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Autour d’une table pendant 2h00 : hôteliers, agents de voyages, ministre du Tourisme et DG de l’ONTT

En prélude à  la naissance de leur future Union tunisienne des métiers du tourisme, qui se veut être une organisation patronale forte, les représentants des hôteliers et des agents de voyages ont exposé leurs préoccupations du moment à  Elyès Fakhfakh, le ministre du Tourisme, et à  ses principaux cadres.

Les débats ont été passionnés sans être virulents. Francs et sans langue de bois. Au cours d’une réunion exceptionnelle qui s’est déroulée hier au siège de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH) à  Tunis, se sont mis autour d’une table les membres des conseils nationaux des deux fédérations professionnelles du tourisme (FTH et FTAV) avec leur ministre de tutelle (et son chef de cabinet), le directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) et le PDG de l’Agence foncière touristique (AFT). A l’ordre du jour : la situation touristique du moment (pour « tenter de sauver ce qu’il reste à  sauver ») ainsi que les relations entre l’administration et la profession. Cette rencontre est sans aucun doute exceptionnelle car de mémoire de professionnels du tourisme, on n’avait jamais réuni autour d’une même table autant de décideurs des deux camps. Qui plus est, les échanges ont duré un peu plus de 2h00, autrement dit, le temps de déballer le trop plein des uns et des autres… sans toutefois trouver de terrains d’entente.

Elyès Fakhfakh, le ministre du Tourisme, a indiqué que son département était actuellement penché sur les dossiers urgents et sur les problèmes conjoncturels. Pour expliquer les divergences de chiffres entre les marchés, il a estimé que « chaque marché avait sa propre lecture de la révolution », rappelant que le pays était encore en train de composer avec une situation nouvelle. « Au cours de cette période de transition, personne ne peut prévoir et imaginer ce qui peut se passer », allusion faite aux troubles qui ont affecté le tourisme la semaine dernière. « Il faut rester concentrés sur le cercle de préoccupations en agissant sur le cercle d’influence et en restant concentrés sur l’action » a-t-il recommandé. Le ministre a annoncé qu’une unité de gestion par objectif allait être créée au sein de son département pour étudier notamment les recettes par région, par ressources, etc. Cette unité sera toutefois décentralisée pour plus de flexibilité et disposera d’un budget important pour pouvoir faire appel à  des experts.

Les attentes des professionnels

Du côté des professionnels présents, les attentes et les objectifs semblaient différents. Mohamed Belajouza, président de la FTH, est revenu sur ses chevaux de bataille habituels : faire participer tous les intervenants dans le tourisme au fonds de compétitivité afin que la promotion du tourisme tunisien puisse bénéficier de moyens plus conséquents.

De son côté, Mohamed Ali Toumi, président de la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV) n’a pas manqué d’indiquer que le taux de frustration des opérateurs était élevé actuellement au vu de la situation. Abordant la question des mesures spécifiques de soutien annoncées par le gouvernement pour aider les entreprises en difficulté, le président de la FTAV a signifié son indignation : « nous avons l’impression que celui qui a élaboré ces mesures ne connaît rien au tourisme. Qui a-t-il consulté avant de les prendre ? » Malgré tout, il a rappelé que les agents de voyages étaient disposés à  un partenariat avec l’administration « à  condition que l’on nous fasse participer en amont et en aval de la prise de décision » a-t-il insisté, soulignant « avoir les mains liées à  cause du manque de pouvoir » de sa fédération.

Pour sa part, Hamouda Ben Ghachem, vice-président de la FTH, a mis le doigt sur les différentes études réalisées ces dernières années et dont les recommandations n’ont jamais été prises en considération. «L’administration doit lever la main de certains dossiers », conformément aux recommandations de l’étude de la Banque mondiale stipulant l’externalisation de certaines activités par la scission de l’ONTT. De son côté, Hichem Driss, président de la Fédération régionale de l’hôtellerie de Sousse, a estimé qu’il n’y avait rien de plus grave que l’absence de sécurité et de propreté dans le pays. « Assurez-moi la sécurité, assurez-moi la propreté et chacun jouera son rôle».
Son homologue à  Mahdia, Ridha Taktak, a soulevé la question de la fiscalité et de l’endettement des entreprises hôtelières toujours en attente d’une décision administrative. Ezzedine Belkadhi à  quant à  lui appelé à  la création d’un conseil supérieur du tourisme. L’hôtelier djerbien a évoqué certaines pratiques administratives qu’il a jugées aberrantes telles le paiement des droits de DPM (Domaine public maritime) ou encore des frais de puissance à  la STEG même quand les hôtels sont fermés. « Si vous nous donnez nos droits, que vous rectifiez les codes et les normes, nous n’aurons rien à  vous demander » a-t-il déclaré au ministre.

Mais à  force de rencontrer des entraves, certains en arrivent à  se demander si les différents gouvernements qui se sont succédé, avant et après la révolution, n’ont pas la hantise de voir les professionnels du tourisme se constituer en un lobbying fort. « On continue à  nous acculer à  être continuellement en position de quémandeurs » s’est indigné Mohamed Belajouza qui a encore une fois appelé à  élargir le cercle des contributeurs au Fodec et à  la mise en application des recommandations effectuées par les différents cabinets d’étude (Banque mondiale, Jica et Roland Berger). « Ce sont des études que nous avons payées, pourquoi n’ont –elles jamais été mises en application ?! »

Hédi HAMDI

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