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Tourisme local : une réunion sans langue de bois

Tourisme local : une réunion sans langue de bois

Aujourd’hui, au ministère du Tourisme, et en présence de la ministre Selma Elloumi Rekik, se sont réunies toutes les parties agissant dans le tourisme local, représentants d’hôtels, d’agences de voyages, d’amicales et autres comités d’entreprises, banques, etc, afin de trouver des solutions au tourisme local en cette année 2015 qui s’annonce particulière au vu du déficit en touristes étrangers.

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Certes, le marché local s’est développé ces dernières années, avec une hausse de +46% de 2009 à 2015, néanmoins, beaucoup de problèmes subsistent, le plus souvent dus à un manque de communication entre les différents acteurs du secteur. Il était donc temps que ces derniers se retrouvent pour mettre cartes sur table en exposant tour à tour quels sont les couacs qui empêchent le développement serein de l’activité. Et comme pour tout, le maître-mot est rigueur. Car, à entendre les allégations des agences de voyage, celles-ci trouvent que les amicales (qui profitent à 400.000 personnes) ou autres associations ne respectent pas le décret ministériel stipulant que tout groupe doit automatiquement passer par une agence de voyage (2 fois par an) et envoyer cela au ministère du Tourisme pour validation. Or, ce qui se passe, c’est que beaucoup font fi de cette obligation et préfèrent passer leurs réservations directement avec l’hôtel, ce qui crée par conséquent bon nombre de complications qui se répercutent sur le Tunisien.

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Au même prix que les touristes

D’autre part, les doléances des amicales et autres associations ont surtout tourné lors de la réunion autour des prix. En effet, au jour d’aujourd’hui et se référant à l’après Sousse, de l’avis général, il serait aberrant, voire suicidaire, de ne pas accorder au Tunisien les tarifs dont bénéficient le touriste. A ce titre, beaucoup de propositions ont fusé: au lieu de dépenser ses sous à l’étranger, pourquoi ne pas mettre sur le passeport du tunisien la somme en euro de son séjour hôtelier. De cette manière, il paye le même tarif qu’un touriste ; recourir au chèque touristique (déjà mis en pratique lors de la Guerre du Golfe) ; baisser les prix des billets des liaisons internes (Djerba, Tabarka, etc.) ; améliorer les prestations de services; penser aux retraités comme le fait déjà l’Autriche avec le printemps des Autrichiens ; s’occuper et octroyer les mêmes services pour les jeunes partant en colonie et avoir un bon feedback pour que les parents fassent confiance et laissent leur enfant partir plus facilement ; redorer l’image de l’hôtelier aussi bien que du Tunisien qui se sent lésé dans son propre pays ; réformer la tarification pour que cette dernière soit par chambre et non plus par lit ; réviser le calendrier scolaire pour qu’il ne tombe pas systématiquement avec les pics d’affluence touristique ; les crédits de campagne accordés par les banques sont une solution pour avoir des prévisions quant à la saison à venir (chaque organisme passant par une agence de voyage demande tant de lits pour telle période) ; revoir les fondamentaux de l’infrastructure touristique ; acquérir le réflexe de passer par une agence de voyage ; faire en sorte que les hôtels, après les 30% de remise annoncée, s’alignent maintenant sur les prix des TO, etc.

Bref, vous l’aurez compris, beaucoup d’idées pour améliorer ce secteur- on ne peut plus à l’agonie-qui, comme l’a annoncé la ministre, verra cette année 3 campagnes publicitaires (juin, septembre et décembre) pour booster le tourisme local et pour inciter le Tunisien à prendre ses vacances à l’hôtel. Après tout, ce dernier, au fond, ne demande qu’à, lui aussi, voir et connaître son pays dans de bonnes conditions car l’important c’est de revenir !

Samantha Ben-Rehouma

 

 

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