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Menaces de grève dans les hôtels: la tension à son paroxysme

La Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH) a ameuté la presse aujourd’hui pour mettre le syndicat UGTT face à ses responsabilités et a appelé l’Etat à jouer son rôle dans un climat de menace de grève décrétée pour le 17 et le 18 septembre courant alors que les hôtels comptent encore plusieurs milliers de clients en cette fin de haute saison qui se termine par des chiffres négatifs.

En présence des différents membres de son bureau exécutif, la FTH a tenu un point de presse aujourd’hui pour jeter la lumière sur son bras de fer avec l’Ugtt qui date déjà depuis un moment mais qui vient de passer un nouveau seuil. Le président de la FTH, Radouane Ben Salah, a expliqué que les raisons de ce bras de fer reviennent à la volonté de l’organisation syndicale d’augmenter les salaires des employés des hôtels au titre de l’année 2015.

Selon lui, les hôtels ne sont pas prêts aujourd’hui à assumer un engagement financier supplémentaire dans les circonstances actuelles. « Les chiffres enregistrés en 2015 en disent beaucoup sur la crise qui secoue le secteur depuis l’année de la révolution. Avec seulement 16 millions de nuitées enregistrées dans les hôtels, le bilan est largement négatif par rapport à 2014 où le secteur avait enregistré 29 millions nuitées hôtelières, soit une chute d’environ 38%.

Pou preuve les recettes touristiques qui ont subi une perte majeure. Par ailleurs, le taux d’occupation des hôtels a été de 27,7% en 2015 contre 44,9% en 2014, sachant de surcroit que le nombre total des lits en exploitation a connu une baisse considérable atteignant 20% passant de 192.000 lits en exploitation en 2010 à 177.000 lits à fin 2015. Autrement dit, le taux d’occupation dépasse largement les 20% », a-t-il argumenté.

Depuis 2010, et d’après la FTH, les hôteliers ont consenti plusieurs sacrifices afin qu’un climat social favorable soit assuré. Les salaires ont été augmentés à deux reprises (2012 et 2014). Mais  les hôteliers sont aujourd’hui dans l’impasse. « L’Ugtt veut une majoration de 6% des salaires, comme le reste du secteur privé. Cependant, les secteurs privés ne sont pas dans la même situation. D’ailleurs, plusieurs hôteliers ont injecté de leur propre argent dans les caisses de leurs hôtels pour les sauver », a rappelé le président de la FTH.

Mobilisation des hôteliers de toutes les régions: Slim Dimassi (Monastir), Nabil Ben Abdallah (Aïn Draham) et Habib Bouslama (Hammamet)

Hôteliers de toutes les régions mobilisés: Slim Dimassi (Monastir), Nabil Ben Abdallah (Aïn Draham) et Habib Bouslama (Hammamet).

Les professionnels ont les mains liées

Il a, par ailleurs, considéré que les professionnels ont les mains liées, à cause non seulement de leur situation financière mais aussi par la lourdeur administrative, la restructuration du secteur qui tarde toujours à être initiée et à cause de l’impuissance face à un climat économique défavorable et morose. « Certains hôtels ont du mal aujourd’hui à payer les salaires de leurs employés, comment supporter une nouvelle charge financière ? », s’est-il demandé, avant d’ajouter : « Ces hôteliers seront condamnés à annoncer leur faillite et à fermer leurs portes. Il faut savoir, en outre, que les hôtels travaillent réellement 3 ou 4 mois seulement par an. Le reste de l’année, l’activité touristique est en stagnation ».

Radhouane Ben Salah a indiqué, dans le même contexte, que les gens parlent beaucoup des aides octroyées aux hôteliers. Néanmoins, à peine 10% de ces décisions en faveur du secteur ont été appliquées. Le reste n’a jamais vu le jour. « Ne parlons pas des banques qui ont barré la route au devant des hôteliers et les privent des prêts bancaires. Seuls les hôteliers qui acceptent des conditions très strictes et très exigeantes avec des taux d’intérêt très élevés ont la possibilité d’accéder aux crédits bancaires », a-t-il enchaîné.

Le président de la FTH a conclu que l’augmentation des salaires est impossible ni pour l’année 2015, ni pour 2016, surtout que les décisions gouvernementales prises le 29 juin 2015 en faveur du secteur de l’hôtellerie pour soi-disant l’aider tardent à être appliquées, en rappelant que plusieurs réunions ont regroupé les deux parties sans avoir pu aboutir à une solution concrète.

Hôteliers de Yasmine Hammamet.

Des coûts d’exploitation majorés

Pour sa part, Jalel Henchiri, président de la Fédération régionale de l’hôtellerie de Djerba-Zarzis, a appelé les parties syndicales à mettre fin aux actes provocateurs et à se réunir autour d’une même table pour discuter d’abord de comment sauver le secteur, le restructurer et préserver les postes d’emploi. Il a rappelé, dans ce sens, que les hôtels ont toujours honoré leurs engagements envers leurs salariés.

« Les hôtels ont continué à payer leurs salariés permanents pendant les périodes de fermeture même les plus difficiles. De plus, les syndicats savent que 2015 était une année difficile. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’ils n’ont pas négocié l’augmentation des salaires en 2015. Pourquoi ils la demandent aujourd’hui ?» s’est-il interrogé.

J. Henchiri a ajouté que le syndicat justifie sa revendication par le pouvoir d’achat détérioré du citoyen, tout en ignorant que cette augmentation au niveau des factures de la Steg et de la Sonede a touché également les hôtels qui souffrent désormais des coûts d’exploitation majorés. En parallèle, les hôteliers sont en train de baisser les prix pour attirer les touristes et relancer le secteur.

« L’absence d’un service minimum durant cette grève va faire beaucoup de tort à l’image de notre secteur et de notre pays. Donc, la mise en arrêt total de l’activité des hôtels pendant deux jours ou le fait de forcer leurs collègues à ne pas travailler va achever le secteur. Nous appelons le gouvernement à trouver une solution, car ces grèves vont toucher l’image de tout le pays et pas seulement le tourisme », a-t-il regretté.

Hôteliers de Monastir: Wajdi Skhiri (à g.) et Slim Dimassi.

Hôteliers de Monastir: Wajdi Skhiri (à g.) et Slim Dimassi.

Il faut ouvrir aussi le dossier de la flexibilité du travail. L’activité touristique varie d’une région à l’autre. Certains hôtels travaillent trois ou quatre mois seulement par an, tandis qu’ils paient 14 mois de salaires comme le dicte la convention collective. Il faut repenser le système et voir une solution qui aille avec les particularités de chaque région. « Avec ce genre de grèves, nous risquons de perdre, par exemple, le marché russe, qui a sauvé la saison cette année, notamment avec une concurrence féroce et le retour de la destination turque », a conclu Jalel Henchiri.

K.C

 

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