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Crise environnementale à Djerba: les hôteliers tranchent dans le vif

Crise environnementale à Djerba: les hôteliers tranchent dans le vif

La crise sanitaire et environnementale qui sévit à Djerba depuis la fermeture en 2012, et sans solution alternative, de la décharge de Guellala, atteint aujourd’hui son paroxysme. Et c’est un euphémisme que de continuer de parler – à ce stade – d’inquiétude ou d’urgence. La situation est devenue insoutenable. Apocalyptique même. Surtout qu’à l’horizon, aucun signe d’amélioration n’est décelé. Au contraire : l’île des rêves et de la douceur de vivre se transforme, de jour en jour, en l’île des immondices. Une déchetterie. Dans la nuit du dimanche 14 septembre, Houmet Essouk, centre névralgique de l’île, s’est transformée en incinérateur pour détritus ménagers à tous les coins de rue. Des fumées noires et toxiques émanaient de partout. Les habitants n’en peuvent plus et ne savent plus quoi faire face à la prolifération de micro décharges anarchiques et non contrôlées. La situation est hors de contrôle et dans cette confusion totale, les insulaires sont exténués.

Voilà un petit résumé de la situation affligeante telle qu’elle a été décrite par Jalel Henchiri, président de la Fédération régionale de l’hôtellerie du Sud-est et Farhat Ben Tanfous, son secrétaire général, lors d’une conférence de presse à Tunis.

« Mis à part les enjeux touristiques, nous avons aujourd’hui un problème de survie » a déclaré amèrement J. Henchiri. « C’est devenu tellement irrespirable, que les gens ne peuvent plus ouvrir leurs fenêtres et évitent de se déplacer. Ils ont vraiment peur pour leurs enfants » a ajouté avec le même désarroi, Farhat Ben Tanfous.

Plusieurs tentatives de la part de la société civile et des professionnels du tourisme pour faire pression sur les autorités gouvernementales et les organismes concernés par la gestion des déchets se sont révélées infructueuses. Aujourd’hui, le conseil régional de Djerba-Zarzis et la FTH passent à la vitesse supérieure. Ils lancent un appel aux hôteliers de l’île pour ne plus s’acquitter de la taxe hôtelière (TH : 2%) et de la taxe communale locative (TCL : 0,2%). Des redevances que les hôteliers versent aux collectivités locales et aux municipalités pour qu’elles soient allouées à l’assainissement collectif. L’ensemble de ces taxes représente jusqu’à 60 % du total des recettes municipales. « Avec cet appel, nous ne sommes pas dans la désobéissance civile mais plutôt dans l’action civique » a précisé Jalel Henchiri. Et à lui d’ajouter : « il ne s’agit pas d’un arrêt de paiement mais seulement de suspension qui se poursuivra tant que le gouvernement n’aura pas exécuté les solutions qu’il a promis pour résoudre ce problème ». Par ailleurs, il a appelé tous les professionnels du tourisme d’arrêter de vendre la destination Djerba tant que la crise environnementale n’est pas résolue. « Arrêtons de faire de la publicité mensongère et occupons-nous à résoudre ce problème et à opter pour une solution durable », a-t-il clarifié.

Dans un dernier communiqué ministériel, rendu public au lendemain des événements de Houmet Essouk, le gouvernement s’était engagé à mettre en œuvre des mesures urgentes pour débloquer la situation et éviter l’état de catastrophe sanitaire qu’on redoute.

Un délai d’une semaine a été proposé pour effectuer une opération rapide pour déployer de grands moyens afin de débarrasser l’île de tous ces immondices. Pour ce faire, l’ouverture, entre autres, de quelques points de décharges provisoires avait été préconisée. Sauf que, à l’heure où se déroulait la conférence, personne ne savait encore quels étaient les endroits destinés à servir de décharges. Encore plus inquiétant, l’opération prioritaire de nettoyage prévue dans Houmet Essouk n’avait toujours pas démarré.

©Destination Tunisie

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