouveaux hôtels arrivent en dépit des défis de l’investissement

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Tunis-Capitale continue d’attirer les grandes enseignes hôtelières, mais les chantiers à l’arrêt, certains depuis plusieurs années, rappellent les défis de l’investissement et la rigidité de la législation.

Tunis confirme son attractivité pour les grandes chaînes hôtelières internationales. Hilton, Accor, Marriott ou encore Radisson misent sur la capitale tunisienne, convaincus par le potentiel d’un marché porté par le tourisme d’affaires, les événements internationaux, le développement des quartiers du Lac et des Jardins de Carthage ainsi que la stabilité de la destination en termes d’arrivées de visiteurs de l’étranger.

Cette dynamique se traduit par plusieurs projets d’hôtels qui devraient enrichir l’offre d’hébergement haut de gamme au cours des prochaines années. Mais derrière ces annonces porteuses d’optimisme, la réalité des investissements demeure plus contrastée. Plusieurs projets emblématiques restent à l’arrêt, illustrant les difficultés administratives, juridiques ou financières auxquelles se heurtent les investisseurs.

5 projets portés par des enseignes internationales

Parmi les réalisations les plus avancées figure le Hilton Garden Inn des Jardins de Carthage, développé par Immobilière Nour El Ain. L’établissement de 170 chambres est annoncé pour une ouverture en janvier 2027. Il sera dirigé par Belhassen Tebourbi.

Le groupe Accor poursuit également son développement avec un Novotel actuellement en construction sur la route touristique de Gammarth. Le groupe prévoit également l’arrivée de l’enseigne Pullman aux Berges du Lac 2, rue de la Feuille d’Érable. Le contrat de franchise a été signé et l’ouverture est envisagée à l’horizon 2029-2030.

Du côté du groupe Marriott, un hôtel sous l’enseigne W Hotels est projeté dans la zone dite « Lac 0 ». Si le contrat de marque a été conclu, les travaux n’ont pas encore démarré.

Le groupe GNC poursuit, pour sa part, les travaux de son futur Radisson au Kram à un rythme peu soutenu et avec un retard conséquent sur le planning prévu. Aucune date d’ouverture est actuellement envisagée.

Ces investissements témoignent de l’intérêt renouvelé des opérateurs internationaux pour Tunis, une destination qui cherche à renforcer son offre hôtelière afin d’accompagner le développement du tourisme d’affaires, des congrès et d’une clientèle internationale à plus forte valeur ajoutée.

Des projets toujours bloqués

À côté de ces perspectives encourageantes, plusieurs dossiers restent toutefois figés depuis plusieurs années.

À Gammarth, le chantier du futur Dar Ismail (sur le site de l’ancien Kahena) est à l’arrêt, tout comme celui du projet La Cigale/Dar Naouar, porté par le groupe Majda, qui n’a toujours pas démarré.

Le projet de conversion de l’hôtel Le Palace sous enseigne Hilton demeure suspendu en raison de procédures juridiques frappant le groupe Alliance.

Aux Berges du Lac 2, le projet hôtelier développé par la société Tredco, comprenant 146 chambres et 19 suites, est interrompu depuis 2023, laissant un chantier inachevé.

Autre dossier emblématique, celui de la reconstruction de l’Hôtel du Lac, portée par la Lafico. Après l’entame des travaux de démolition, le chantier est aujourd’hui totalement interrompu.

À Sidi Bou Saïd, le mythique Hôtel Amilcar, loué par la CTDT auprès de l’UGTT, attend toujours sa renaissance. Le projet de reconstruction, qui devait aboutir à une réouverture sous l’enseigne Ritz-Carlton avec 129 suites, annoncée à l’époque pour 2014, reste lui aussi à l’arrêt.

Entre attractivité et réalités du terrain

La multiplication des signatures de contrats avec de grandes enseignes internationales confirme que Tunis conserve un réel pouvoir d’attraction auprès des investisseurs et des groupes hôteliers mondiaux. La capitale bénéficie d’atouts reconnus : une position stratégique en Méditerranée, une demande soutenue en hébergement d’affaires et une montée en gamme progressive de son offre touristique.

Toutefois, le passage de l’annonce à la réalisation demeure un exercice complexe. Les délais administratifs, les contraintes foncières, les procédures juridiques, les difficultés de financement ou encore les changements de conjoncture rallongent considérablement les calendriers d’exécution.

Si les nouveaux projets traduisent une confiance retrouvée dans le potentiel hôtelier de Tunis, ils rappellent également qu’au-delà des effets d’annonce, la réussite d’un investissement repose avant tout sur la capacité à lever les obstacles qui retardent la concrétisation des chantiers. C’est à cette condition que la capitale pourra pleinement transformer ses ambitions en nouvelles capacités d’accueil et consolider son positionnement parmi les grandes destinations urbaines de la Méditerranée.

©Destination Tunisie

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