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Comment certains T.O tentent le forcing sur la Tunisie

Comment certains T.O tentent le forcing sur la Tunisie

La prolongation par la majorité des pays européens de la suspension des départs vers la Tunisie ne participe pas à  l’apaisement dans le secteur touristique local.

Pendant que certains voyagistes témoignent de leur soutien à  la destination, d’autres ont, au contraire, saisi l’occasion de demander des « faveurs » supplémentaires aux hôteliers tunisiens. Ces jours-ci, c’est le voyagiste belge Jetair qui a défrayé la chronique. Ses partenaires hôteliers en Tunisie ont eu la surprise de recevoir un courrier émanant du Contracting Manager du T.O demandant « des aides avec des réductions substantielles afin de convaincre les clients de choisir la Tunisie en tant que destination de voyage ».

Concrètement, le courrier envoyé demandait que les hôtels tunisiens acceptent que pour chaque client payant de Jetair, le second ne paye que 1 euro, pour la période comprise entre le 12 février et le 6 avril 2011, ce qui correspond à  une réduction de 50% ! Pour la période du 7 avril au 30 juin, le T.O a demandé « une réduction minimale de 30% sur le prix de la chambre standard ».

« Je vous garantis que, dans le cas de participation limitée de la part des hôtels, les capacités aériennes vont être réduites d’une manière très grande et vont être redirigées vers d’autres destinations » a menacé Erik Verschelden, qui s’est même permis de porter un jugement sur la Tunisie : « Cette action est nécessaire et ne touchera en aucune manière l’image de la Tunisie dans le sens négatif » a-t-il prétendu. Sachant que Jetair appartient au groupe TUI, il était fort à  parier que les autres filiales du groupe, notamment TUI Holland et Nouvelles Frontières, auraient également demandé à  bénéficier des mêmes avantages.

Dans les milieux hôteliers tunisiens, cette demande n’a pas fait l’unanimité. A l’heure où la profession a appelé à  une grande solidarité pour éviter toute forme de bradage qui serait fatale au secteur en cette période de crise, l’exigence du voyagiste belge a été perçue par la majorité de ses partenaires tunisiens comme étant tout simplement révoltante et a donc fait l’objet d’une fin de non recevoir et a été dénoncée sur des groupes sur Facebook.

Conséquence de la volte-face tunisienne, 24h après ce premier courrier, le voyagiste est finalement revenu à  de meilleurs sentiments et a envoyé un nouveau message dans lequel il n’impose plus ses conditions : « Pour ceux qui préfèrent ne pas participer à  notre action, je garde toujours le plus grand respect, mais je vous demande quand-même de voir ce que vous pouvez nous proposer vous-même. Une réduction de n’importe quel autre pourcentage sera acceptée ». Et comme pour se rattraper de sa « bourde » de la veille, il assure ses partenaires que ses « intentions sont très sincères et veut seulement que la Tunisie retrouve le succès d’avant au plus vite ».

Ce retournement de situation témoigne, si besoin est, que la solidarité entre les hôtels tunisiens est aujourd’hui plus que jamais fondamentale afin de ne pas provoquer une chute des prix qui entraîneraient le secteur, le cas échéant, dans une nouvelle spirale de baisse de laquelle elle pourrait avoir beaucoup de mal à  sortir.

Hédi HAMDI

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