Voyage : 10 bonnes raisons de découvrir Bodrum en Türkiye en passant par Istanbul

Au départ de la Tunisie, les voyages vers la Türkiye sont trop souvent axés sur Istanbul, porte d’entrée de la destination. Mais le fait est que ce pays a bien plus à offrir, comme notamment la région de Bodrum située dans sa partie sud. Visite guidée en 10 étapes de cette célèbre station balnéaire égéenne de Muğla pour un voyage à confectionner en individuel.
1 – Liaisons aériennes directes fréquentes en vols intérieurs:

S’il est vrai que tous les vols au départ de Tunis ont pour destination Istanbul, les vols intérieurs vers Bodrum sont nombreux et les correspondances rapides. Plusieurs liaisons quotidiennes de la compagnie Turkish Airlines permettent en effet de relier Bodrum en moins d’une heure de vol.
L’aéroport Milas-Bodrum est un aéroport à taille humaine particulièrement fluide dans la gestion des passagers. Il a d’ailleurs été récompensé par l’ACI (Conseil international des aéroports) en 2024 qui lui a décerné le trophée Airport Service Quality Award de l’année. Il se trouve à moins d’une quarantaine de km de la ville desservie par bus ou taxis.
2 – L’embarras du choix en matière d’hébergement

The Marmara Hotel à Bodrum.
Bodrum et sa presqu’île disposent d’une capacité de 80.000 lits entre hôtels et autres catégories de résidence. La région tout entière de Muğla compte 230.000 lits. Un chiffre en plein boom puisqu’il n’était que de 80.000 il y a de cela 4 ans. Mais ce qu’il est important de signaler, c’est aussi et surtout le standing de ces hôtels qui sont souvent de catégorie 5 étoiles (plus d’une trentaine dans la ville, une soixantaine dans toute la région).
Cette présence significative d’établissements haut de gamme illustre clairement l’orientation de la destination vers un tourisme glamour. Car oui, Bodrum veut se positionner comme destination de luxe au bord de la Mer Egée, mais pas seulement.
C’est d’abord aujourd’hui l’un des lieux de villégiature préférés des Turcs qui y possèdent des résidences secondaires en nombre. On voit d’ailleurs ces dernières implantées sur les flancs des différentes collines qui surplombent la ville, toutes orientées vers cette mer qui semble irrésistiblement attirante et dont les eaux portent l’empreinte d’une histoire millénaire, nourrie de légendes et de mythologie.
La majorité des hôtels est d’ailleurs implantée sur ses rivages ou bénéficie d’une situation privilégiée offrant une vue imprenable sur ses eaux limpides et tranquilles. Sauf que l’expérience touristique de Bodrum ne repose pas sur la baignade au bord de plages de sable fin, mais sur un environnement qui favorise le repos, la quiétude et le sentiment de plénitude. Même s’il existe quelques coins tranquilles dédiés à la baignade tels que Mazı, Kızılağaç ou encore Güvercinlik.

Vue de Bodrum en contrebas au petit matin à partir d’un hôtel situé sur les flancs de l’une des collines de la ville.
3 – Un centre ville pétillant de vie
Cette cité de 200.000 habitants voit sa population multipliée par 5 durant la saison été. C’est dire son rayonnement touristique, qu’il soit national ou international. Car Bodrum, c’est un ensemble d’attraits à plusieurs niveaux. La ville en elle-même compte plusieurs sites historiques. Elle accueille également une marina imposante et d’innombrables lieux où il fait bon flâner.

Le centre ville de Bodrum.
4 – Un paradis pour le shopping

L’une des entrées du bazar du centre historique de Bodrum (Çarşı) : un ensemble de ruelles commerçantes proches du château et de la marina.
Et en parlant d’achats justement, la ville est un véritable paradis pour les amateurs de shopping. Partout des échoppes en tous genres proposent ici des articles de souvenirs artisanaux locaux qu’on ne peut pas s’empêcher d’acheter et là de la maroquinerie pour tous les goûts et tous les budgets, du textile, des bijoux… De quoi combler les envies même les plus insatiables dans les ruelles touristiques de la cité mais aussi et surtout dans les dédales ombragées de son bazar et ses centaines de commerces.
5 – Un patrimoine d’une grande richesse

Le château de Bodrum, édifice emblématique du XVe siècle qui abrite aujourd’hui le Musée d’archéologie sous-marine.
C’est un vestige de l’histoire pour le moins impressionnant: le château de Bodrum, situé en plein cœur de la ville, en bord de mer, est certainement la pièce maîtresse de l’offre culturelle de la cité. A l’intérieur, de nombreux espaces de grandes valeurs avec des monuments d’époque, notamment une église transformée en mosquée, mais aussi et surtout un musée archéologique qui recèle de collections variées, riche d’objets de différentes époques.

L’épave de l’Uluburun découverte dans les années 80 qui remonterait au 14e siècle avant J.C.

