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Raouf Jomni totalement blanchi par la justice

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C’est la fin d’un long calvaire pour l’ancien directeur général de l’ONTT. La justice a finalement classé sans suite l’affaire pour laquelle Raouf Jomni était poursuivi depuis l’année 2009.

Raouf Jomni et son épouse, elle aussi accusée, ont été innocentés par la Chambre d’accusation en juin 2018 et en cassation en novembre 2019, marquant ainsi la fin d’un long et douloureux processus juridique qui a duré exactement 10 ans.

L’ancien directeur général de l’ONTT (il a occupé le poste à deux reprises, la première fois de juillet 2000 à avril 2001 puis de 2006 à 2009, et PDG de l’AFT en 2001-2002) avait de surcroît été privé de voyager pendant 8 ans, cette interdiction ayant finalement été levée en février 2018.

Justice lui ayant été rendue, c’est aussi et surtout l’honneur que retrouve ce commis de l’Etat qui a exercé tout au long de sa carrière sans discontinuer au sein de l’administration du Tourisme à différents postes de responsabilités en Tunisie et à l’étranger (représentant à Zürich, Paris et Milan notamment), sachant qu’il est arrivé à ces fonctions avec un doctorat de Droit et d’Economie du Tourisme avec le soutien de sa femme diplômée de géographie, d’aménagement du territoire et de médiation artistique et culturelle, qui a été une interlocutrice privilégiée pendant toute sa carrière.

Ce qui apparaît ici comme des atouts, et qui rend légitime les postes qu’il a occupés, ne l’ont pas mis à l’abri de l’ignominie. Car Raouf Jomni fait partie de tous ces hauts cadres et responsables qui ont subi les affres de l’ancien régime et « les ordres venus d’en haut ». L’accusateur a ainsi  tenté de lui faire endosser des travers, dont l’abus de pouvoir. Mal lui en a pris et la justice a su rétablir la vérité, avec cependant les dégâts que l’on sait en de telles circonstances.

Désormais dégagé de ses obligations de réserve et retrouvant sa liberté de parole, il a tout de même du mal à cacher son amertume par rapport au préjudice qu’il a subi à cause des pratiques en vigueur avant 2011 et des menaces qui pouvaient peser sur ceux qui avaient le malheur d’aller à l’encontre des instructions venues de Carthage quand bien même celles-ci étaient en parfaite contradiction avec les règles et les lois en vigueur.

Et c’est parce qu’il réfuta justement ces ordres qu’il fut démis de ses fonctions en novembre 2009 et poursuivi dans la foulée pour des faits finalement sans fondement que la dernière décision de justice a confirmé.

Bien qu’amer, Raouf Jomni ne tient aucune rancune et n’incrimine personne. Il a fait le choix de tourner définitivement la page et préfère plutôt garder en mémoire le côté positif de toute cette période durant laquelle il a servi le secteur avec abnégation en dépit des tiraillements subis et des pressions politiques d’alors.

Représentant pour la Suisse de 1990 à 1994, il n’est pas peu fier de rappeler que durant son mandat, ce marché avait évolué de 59% en niveau des entrées (71.610 touristes suisses en Tunisie en 1994) et de 43% au niveau des nuitées. Idem sur le marché français entre 1994 et 2000, période durant laquelle il dirigeait l’ONTT Paris. Le taux de croissance du marché français durant les 6 années que dura sa mission fut de 103% en termes d’entrées et de 87% au niveau des nuitées. Et sur le marché italien, Raouf Jomni rappelle qu’entre 2002 et 2006, période de son passage à la tête de l’ONTT Milan, la Tunisie reçut jusqu’à 407.000 touristes Italiens (+26% en 4 ans).

Désormais, c’est à une retraite bien méritée qu’il aspire près de sa famille et surtout de ses filles installées à l’étranger dont il a été privé trop longtemps.

D.T

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