Olivier Mazzucchelli, PDG de Transavia France : « Il reste du potentiel pour développer le trafic entre la France et la Tunisie »

Après une saison estivale intense, Transavia France tire le bilan de ses liaisons avec la Tunisie. Lignes à succès, nouveaux horizons et défis de compétitivité : Olivier Mazzucchelli, PDG de la compagnie, livre son analyse et dévoile ses perspectives. Interview exclusive.
Alors que le mois d’octobre marque l’heure des bilans, quelle appréciation portez-vous sur la saison estivale 2026 de Transavia en Tunisie ? A-t-elle été satisfaisante pour la compagnie ?
La saison a été très satisfaisante en termes de trafic. Bien que nous soyons impactés par le coût du carburant, la destination Tunisie dans son ensemble — avec nos cinq lignes — a été très prisée par nos voyageurs. Cela a été un véritable succès, d’autant plus que nous avions augmenté nos capacités cet été.
Actuellement, en pleines vacances de la Toussaint, la dynamique se confirme. La Tunisie bénéficie d’une typologie de trafic complète : des flux touristiques, mais aussi un fort trafic affinitaire et affaires. Les touristes restent très présents.

Un appareil de Transavia à Tunis-Carthage, l’un des 5 aéroports desservis par la compagnie sur la Tunisie
Malgré la crise du pouvoir d’achat qui touche les ménages français, observez-vous un frein dans leurs envies de voyager ?
Pour l’instant, non. De manière générale, au-delà même de la Tunisie, l’appétence des Français pour le voyage et le tourisme reste très forte. Nous restons attentifs à l’évolution de la situation, car la conjoncture demeure difficile en France et nous sommes contraints de réajuster légèrement nos tarifs en raison du prix du pétrole. Nos offres restent très abordables, mais j’espère vivement que ce désir d’évasion perdurera. Bien que le risque existe, nous avons enregistré un très bon été et les avions affichent complet pour les vacances de la Toussaint.
Trois ans après son lancement, quel bilan tirez-vous de la ligne Paris-Tozeur ? Confirmez-vous son maintien pour les prochains mois ?
Nous aimerions qu’il y ait encore plus d’engouement pour Tozeur. C’est une région absolument magnifique dans laquelle je me suis rendu personnellement, mais qui manque encore de notoriété. Il faudra du temps pour que la ligne atteigne sa pleine maturité, mais nous y croyons fermement.
C’est ce que nous avons vécu avec Sfax : les débuts ont été exigeants, et aujourd’hui, c’est un vrai succès sur lequel nous renforçons nos capacités. Je confirme donc le maintien de la ligne vers Tozeur. J’invite d’ailleurs l’ensemble des acteurs du tourisme local à développer leur offre et à promouvoir ce bijou territorial pour nous aider à remplir nos avions. C’est un travail d’équipe.

Olivier Mazzucchelli avec Karim Chouchane, DG de Kars International, la compagnie d’assistance de Transavia en Tunisie.
Justement, comment expliquez-vous la réussite de la liaison vers Sfax, passée de 2 vols par semaine à 9 aujourd’hui, et envisagez-vous de nouvelles lignes vers cette ville ?
La réussite de Sfax repose d’abord sur la réponse à un besoin réel : c’est le poumon économique de la Tunisie. La ligne s’est développée grâce au trafic affaires et aux résidents, même si le potentiel touristique y est également réel. Nous avons su proposer des horaires et des jours de vol parfaitement adaptés, adossés à des opérations solides et régulières. La mayonnaise a pris, et nous avons accompagné cette montée en charge.
Concernant de futurs développements, nous étudions très sérieusement l’ouverture d’une ligne Lyon-Sfax face à la forte demande, bien que la décision ne soit pas encore arrêtée.
Il y a deux ans, vous vous fixiez avec l’ONTT un objectif de 2 millions de touristes à l’horizon 2030. Êtes-vous toujours confiant quant à sa réalisation ?
Je suis très optimiste. Si nous maintenons notre rythme de croissance actuel, cet objectif sera pleinement atteint.
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Comment Transavia gère-t-elle la problématique de la saisonnalité, récurrente dans le secteur touristique tunisien ?
La saisonnalité est à la fois une contrainte et une opportunité. En Tunisie, la présence d’un fort trafic de résidents et d’affaires dans les deux sens permet de lisser l’activité tout au long de l’année, ce qui est un atout précieux pour nous.
Même si l’hiver enregistre naturellement une baisse du trafic touristique, la clientèle affaires et affinitaire demeure constante. Nous adaptons la fréquence de nos vols en conséquence afin d’optimiser le taux de remplissage et de ne pas faire voler des avions à vide.
Qu’en est-il de la ligne lancée récemment depuis Toulouse ? Les premiers résultats sont-ils concluants ?
Les premiers retours sont très positifs. Globalement, lorsque nous ouvrons une route vers la Tunisie, nous maîtrisons bien les typologies de trafic et n’avons pas de mauvaises surprises. De manière générale, au vu de l’augmentation des capacités absorbée avec succès cet été, nous pensons qu’il reste encore du potentiel pour développer le trafic entre la France et la Tunisie. C’est notre objectif continu.
Le projet de loi de finances 2027 en France prévoit une hausse de la fiscalité sur le transport aérien. Quelle est votre analyse face à cette perspective ?
C’est un sujet complexe. L’aérien et le tourisme évoluent sur un marché mondialisé. En tant que compagnie basée en France, nous demandons simplement à nous battre à armes égales avec nos concurrents internationaux qui ne subissent pas la même pression fiscale.
Dans un contexte déjà marqué par la cherté du kérosène, il est essentiel d’avoir des marges suffisantes pour financer nos investissements, notamment le renouvellement de notre flotte. Au niveau du groupe Air France-KLM, nous dialoguons activement avec l’État français pour préserver notre compétitivité face à ces contraintes budgétaires. Ce n’est pas simple, c’est compliqué, mais notre message est clair : le terrain de jeu est global, faisons attention à ne pas perdre en compétitivité.
©Destination Tunisie

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