Des moulins à vent remontant au 18e siècle jalousement conservés. Ils étaient destinés à fabriquer de la farine et ont été utilisés jusqu’au début des années 70.
6 – L’ouverture sur la Mer Egée

La plaisance y occupe également une place stratégique en tant que produit touristique. Sa marina accueille de nombreux bateaux et yachts de luxe, aussi bien pour l’hivernage que pour l’accostage. À la belle saison, ces embarcations reprennent la mer et se dispersent dans les nombreuses criques de la péninsule en quête de parenthèse hors du temps.
Dans le port, les goélettes traditionnelles invitent à découvrir le littoral au fil de sorties en mer et d’excursions. Ici, la mer est bien plus qu’un décor : elle est le cœur de l’offre touristique, autour de laquelle s’organisent une grande partie des activités. Dans l’autre port, les grands bateaux de croisières viennent également y jeter l’ancre pour faire profiter leurs passagers le temps d’une escale des plaisirs de la ville.
À moins d’une heure de navigation, l’île grecque de Kos se dessine nettement à l’horizon. Cette proximité favorise les échanges entre les deux rives : des visiteurs grecs rejoignent régulièrement Bodrum, notamment pour y faire leurs achats.
7 – L’art de bien manger

Tout au long de l’artère qui longe la marina, une succession de restaurants invite à s’attabler sur des terrasses ombragées, pour savourer une cuisine aux accents variés. En entrées, les incontournables meze turcs traditionnels auxquels s’ajoutent les spécialités locales telles que le « çökertme kebabı », un plat emblématique associant des pommes de terre croustillantes, une viande tendre et du yaourt, mais aussi poissons et produits de la mer d’une fraîcheur appréciable. Car en Türkiye, l’art de la table est avant tout une institution.
L’autre produit phare de la région, c’est aussi l’huile d’olive dont la région peut s’enorgueillir. 5e exportateur mondial, le pays est incontestablement une référence dans le domaine.
Pour les voyageurs, à quelques encablures de la ville, une escale chez Eminem’s OliveMill s’impose. Il s’agit d’un espace culturel et touristique qui produit sa propre huile d’olive, Oro di Milas, primée à l’échelle nationale et internationale dans de nombreux concours et que l’on peut déguster sur place et acheter, aux côtés de produits dérivés. Le centre fait également office de restaurant où l’on peut déguster des spécialités locales, bien évidemment accompagnées de ce fameux nectar doré.

Eminem’s OliveMill
8 – Visiter les sites environnants

Entrée du Musée de Milas.
Pour enrichir son séjour à Bodrum, une visite des villes et villages environnants permet d’approfondir l’expérience du voyage et s’imprégner de la diversité historique et culturelle de la région.
A une heure de route environ, Milas est une cité qui compte pas moins de 27 sites historiques et archéologiques majeurs.

Site archéologique de Milas
On y aurait retrouvé des traces de présence humaine remontant à 7000 ans. Mais ce sont aussi et surtout des témoignages d’une activité riche à partir du 4e siècle qui ont été regroupés au sein d’un musée qui compte à la fois une maison traditionnelle (qui reproduit des scènes de la vie quotidienne avec des reconstitutions intéressantes) et également un musée du tapis et des tissages qui compte plusieurs salles thématiques. Ouvert de 8h30 à 19h00 (entrée: 3 euros).

Maisons datant du 19e siècle.
On pourra également visiter en ville une ancienne auberge ou caravansérail aujourd’hui reconvertie en ateliers pour les petits artisans de la ville.

L’auberge Cöllüoglun Hani de Milas date de 1710.
Arrêt à Iasos

C’est à la fois un site archéologique et un petit village paisible de pêcheurs niché au fond d’une crique. Iasos remonte au 4e siècle avant J.C. Site gréco-romain, il comprend les vestiges des différentes composantes des sites de cette époque: agora, théâtre, acropole, sanctuaire mais aussi des mosaïques diverses. Il est ouvert de 8h30 à 17h30. L’accès est gratuit.

Le petit port de Iasos au bord duquel il fait bon siroter un thé ou café turc.
9- Yalıkavak, escale Jet Set
Sa marina accueille certainement l’une des plus grandes concentrations de yachts de luxe dans la région. Yalikavak est surnommée le Saint Tropez turc. Ce village de pêcheur d’éponges à l’origine est désormais une formidable destination pour le tourisme de plaisance. Tout autour s’est naturellement créée une économie en conséquence avec notamment des magasins de marques de luxe.

La marina est élue Meilleure marina de superyachts au monde.

La visite peut se faire en fin de journée pour y admirer un coucher de soleil romantique avant de passer à table dans l’un des restaurants de standing dont plusieurs figurent au Guide Michelin.
10 – Istanbul, porte d’entrée de la Türkiye
Tout voyage pour la Türkiye doit évidemment comporter une escale à Istanbul, qu’elle soit à l’aller ou au retour d’une virée à l’intérieur du pays. Car Istanbul est unique, une ville comme nulle part ailleurs dans le monde. Une cité qui vit à 100 à l’heure et qui se vit avec une grande émotion. Ses grands classiques touristiques sont bien évidemment les incontournables sans lesquels on ne peut prétendre connaître la cité: ses mosquées, en tête desquelles Sainte-Sophie et Sultan Ahmet, mais aussi l’hippodrome avec ses composantes, le vieux Bazaar (ci-dessous) et ses milliers d’échoppes, la Tour Galata, etc.

Mais il est un lieu que peu de Tunisiens connaissent car rarement inscrit dans les programmes des visites faites par les agences de voyages, mais qui, pourtant, est d’une richesse historique exceptionnelle et témoigne du génie romain puis byzantin de l’époque: il s’agit de la citerne basilique (Yerebatan Sarnıcıqui en turc), gigantesque citerne souterraine de Constantinople parfaitement conservée et qui peut se visiter.

La Citerne Basilique mesure 138 × 64,6 m, et sa capacité est estimée à 78 000 m3
La question qui se pose souvent est : combien de temps faut-il pour visiter la Türkiye ? La réponse n’est certes pas évidente car elle dépend des attentes de chacun. Une semaine à 10 jours à Bodrum constitue probablement le format idéal permettant à la fois de se reposer et de découvrir les environs et s’imprégner de la culture et de l’histoire de la région. On pourrait y rajouter 3 jours pour Istanbul. Et plus si nécessaire car la Türkiye est un pays qui ne se livre jamais au premier regard et qu’il faut explorer jusque dans ses replis les plus secrets.
Reportage: Hédi HAMDI

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