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Saint-Pétersbourg, un tsar, une ville

Monastir-Saint-Pétersbourg, 4 heures de vol, mauvais temps, brouillard et nuages, pas d’atterrissage, annonce le pilote, l’avion vire sur Moscou, hôtel à proximité de l’aéroport. Au matin, les responsables nous annoncent l’heure du départ à Saint-Pétersbourg. Deux heures de vol, la ville sous le brouillard, une pluie fine empêche le regard d’aller loin. L’aéroport est en rénovation, une compagnie turque a gagné l’appel d’offres, nous apprend un passager de retour de Tunisie. Comment fut votre voyage ? « Impeccable… j’y reviendrai, les gens donnent l’air d’être heureux malgré la pauvreté » pauvreté ? « Nous avons remarqué beaucoup de mendiants », la discussion s’arrête là. Nous comprendrons, en fin de séjour, la remarque sur les mendiants, car nous n’en avons rencontré aucun, même dans les quartiers pauvres. Notre hôte, Lotfi Kebaïer, le patron tunisien du voyagiste local HTL, souriant, nous attend. Un bus « First class », la ville est illuminée, des fanfares, des orchestres sur les places, une demi-heure de route, un monument couronné d’une étoile, la gare centrale est voisine. Les bâtiments sont à hauteur humaine, pas de buildings, ni de gigantisme, nous traversons de jolis parcs entretenus. Arrivée à l’hôtel. Architecture constructiviste, personnel dynamique qui tente de répondre à toute question, peu d’entre les employés parlent une langue étrangère, mais l’envie de communiquer, de vous rendre service est visible. Un lustre monumental pend du haut plafond, personnel en uniforme impeccable, ascenseurs larges, longs couloirs, chambres à l’espace pratique, meubles en bois de tilleul, simple, de style d’avant-guerre mais d’une propreté irréprochable.

La ville qui ne dort pas

Le soir, sortie en ville, premières images : la propreté des trottoirs, aucun papier, ni mégot de cigarette, mon attention se fixera durant tout le séjour sur ce détail. Restaurant-spectacle pour touristes ; sur scène, toute la gamme des clichés sur la Russie sont là : de la vie rustique, batailles et sabre au clair, amours contrariées, retrouvailles, baisers. Applaudissements. Les clients sont tous étrangers, évidemment, des tablées de Suédois, de Norvégiens et des voisins finnois en goguette, des chants connus, des gestes de cordialité. Aucun signe de violence, une apparente gaieté. Saint-Pétersbourg est une destination prisée par les nordiques, avantage du cours de la monnaie aidant. A table, un concentré de la cuisine russe, zakouskis, syrniki (fromage blanc) et vodka de choix dans des carafes. Le restaurant est situé sur un canal de la Neva, près de l’église de la Résurrection du Christ, dite du Sauveur du sang versé. Tout autour, des touristes enchantés, appareils photos en main, la place est illuminée, il est passé onze heures du soir, il fait encore jour en ce mois de mai. Et la douceur est dans l’air. Promenade nocturne sur la Perspective Nevski, la plus grande avenue de la ville. Tout est illuminé, les habitants marchent vite, les femmes sont grandes, bien entretenues, pas de type défini, la ville date de trois siècles, elle a intégré tous les habitants des régions de Russie, de la Baltique, de la vieille Europe. Boutiques de marques internationales, relativement modestes, pas de gigantisme. Quelques restaurants italiens, japonais, un menu environ 15 euros, un sandwich coûte en moyenne 3 euros, un soda ou une bière 1 euro. Beaucoup de fleurs en main, des artistes sur les ponts, aquarelles, gouaches de dimension moyenne, 15 euros pièce, les vendeurs n’insistent pas, même dans les quartiers touristiques. Il y règne une sorte de fraternité, de paix dans l’air, née sans doute des épreuves uniques, des tragédies qu’a connues le peuple de cette ville. Quelques exemples : la ville a subi 3 catastrophes historiques qui se répétèrent comme par fatalité, en 1724, 1824 et 1924. Ajoutons le plus terrible blocus jamais vu dans l’histoire de l’humanité qui dura 872 jours du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944.
Il est passé minuit, il fait jour, les rues grouillent de monde, demain, plutôt dans quelques heures, c’est férié, galeries marchandes ouvertes, parcs animés, on rendra visite au Parc Pouchkine (1799-1837), sa statue en bronze est dressée au milieu des fleurs posées sur le socle, des ivrognes chantent, des vieilles dames papotent, le poète de la ville veille. Demain nous irons lui rendre visite dans sa maison.

