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Outgoing : la BCT tire le tapis sous les pieds des agences de voyage

L’information est tombée comme un couperet sur les agences de voyage qui font de l’Outgoing. Elles ont appris que l’enveloppe en devises réservée à leur activité a été épuisée, voire dépassée de 15 millions de dinars. Elles ne pourront ainsi plus continuer à travailler. Pis encore, les 15 millions de dinars supplémentaires ne seront pas débloqués pour payer des engagements déjà pris et acceptés par le ministère du Tourisme. Une donne qui mettra certaines agences de voyage dans une situation difficile à gérer.

La nouvelle a été divulguée aujourd’hui par le président de la FTAV (Fédération tunisienne des agences de voyages), Mohamed Ali Toumi, lors d’une conférence de presse tenue à Tunis. «L’épuisement de l’enveloppe réservée à l’Outgoing en pleine saison touristique est une catastrophe », a-t-il lancé. « Depuis le 11 juillet, nous n’avons plus le droit de continuer à travailler, faute de manque d’enveloppe. Après avoir signé il y a quelque temps l’augmentation des salaires de 6%, 250 agences de voyage qui opèrent dans l’Outgoing sont menacées aujourd’hui de mettre la clé sous le paillasson et de mettre à la porte leurs employés », a prévenu Mohamed Ali Toumi.

Il a expliqué, par ailleurs, qu’un fournisseur a déposé déjà une plainte contre une agence de voyage auprès de l’ambassade de l’Italie car n’ayant pas été autorisée à transférer son argent. « Ceci décrédibilise immédiatement toutes les agences de voyage tunisiennes et altère dangereusement l’image de la Tunisie. Une image que nous essayons d’améliorer et de promouvoir chaque année à coup de dizaines de millions de dinars », a-t-il regretté.

Des agences menacées de se retrouver devant la justice

Il a, par ailleurs, rappelé que l’activité de l’Outgoing n’a cessé d’évoluer ces dernières années. En 2006, l’enveloppe réservée à cette activité était de 10 millions de dinars pour passer à 20 millions de dinars en 2014. « Néanmoins, nous avons demandé d’effectuer une étude pour estimer le besoin réel du marché », a-t-il enchaîné. Chose faite à partir de décembre 2014.

Les résultats de l’enquête ont estimé que les besoins effectifs du marché montent crescendo depuis un bon bout de temps. Les auteurs de l’étude, commandée par les ministères du Tourisme et des Finances et la Banque centrale, ont de ce fait, recommandé d’aller progressivement vers la libéralisation totale du marché en 2019. Mais avant, ils ont prévu une majoration annuelle de l’enveloppe. Pour 2016, ils ont estimé le besoin du marché à 40 millions de dinars. En 2017, une augmentation de 10 millions de dinars était nécessaire et également avec le même montant pour 2018 pour arriver à 60 millions de dinars.

«Après avoir dépensé de l’argent pour la réalisation de l’étude, le gouvernement n’a pas pris en considération ces recommandations et a décidé en février dernier lors d’un CIM une enveloppe limitée à 25 millions de dinars, soit une augmentation de 5 millions de dinars seulement, sachant que la dépréciation du dinar est évaluée à 15%. C’était une déception pour les agents de voyage qui avaient espéré de bénéficier au moins de l’enveloppe prévue par l’étude pour l’an 2016 », a indiqué le président de la FTAV. «Les choses sont claires aujourd’hui. Le plafond imposé par le gouvernement est en deçà des besoins réels du marché. Il est donc tenu de résoudre ce problème sans tarder car certaines agences sont dans l’embarras et menacées de se retrouver devant la justice dans les prochaines semaines», a-t-il averti. Allusion faite aux engagements déjà pris auprès de partenaires étrangers pour des voyages déjà consommés.

 L’informel en profitera

« Les autorités devraient se demander à qui profite ce plafond en devises imposé aux agences de voyage qui font de l’Outgoing ? Au secteur informel ! À ceux qui travaillent dans le noir et ne paient pas leurs impôts, leurs cotisations CNSS, etc. ! », a dénoncé M. Toumi.

De son côté, Nadaa Ghozzi, présidente de la commission Outgoing à la FTAV, a rappelé que le fait d’empêcher les agences de voyage de travailler dans l’Outgoing va ouvrir la porte au secteur informel et aux sociétés de services qui arnaquent l’État et le citoyen. D’abord, parce que ces dernières ne paient pas leurs impôts. Deuxièmement, les voyageurs ne possèdent aucune assurance quand ils recourent à ce genre de sociétés, tandis que quand ils voyagent avec des agences de voyage, ils sont bien assurés et bien accompagnés et ont aussi le droit d’être indemnisés en cas de manquement. « Quand les agences de voyage arrêtent de faire de l’Outgoing, les gens n’arrêtent pas de voyager. Ils essaient par tous les moyens, même illégaux, de trouver une autre solution pour arriver à leur destination », a-t-elle affirmé.

L’UGTT menace de hausser le ton

Le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Kamal Saâd, a indiqué, pour sa part, que l’organisation syndicale est solidaire avec la FTAV car elle est consciente que la situation dans laquelle se trouvent certaines agences de voyage va déclencher des problèmes sociaux et menacent les employés qui y travaillent.

Il a, par la suite, appelé les autorités à arrêter de percevoir le voyage comme un luxe. Les demandeurs en services des agences de voyage sont généralement des personnes appartenant à la classe moyenne. « Il s’agit des jeunes mariés qui veulent passer un  voyage de noces à l’étranger, des étudiants qui poursuivent leurs études en Europe ou ailleurs, mais aussi des professionnels qui ont besoin  de faire des formations à l’étranger ou des rencontres pour conclure des marchés, etc. Ces gens-là n’ont pas les moyens, mais ils sont obligés de voyager. Parfois, ils paient leurs voyages su plusieurs tranches », a-t-il argumenté.

Le représentant de l’UGTT a affirmé aussi que son organisation est prête à hausser le ton si nécessaire pour pousser les autorités à résoudre ce problème et empêcher que certains employés se retrouvent sans emplois.

Mohamed Ali Toumi a soutenu que les agences de voyage n’acceptent pas d’être le dindon de la farce. « Si les autorités veulent préserver les devises, qu’elles assument leur responsabilité en allant dire aux Tunisiens de ne pas voyager », a-t-il conclu.

 

15 millions de dinars à débloquer sans tarder

Quant au représentant du ministère du Tourisme, Fahmi Houki, directeur général des services communs, a fait savoir que le ministère est en train de voir avec la BCT et les parties prenantes la possibilité de prendre en considération la dévaluation vertigineuse du dinar. Ceci va résoudre en partie le problème selon ses propos. Une solution qui demeure insuffisante aux yeux des agents de voyage qui exigent de débloquer immédiatement les 15 millions de dinars supplémentaires pour que les agences de voyage puissent honorer leurs engagements et préserver leurs relations avec leurs clients. Ils ont demandé aussi de consacrer 3% des recettes générées par le secteur touristique à l’activité Outgoing afin de leur permettre de travailler à l’aise et d’éviter ce genre de problème dans l’avenir.

K.C.

 

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