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Moez Boudali, hôtelier à  Tunis : « c’est comme ça que l’on bâtira la nouvelle capitale touristique »

Plongé dans les affaires touristiques de Tunis et de ses environs depuis deux décennies, actuellement à  la tête de deux établissements hôteliers du centre de la capitale (La Maison Blanche et le Tunisia Palace), président de la Fédération régionale de l’hôtellerie de Tunis-Les Côtes de Carthage et Bizerte, Moez Boudali bouillonne d’idées à  même de stimuler l’activité hôtelière et touristique de la capitale.

Que vous inspire tout d’abord la nomination d’Amel Karboul à  la tête du ministère du Tourisme ?

Je ne connais pas la personne mais je pense que Mehdi Jomaâ, le chef du gouvernement, a bien vu en prenant une personne spécialisée dans les stratégies de changement. C’est ce dont nous avons essentiellement besoin aujourd’hui. Il faut que quelqu’un vienne pour repenser la profession touristique. Simplement, j’aurais aimé que soit nommé un (ou une) ministre du Tourisme et de la Culture car les deux secteurs doivent agir en symbiose. Nous vendons 3000 ans d’Histoire finalement.

Certains professionnels estimaient qu’il fallait quelqu’un du secteur. Etes-vous du même avis ?

Pas nécessairement. Mais pour réussir, il faut qu’elle prenne des gens du secteur avec elle. Elle s’est en tout cas démarquée de ses prédécesseurs en allant elle-même à  la rencontre des fédérations et cela démontre une attitude positive. Il faudrait aussi que les professionnels apportent des solutions concrètes aux problèmes existants. Elle aidera à  trouver des solutions aux problèmes que l’on connait.

Venons-en au tourisme à  Tunis-ville et à  ses environs qui ne connaissent pas la crise malgré la conjoncture. Quelle est votre position par rapport à  la situation globale et comment voyez-vous les choses à  l’avenir ?

Le tourisme d’affaires a deux composantes : le voyageur d’affaires et le MICE. A Tunis, nous ne recevons que le voyageur d’affaires qui ne vient pas faire du tourisme mais qui vient travailler. Cette catégorie n’est pas la plus intéressante, c’est le MICE qui est plus intéressant. Mais où les multinationales organisent leurs congrès et leurs voyages de récompense ? Dans des endroits où il y a des choses nouvelles. Pour qu’un pays soit classé touristique, il faut que la capitale ait une notoriété touristique. C’est ce qui manque à  Tunis. Comment la construire ? Par la création d’un grand projet touristique à  Tunis down town. Depuis 3 ans, nous aurions dû penser à  un mégaprojet dans ce sens. Et nous n’avons pas besoin d’argent pour le faire ; il faudrait un appel d’offres international d’idées avec un investisseur privé qui crée un projet totalement nouveau. A Carthage par exemple, il y a un terrain de libre de 12 à  15 hectares appartenant au ministère de l’Agriculture avec une bâtisse centrale relevant du ministère de la Culture. Avant 2011, il était question d’en faire un simple restaurant. L’endroit est stratégique et l’on pourrait y reconstruire Carthage par exemple. Construire le plus grand jasmin au monde vu de la lune ! Ce ne sont que des idées au hasard mais c’est à  l’Etat d’élaborer un cahier des charges, de laisser aux architectes le soin de trouver une idée et ensuite, laisser les investisseurs étrangers financer le projet. La réalisation d’un tel projet va tout de suite provoquer un enchaînement : les médias vont en parler, les gens vont vouloir venir. A Dubaï par exemple, la stratégie marketing est basée sur le « never seen before ». Le plus grand feu d’artifice au monde qui a été tiré le 31 décembre dernier va donner lieu à  des réservations hôtelières incroyables l’année prochaine à  la même date.

Peut-on comparer Tunis à  Dubaï ne serait-ce qu’au niveau des moyens disponibles ?

Ce n’est pas une question de moyens seulement, c’est une question de volonté. Il faut créer quelque chose qui attire les gens, que l’on ait quelque chose à  montrer au monde. On sait que le tourisme emploie aujourd’hui en Tunisie 1 million de personnes entre directes, indirectes et induites. Il est capable d’en créer des centaines de milliers d’autres pour peu que l’on s’occupe à  le développer. Si l’on adopte l’Open Sky, si l’on modifie les horaires d’ouverture des commerces pour le shopping, que cela bouge le dimanche, c’est comme cela que les choses bougeront.

La capacité hôtelière de Tunis-Les Côtes de Carthage est-elle selon vous en mesure de répondre à  la demande de la clientèle touristique ?

Tout d’abord, parlons de cette appellation « Les Côtes de Carthage » ; qui la connaît ? Demandez au commun des Tunisiens, demandez aux taxis, personne ne sait où la zone commence ni où elle se termine. Ensuite, parlons des hôtels. Qu’est ce qui a changé depuis 20 ans ? Les hôtels sont les mêmes, à  quelques exceptions près avec la dizaine de nouvelles ouvertures tout au plus, alors que normalement, on devrait avoir une capacité qui augmente de 10 hôtels en une année et non pas en 20 ans.
Ce qu’il faudrait également développer fondamentalement, c’est le tourisme de salons et de foires à  Tunis. Je ne pense pas qu’il faille nécessairement organiser des événements mais miser sur la délocalisation ; je pense aux salons qui se déroulent en Chine et en Inde. L’idée consisterait à  prendre attache avec un grand organisateur de salons internationaux, de mettre à  sa disposition un terrain de plusieurs centaines d’hectares et lui offrir la possibilité d’y organiser des salons délocalisés. Je pense concrètement à  la zone à  la sortie de Tunis vers Bizerte, qui reste proche de l’aéroport et qui dispose de vastes terrains. Je rappelle qu’il y a quelques années par exemple, la tenue du SMSI à  Tunis avait drainé 25.000 personnes qui avait énormément apporté au tourisme et à  la capitale pendant 4 jours. Je vous laisse imaginer les retombées si l’on organise chaque mois un salon ou une foire grandiose à  Tunis. Je vous laisse imaginer le nombre d’hôtels qui se créeront et les chaînes internationales qui suivront. On pourrait même songer à  créer une zone franche dans les environs. C’est de cette manière que l’on bâtira le nouveau Tunis touristique. Aux grands problèmes, il faut de grandes solutions.

Propos recueillis par H.H

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