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Le site de Carthage sera-t-il privé de sa place au patrimoine mondial ?

Le site de Carthage sera-t-il privé de sa place au patrimoine mondial ?

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, le site archéologique de Carthage est l’une des attractions culturelles, historiques et touristiques parmi les plus importantes du pays. Revers de la médaille, l’état du site ne cesse de se dégrader ces dernières années. Aujourd’hui, et selon des informations qui fusent çà et là, l’Unesco aurait menacé les autorités tunisiennes de retirer le site de Carthage de la liste du patrimoine mondial si cette situation venait à persister. L’hypothèse est effrayante mais des indices laissent penser que l’éventualité n’est pas à écarter.

Quand le présent souille le passé

Les causes du problème sont connues par tous et peuvent être résumées en seul mot : la cupidité humaine. Nul n’ignore que le site a fait l’objet de plusieurs vols. Certains vestiges disparaissent du jour au lendemain à cause de certaines défaillances au niveau de l’entretien et de la sauvegarde. S’y ajoute l’extension urbaine qui a fini par ravager des parties du site, occultant de la sorte d’autres parcelles de l’endroit, d’autres histoires de l’Histoire. Les problèmes ne sont donc pas des moindres.

Il n’en demeure pas moins que les autorités en sont parfaitement conscientes. Cette situation critique a été avouée par le ministère de la Culture qui, dans un communiqué rendu public mardi 7 octobre, a démenti toute information liée au retrait du site de Carthage du patrimoine mondial de l’Unesco.

Selon cette source, « plusieurs mesures ont été prises aux fins de préserver le site » et une commission nationale présidée par le ministère de la Culture et composée par les ministères de la Justice, de l’Intérieur, de l’Équipement et de l’Éducation aurait entamé ses travaux depuis 2011 en vue de lutter contre toutes les infractions constatées. Ladite commission aurait statué sur l’état du site et remis son rapport au chef du gouvernement après 3 ans de travail. Dans son communiqué, le ministère de la Culture indique avoir associé au traitement de ce dossier toutes les parties prenantes à commencer par l’AMVPPC (Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle) et les experts du patrimoine jusqu’aux municipalités concernées et représentants de la société civile.

Quelles issues ?

Quoique les problèmes du site soient multiples, le communiqué du ministère de la Culture ne traite que du problème foncier car considéré comme source majeure de la dégradation du site. Pour le reste des infractions (notamment les vols), on y fait à peine allusion. Après avoir évoqué « les efforts » déployés par les autorités dans la sauvegarde du site, le ministère de la Culture a publié dans son communiqué l’ensemble des mesures présumées garantes d’une meilleure protection des lieux. D’abord, des actions en justice auraient été intentées à l’encontre de certains propriétaires de constructions illégales. Le  texte parle de « 43 décisions de démolition » prononcées par la justice et du gel temporaire des permis de construction pour les titres fonciers appartenant au site, en attendant qu’une commission d’experts du patrimoine en délimite les contours et en définisse les composantes. La même commission serait appelée aussi « à créer, à coordonner et à superviser le modèle de protection et de mise en valeur du site ».

Les sources officielles démentent donc la rumeur qui circule. « L’Unesco n’a pas menacé de retirer le site de Carthage du patrimoine mondial et nos services font le nécessaire » insiste le ministère de la Culture.

Les mesures préconisées par l’administration semblent prometteuses mais faut-il que l’on passe à l’acte. Faut-il que l’on rompe avec les discours et que l’on fasse un vrai travail de terrain. Si la rumeur a réussi à se faire prendre pour une vérité, c’est qu’elle est vraisemblable et que le danger est bien là.

Fédia Abid

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