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Soirée Aloès à l’Acropolium de Carthage : éclats de bonheur

Soirée Aloès à l’Acropolium de Carthage : éclats de bonheur

L’Association « Aloès les amis de Hamadi Chérif », en partenariat avec l’Acropolium de Carthage, organisait le 18 avril courant un concert au profit de ses œuvres culturelles. Temps fris et public trié sur le volet, scènes lumières sur les vitraux et silences dans les rangs.

« Vous êtes généreux, vous débordez de générosité, vous sacrifiez deux heures de votre vie pour assister à un concert et par la même occasion soutenir notre association, je considère cette présence comme un acte d’engagement, je vous applaudis fort ». Ainsi s’exprimait Hamma Hanachi, président de l’Association, devant un parterre composé d’amateurs de musique, d’ambassadeurs et d’un public parfaitement discipliné, venu découvrir un programme apparemment hybride.

Entrée de Todor Petrov, pianiste classique au long cours, qui a choisi de jouer Debussy. Silence religieux dans la salle, Petrov est à son affaire, totalement absorbé par son sujet, des morceaux peu connus, un jeu peu démonstratif mais finement exécutés; un nocturne pathétique précède un morceau orientalisant qui clôt le première partie. 45 minutes chrono, le soliste se lève, salue la foule, ovation, fleurs et ravissement. Le public est conquis.

Un mix inédit

Pause, et retour pour découvrir l’Ensemble « Salhi », un mix de musique jazz, mystique, chants populaires. Michel Marre, trompettiste, change de registre, il s’attaque au piano. Commence une improvisation de haute teneur entre lui, Imed Alibi et le chanteur Mounir Troudi. Celui-ci, visiblement submergé par ses émotions dans cette ancienne cathédrale à l’acoustique parfaite, déploie ses vocalises majestueuses avec passion. Présence scénique remarquable du groupe, dont les sons, la puissance de la voix cadrent à merveille avec l’acoustique de la salle et l’attention ambiante : un moment fort qui attise la curiosité et semble remuer les sens du public. Le spectacle continue, touchant.

Zied Zouari, au physique longiligne, le violon sur l’épaule, entre en scène: notes en pizzicati, il fait écho au piano, à la voix haut perchée et entame ses variations. Alibi soutient les mouvements avec son bendir, et une caisse en guise de conga. Mounir enfonce sa tête dans le piano comme pour mieux suivre les notes à même les marteaux de l’instrument, il vocalise à souhait sans facéties.

Folk revisité

Comment qualifier cette musique qui réveillerait les morts et élèverait les sens des vivants ? Folk revisité, puisé dans les racines, métisse mondialisé (world),  patrimoine…, c’est tout cela à la fois et du meilleur aloi. Le public est captivé. Un ange passe.

La chanteuse Alia Sellami est aux premières loges, on l’invite sur scène, Michel Marre est au piano, elle respire, souffle suit les notes crescendo, présence magistrale, la tête levée, les anges de la cathédrale l’écoutent, elle  avance concentrée sur l’écoute des instruments, sa voix monte, monte, elle improvise pour rejoindre le ciel, hypnotique, Zouari l’y aide, Alibi, en arrière plan, soutient les sons, il assure. Lumière et fin. Des roses, des étonnements. Un orage? Non, mais ça y ressemble, tellement les applaudissements  tonnent sans arrêt. Soirée à marquer d’une pierre blanche. Feu Hamadi Chérif devrait être heureux.

                                                                     Nadhem Nachiahi

Photo: Imed Alibi

 

 

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