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Sur le terrain touristique, les agences de voyages dribblent et marquent… mais pas à  tous les coups

Sur le terrain touristique, les agences de voyages dribblent et marquent… mais pas à  tous les coups

Les assemblées générales de la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV) se suivent et ne se ressemblent que partiellement. Entre les problèmes résolus et les problèmes insolubles du secteur, l’actuel bureau exécutif continue de se débattre face aux démons éternels de la profession, mais peut également se prévaloir d’avoir réglé bon nombre de dossiers et, en même temps, d’avoir réussi à  hisser la notoriété de la Fédération à  un niveau de toute évidence jamais atteint depuis sa création il y a près de 50 ans. De l’avis même de la majorité des 200 agents de voyages présents le week-end dernier à  l’assemblée générale de la corporation, qui s’est déroulée au Riadh Palms de Sousse, la FTAV peut désormais se targuer de jouer aux avant-postes du tourisme tunisien. En capitaine d’équipe et incontestable meneur de jeu, Mohamed Ali Toumi, président de la Fédération, entouré de ses principaux piliers, à  commencer par la secrétaire générale, Nadia Ktata, ses différents présidents de fédérations régionales, mais aussi ses présidents de commission qui, dans la plupart des cas, n’hésitent pas à  mouiller le maillot pour la cause de leur secteur.

Un cas d’école pour les autres

Pour les adhérents à  la FTAV, leur assemblée générale est traditionnellement un moment de réflexion, d’échanges d’idées et de points de vue. Lors de la rencontre de Sousse, les débats ont été passionnés, rarement houleux, sauf peut-être quand il s’est agit de traiter du problème de la Omra, pourtant résolu partiellement. En effet à  ce propos, les autorités de tutelle, qui avaient déjà  concédé aux agences de voyages un quota de 10.000 pèlerins lors de la saison écoulée, ont étendu à  32.000 ce même quota pour la prochaine saison, sur un total de 60.000 pèlerins qui se rendent annuellement aux Lieux Saints. En d’autres termes, l’entreprise étatique SNR ne sera plus majoritaire dans la gestion des dossiers du petit pèlerinage à  le Mecque. Cette victoire, qui est à  mettre à  l’actif du bureau actuel de la FTAV, est en fait un cas d’école. Mohamed Ali Toumi, quelquefois critiqué pour avoir consacré trop de temps au dossier, a souligné que cette libéralisation partielle «est le résultat d’une mobilisation extraordinaire de la majorité des 150 agences spécialisées et que leur solidarité a fini par payer», appelant les autres agences à  «se mobiliser autant pour faire entendre leur cause, et en premier lieu desquelles les agences de transport terrestre». Le président de la FTAV a d’ailleurs indiqué que les problèmes des réceptifs vont désormais faire l’objet d’un intérêt et d’efforts accrus au vu de la situation qu’ils traversent.

Se défendre, mais aussi balayer devant chez soi

La baisse drastique de l’activité touristique a touché de plein fouet les agences de transport terrestre toutes régions confondues, mais aussi et en premier lieu celles opérant dans la région du sud-ouest. Le sujet a été débattu en long et en large lors d’un atelier thématique par les spécialistes de l’activité. Outre les traditionnelles difficultés, il apparaît en fait que les agences légales souffrent énormément des intrus illégaux ; comprendre par là  des individus qui opèrent au vu et au su de tout le monde avec des bus ou des 4×4 et qui organisent en toute impunité des visites guidées pour les touristes ou même des excursions pour les locaux. «Ce qui est fabuleux, c’est que nous, quand nous organisons une excursion légale, nous nous faisons toujours contrôler par la Garde nationale, et eux jamais !» s’exclame un agent de voyages dépité. Cependant, si des individus ou de pseudo-associations réussissent à  organiser des voyages, c’est que forcément, ils disposent de véhicules pour le faire.
«Arrêtez de louer vos bus à  n’importe qui, leur a lancé un participant, et l’hémorragie sera contenue». Sauf que le problème est plus compliqué qu’il n’y paraît. Entre confrères, on collabore certes mais les relations ne sont pas toujours au beau fixe. Les réclamations pour défauts de paiement inter-agences sont en nette augmentation, ce qui a conduit certains à  exiger que soit établie une black-list des mauvais payeurs pour que plus personne ne leur loue de matériel roulant. Autre problème récurrent, celui du monopole de fait imposé par les 3 principaux fournisseurs de bus en Tunisie. Les agences de voyages attendent de la FTAV qu’elle réussisse à  ouvrir le marché à  l’importation, estimant que les tarifs pratiqués localement sont tout bonnement exorbitants et inacceptables. Un dossier brûlant qui demeure en instance.

Début de polémique ?

Le tourisme local est aussi au cœur d’une polémique qui va, semble-t-il, aller crescendo. Les agences spécialisées présentes à  l’assemblée générale de la FTAV ont déploré les pratiques tarifaires de certains hôtels. Walid Hnid, président de la Commission Tourisme local, a affirmé que les agences de voyages étaient contraintes de vendre la nuitée exactement au même prix que celui figurant sur le site web de l’hôtel, «une pratique, a-t-il dit, qui empêche toute concurrence loyale». Et comme si les difficultés inter-professionnelles ne suffisaient pas, les agences de voyages sont également confrontées à  un autre phénomène, celui des sociétés de services qui n’ont aucun agrément pour opérer dans le tourisme mais qui le font malgré tout. «Il faut changer les lois face à  cette concurrence déloyale» s’est indignée Nadia Ktata qui n’a pas manqué au passage d’épingler ceux parmi ses confrères qui «pratiquent le bradage et la stratégie des marges réduites». Comme quoi, dans la grande corporation des agences de voyages, toutes les mains ne sont pas blanches.

Hédi HAMDI

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