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Pour une fois, les agences de voyages accordent leurs violons… ou presque

Il fut un temps où elles ne s’entendaient pas tout à  fait comme larrons en foire. Les agences de voyages tunisiennes adhérentes à  la FTAV viennent de démontrer qu’il y avait désormais un semblant de consensus autour de la politique conduite par l’actuel bureau directeur de leur syndicat professionnel dans la défense de leurs intérêts. La preuve en a été apportée le week-end écoulé à  Yasmine Hammamet à  l’occasion de l’assemblée générale ordinaire de la Fédération tunisienne des agences de voyages. Les travaux de cette assemblée se sont déroulés sur deux journées, avec une première consacrée à  des ateliers thématiques (transport terrestre, Omra, tourisme local et assurances-caution) et une seconde dédiée à  la plénière à  proprement parler.

Problèmes récurrents

Cette organisation a en tout cas eu le mérite d’offrir une tribune aux agences qui en avaient gros sur le cœur et d’exposer leurs problèmes dans un cadre approprié devant un parterre de personnes partageant les mêmes soucis. Les discussions ont parfois été houleuses, notamment dans les ateliers consacrés à  la Omra et à  l’assurance ; des noms d’oiseaux ont quelquefois fusé et des accusations au vitriol formulées à  l’encontre de certaines parties. Les observateurs avertis auront aussi remarqué que les problèmes des agences de voyages tunisiennes sont quasiment les mêmes depuis des années. En matière de tourisme local, les accusations sont en général orientées vers les hôtels pratiquant avec leurs clients en direct des tarifs moins chers que ceux concédés aux agences. Dans le secteur de la Omra, les spécialistes de l’activité ont déploré la détérioration de leurs conditions d’organisation de séjours vers les Lieux-saints alors qu’ils s’attendaient au contraire à  la libéralisation de l’activité. Quant aux transporteurs terrestres, ils se sont notamment emportés contre les intrus de leur secteur qui font de l’ombre à  leurs activités. Des agences de voyages billettistes, pour leur part, n’ont pas manqué de soulever le problème de la caution financière imposée par l’IATA (l’Association internationale du transport aérien) et qui a plombé les activités de certains d’entre-eux.

Mobilisation timide de la profession

Si les ateliers thématiques organisés par la FTAV ont fait le plein et ont réuni un parterre de professionnels du secteur de haut niveau, la séance plénière n’a cependant pas enregistré l’affluence initialement escomptée. Mohamed Ali Toumi, président en exercice de la fédération, n’a pas ménagé les absents, déplorant un manque de solidarité au sein de la corporation et une certaine nonchalance. «Ils ne viennent nous solliciter que lorsqu’ils ont des problèmes à  résoudre» s’est-il emporté. Ce sont en effet moins de 190 agents de voyages qui ont fait le déplacement à  Hammamet, soit un peu plus du tiers des 540 agences affiliées à  la FTAV. Et pourtant, l’assemblée était placée sous le slogan «notre force, notre union». Malgré ce message qui se voulait rassembleur, les deux tiers des agences ont privilégié la politique de la chaise vide (15 ont pris la peine de se faire représenter). Pire encore, le trésorier de la Fédération, Jabeur Ben Attouch, a évoqué un nombre important d’adhésions impayées. Et pourtant, pour être membre de la FTAV, les agences ne payent, selon leur catégorie et leur implantation, qu’entre 100 et 300 dinars de cotisations annuelles. Pour consolider les activités de la FTAV (qui a besoin d’un minimum vital de 200.000 DT par an et qui n’en a collecté que 75.000 en 2012), une proposition d’augmenter l’adhésion et de l’uniformiser à  400 dinars toutes agences de voyages confondues a été présentée. «Cela revient à  participer avec 1 dinar par jour» a justifié Sihem Zaïem, de l’agence Tunisivision. Mais c’est à  Fethi Lili, patron de Sunways Travel, qu’est revenue la palme de la meilleure argumentation en faveur de l’augmentation: «combien devions- nous payer au 26-26, combien dépensons-nous pour payer notre place dans une tribune de stade, et dans une soirée, combien certains d’entre-vous dépensent-ils ?» s’est-il exclamé sur un ton cocasse. La proposition a donc été retenue.

Des statuts obsolètes

Pour la petite histoire, les statuts de la FTAV ont été établis en… 1966 et amendés en 1999. Hamadi Masmoudi, président de la fédération régionale du Centre-Sud, estime qu’ils ne sont plus réalistes et ne conviennent plus aux exigences du 21e siècle. Il suggère en conséquence un certain nombre d’amendements destinés à  élargir les prérogatives de la fédération au-delà  de son périmètre actuel de syndicat pour en faire une association professionnelle. Masmoudi propose également de créer un conseil de discipline appelé à  trancher entre les adhérents en cas de litige pour promouvoir la déontologie au sein de la profession. Les agences ont été invitées à  réfléchir aux propositions avant la fin de l’année et à  en soumettre d’autres pour enrichir le débat.

Des régions absentes

Parmi les premières actions initiées par le bureau de la FTAV élu le 18 juin 2011, l’ouverture d’antennes régionales dotées de moyens propres afin de leur permettre de travailler en toute sérénité. Un budget de 25.000 dinars a été investi dans l’optique de la décentralisation et du rapprochement de la fédération de ses adhérents à  l’intérieur du pays. Cependant, certaines régions sont encore dépourvues de fédérations régionales (FRAV), notamment à  Tunis qui, paradoxalement, compte la plus grande concentration d’agences de voyages. La capitale ne dispose pas de FRAV tout simplement parce que le quorum exigé par les statuts n’avait pas été atteint le jour de l’élection.
Autre cas, celui de la région du Nord-Ouest. L’absence de FRAV y est due tout bonnement à  l’absence de candidats. Quant à  Djerba, qui concentre un nombre très important d’agences de voyages réceptives (65 rien qu’en Licences A) et de succursales régionales, l’ambiance actuelle au sein de sa fédération régionale est loin d’être au beau fixe.

Des satisfactions malgré tout

L’imposante salle des congrès Medina Mediterranea de Yasmine Hammamet était donc bien trop vaste pour accueillir les membres de la FTAV qui, soit dit en passant, sont approximativement les mêmes à  participer à  la vie de la corporation. Mais au-delà  des défections, il semble évident qu’aux yeux de la communauté des agences de voyages, l’actuel bureau en place n’a pas à  rougir de son bilan à  mi-mandat. Ses rapports d’activité moral et financier ont d’ailleurs été approuvés à  l’unanimité par l’assemblée. «On voit que réellement un travail s’est mis en place et on peut dire que l’on a fait notre révolution», a concédé Raouf Jaïem, de l’agence Eden Tours. «Avant, c’était de la politique politicienne menée par certains pour atteindre leurs objectifs. Mais maintenant, il faut faire le lobby nécessaire pour constituer une force redoutable comme la Türsab en Turquie» a-t-il encore ajouté. Cependant, nul parmi les présents n’a osé renier les perspectives inquiétantes se profilant à  l’horizon 2013, non seulement pour le tourisme, mais pour la Tunisie tout entière. «Il y a d’autres rivalités contre lesquelles nous ne pouvons rien» a regretté Mohamed Ali Toumi, allusion faite à  la conjoncture politique qui règne dans le pays. «Nous n’avons d’autres choix que d’être solidaires» a-t-il conclu en guise d’ultime recommandation.

Hédi HAMDI
 

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