La cité de Pierre le Grand

La ville de Saint-Pétersbourg doit sa création, son nom et son rayonnement à un homme : Pierre le Grand. Aussi, un culte particulier lui est voué, qui reste visible en ville ; ne vous étonnez pas de rencontrer différents monuments à sa gloire dont « Le Cavalier d’airain », statue équestre sur la place des Décembristes (actuel Sénat), ou dans les endroits éminemment touristiques. Là, des animateurs habillés en costumes du tsar réformateur, accompagné de sa femme, vous inviteront, courtoisement à une pause photo (contre une modique somme d’argent). Pierre fut charpentier, menuisier, stratège militaire, moderniste, patriote et ambitieux. Il entreprit un long voyage d’étude qui le mena à Amsterdam où il visita et découvra les chantiers de « La Compagnie des Indes ». A Londres, il visita les musées, fut reçu par les Académies, visita les laboratoires, se rendit en Allemagne et en Autriche. L’homme curieux, ouvert, voulait accélérer l’évolution de la société russe.
Pierre le Grand avait un dessein principal, l’accès à la mer Baltique. Il entre en lutte contre la Suède et s’installe sur la Neva, le grand fleuve sur lequel, le 27 mai 1703, et autour duquel il construisit Saint-Pétersbourg, sa future capitale. La première ville en Europe à être bâtie en suivant une planification préalable.
La ville, érigée autour de la forteresse Pierre et Paul, marécageuse, constamment enveloppée dans le brouillard, devient l’occupation principale du tsar visionnaire. Elle constitue « une fenêtre de la Russie sur l’Europe », sur laquelle déferlent non seulement les eaux de la Baltique, mais aussi les bouleversements historiques de l’Europe. Les chantiers sont entamés, les urbanistes disposant de grands espaces de terre, les cours serpentins de la Neva, plus de 500 canaux forment les éléments de base de l’urbanisme. On n’élevait pas des bâtiments dans la ville, on y dessinait des paysages. Saint-Pétersbourg est aujourd’hui la plus grande cité de la Baltique, plus de 5 millions d’habitants, elle est cosmopolite, changea deux fois de nom, Petrograd, puis Léningrad avant de récupérer son nom d’origine. Joseph Brodsky (1940-1996), Prix Nobel de littérature, décrit ainsi sa ville de naissance : «c’est si calme qu’on peut presque y entendre le tintement d’une cuillère tombant en Finlande». Qu’ajouter à cela ? Une ville plein de charme, à la fois tranquille et industrieuse, la circulation y est relativement fluide, les habitants sont très disciplinés, froids, respectueux des codes de la vie, ils ne flânent pas, c’est compréhensible dans une ville où le soleil brille moins de 45 jours par an. Il pleut plusieurs fois par jour, il fait gris, un gris métallique, avec des ciels bleutés. Les couleurs du ciel sont tamisées par les brouillards de la Baltique, le froid, la grisaille… Il n’en faut pas plus pour inciter les habitants à boire et la vodka fait office de religion. Un adage dit : « Si la vodka t’empêche de travailler, alors, arrête de travailler ». Leur cuisine est simple, pas très élaborée, des grillades, des fromages et forcément les poissons marinés, saurés, fumés, etc. Pas de marchandage dans les boutiques, la jeunesse n’est pas provocante, apparemment sage, pas d’ostentation vestimentaire, juste un brin de modernisme, visible dans les grandes artères.
La meilleure période pour visiter Saint-Pétersbourg se situe entre mai et juillet : en juin, les nuits sont blanches, un festival du même nom « Nuits blanches » se tient dans la ville, la musique classique y est à l’honneur. Après des années de musique russe, cette saison, Valéry Gergiev, le nouveau tsar de la musique classique, programme dans son antre, le Théâtre Mariinsky, Les Troyens de Berlioz.

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