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Safari au Kenya

Safari au Kenya

Qu’on se le dise clairement : on ne part pas en safari au Kenya comme on partirait en villégiature balnéaire aux Seychelles ou en excursion culturo-archéologique en Egypte. Le safari est un « acte » touristique à  faire de manière tout à  fait spécifique et surtout bien réfléchi. La condition sine qua non du safari : aimer observer les animaux dans leur environnement naturel. En fait, plus qu’aimer, il faut être un véritable passionné. Et de surcroît, ne pas craindre les heures de routes interminables sur les pistes poussiéreuses pour joindre les parcs et les réserves, ne pas craindre de séjourner dans des endroits presque coupés du monde.Les secrets d’un safari réussi commencent par la tenue de circonstance, couleur kaki, le chapeau style Harrison Ford dans « Les Aventuriers de l’Arche perdue », jumelles d’observation en bandoulière et bien sûr appareil photo et caméra avec zoom performant recommandé.

Destination nature par excellence
Le Kenya compte une cinquantaine de parcs et réserves naturels protégés et régis par des règles draconiennes. Leur accès est payant. Oubliée la chasse aux trophées d’animaux sauvages d’antan (de l’époque coloniale essentiellement) qui a eu pour conséquence l’extermination d’un grand nombre d’espèces et qui a mis en péril la survie notamment des grands fauves. Aujourd’hui, on chasse les animaux à  travers l’objectif de sa caméra ou de son appareil photographique. Le principe consiste à  faire voyager les touristes dans des véhicules spécialement aménagés (en général des pick-up avec toits ouvrants) sur des pistes préalablement tracées, avec interdiction de descendre à  pied ou de faire du hors piste au risque d’une contravention à  l’encontre de ceux qui ne respecteraient pas les règles établies. Les autorités veillent au grain et les contrôles ne sont pas rares.

On dénombre dans ce pays 400 espèces de mammifères et 1100 espèces d’oiseau. Un safari réussi est conditionné par le fameux « Big Five », autrement dit, d’avoir réussi à  voir les 5 animaux les plus symboliques de la savane kenyane : l’éléphant, le rhinocéros, le buffle, le lion et le léopard. Sinon et en matière de zèbres, de gnous, de gazelles, d’impalas et même de singes, vous en aurez pour votre argent. Pour les lions et les léopards cependant, réussir à  les apercevoir est un tout petit peu plus difficile. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’au Kenya, l’on peut véritablement observer les comportements animaliers entièrement naturels, à  l’état pur. La période la plus intéressante pour effectuer un safari correspond aux mois de juin, juillet et août, lorsque la météo est clémente et que l’on observe le plus d’animaux. Malheureusement, c’est la période où les hordes de touristes débarquent et où l’on se bouscule sur le bord des pistes.

Hébergement en lodge :
Le concept des lodges est le suivant : il s’agit d’hôtels de gamme équivalant à  peu près aux 4 étoiles que nous connaissons, mais qui sont implantés, au cœur des parcs nationaux, se fondant dans la magnificence de la nature alentour. Un peu à  l’image d’un village de vacances, les lodges sont faits de petites villas individuelles qui ne manquent pas de charme et qui offrent tout le confort requis. Pas de TV cependant ni de connexion internet. Ici, on vit presque hors du temps. La moustiquaire est également de rigueur, instituée dans toutes les chambres et que le personnel du lodge s’empresse de déployer à  la tombée de la nuit…

Le service hôtelier dans ces établissements est absolument satisfaisant et l’on perçoit l’empreinte de la colonisation britannique à  travers la rigueur du service et la disponibilité du personnel. Une chose est sûre, on ne lésine pas sur la main-d’œuvre dans ces établissements de séjour : à  peine descendez-vous de voiture, à  peine vous apprêtez-vous à  quitter votre chambre, qu’un porteur se présente à  vous pour transporter votre bagage.

L’expérience Masaï
Le Masaï Mara est considéré comme l’une des réserves les plus riches d’Afrique. Il se situe à  cheval entre le Sud-Ouest du Kenya et le Nord-Est de la Tanzanie. Les Masaï constituent l’une des 70 ethnies qui composent le Kenya mais demeure l’une des plus importantes. Valeureux guerriers, ils sont avant tout des éleveurs de bétail. Ce peuple a pour spécificité de continuer à  vivre hors du temps, pratiquant des rites d’un autre âge et vivant dans des conditions sanitaires ahurissantes au 21e siècle. Ultime paradoxe : alors que les pouvoirs publics ont rendu l’école obligatoire et mis à  leur disposition nombre d’infrastructures éducatives et de santé, le poids de la tradition demeure énorme. Les jeunes filles sont mariées à  partir de 12 ans et la polygamie est généralisée. Il suffit, pour prendre une nouvelle épouse, d’offrir 10 têtes de bétail en dote. Les Masaï continuent d’habiter dans de véritables gourbis aux parois faites de terre et d’argile, sans fenêtres (de crainte des moustiques). La tradition veut que ce soit la nouvelle épouse qui construise sa propre demeure au sein de laquelle elle élèvera ses enfants. Quant aux maris, ils vont et viennent au gré de leurs multiples « résidences ». Certains villages Masaï s’ouvrent au tourisme et des visites guidées y sont organisées par les agences de voyages locales. L’expérience est ahurissante et il est nécessaire d’avoir le cœur bien accroché. L’artisanat constitue pour les Masaï, notamment les femmes, une source de revenu substantiel. A l’entrée des parcs protégés, elles viendront s’agglutiner aux fenêtres des 4×4 de touristes et leur proposer des produits de leur fabrication : colliers, statuettes et figurines sculptées dans le bois, peintures… Attention cependant à  ne pas accepter d’acheter des peaux de bêtes, des dents de lion ou autre, la loi l’interdisant formellement. A l’aéroport de Nairobi, les autorités sont très strictes et contrôlent minutieusement les bagages des touristes au moment de leur départ.

Le péril environnemental
Le Kenya n’est malheureusement pas une région épargnée par le réchauffement climatique. Dans certaines zones, notamment le Sud à  la frontière avec la Tanzanie, il n’a pas plu depuis deux ans. Le fameux parc d’Amboseli (plus ancien parc du pays s’étendant sur 400 km²) offre plus un spectacle de désolation avec des cadavres d’animaux jonchés sur toute l’étendue du parc. Au loin, côté tanzanien, le Kilimandjaro, majestueux avec ses 5895 mètres de haut (sommet le plus haut d’Afrique), n’est pas épargné par le réchauffement. Ses célèbres neiges éternelles ne sont plus qu’un lointain souvenir et seules quelques traces blanches subsistent à  l’extrémité de son sommet ! « Normalement, la neige recouvre tout le sommet et se situe au niveau des nuages », nous explique l’un des guides du parc. Conséquence : les marais ne sont plus nourris par les sources souterraines du Kilimandjaro et la vaste plaine herbeuse n’offre plus une eau en abondance.

Un peu plus au nord, dans la région du lac Nakuru, sanctuaire des oiseaux et paradis des ornithologues, le lac rassemble plusieurs milliers d’espèces, en particulier des flamants roses. Mais l’étendue d’eau se rétrécit d’année en année. Sur le flanc des collines avoisinantes, les arbres se meurent sans que l’ont ait pu expliquer le phénomène. Le lac Naivasha, au centre-ouest du pays, a lui aussi régressé de plusieurs centaines de mètres ces dernières années et l’avenir des hippopotames qui l’habitent en grand nombre pourrait être compromis. Evidences inquiétantes qui nous interpellent sur la menace qui pèse sur la planète.

Reportage au Kenya : Hédi HAMDI

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