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Voyage avec Dorsaf Hamdani, chanteuse

«Chercheuse en musicologie et chanteuse, elle a chanté le traditionnel tunisien et arabe à  plusieurs occasions en Tunisie et hors de Tunisie (Egypte, Espagne, France, Grèce, Hollande, Canada, Liban, etc.). C’est de cette petite phrase que Dorsaf Hamdani, DEA de musicologie à  l’Université Paris IV – La Sorbonne, introduit son curriculum vitae.

On l’a côtoyée pendant la préparation du concert MELOS en juillet 2011 à  Dar Cherif. Avec une grâce époustouflante, une voix sensuelle, elle a séduit son public tunisien et conquis un auditoire étranger. Pour l’avoir accompagnée pendant des jours à  Djerba, pour l’avoir observée, rayonnante dans des master-class, on a été éblouis par sa voix d’abord, sa culture musicale ensuite et par l’énergie positive qu’elle dégage. Dorsaf Hamdani a creusé son chemin avec la patience d’une fourmi qui engrange les succès sans en donner l’air, à  l’ombre des médiatisations outrancières. Ni intimidante, encore moins intimidable, elle incarne la chanteuse intelligente à  la fois près de son public et assez distante des rumeurs et autres potins. En plus d’une voix, elle reflète une attitude -disons un caractère- qui s’affirme au fur et à  mesure qu’elle avance dans sa carrière. Celle-ci commence à  l’âge de vingt ans lorsqu’elle obtient une médaille dans un grand festival à  Amman ; puis des passages à  l’Opéra du Caire, la reconnaissance des maestros parmi lesquels Salah Goubachi, Selim Sahabet et à  la clé, une multitude de témoignages poignants.Elle se produira à  El Djem, à  Grenade, à  Séville, à  Athènes, pas moins ! Plusieurs fois au Théâtre municipal, au Centre culturel de Hammamet, chantant le traditionnel tunisien, les morceaux de Saliha ou une interprétation prodigieuse de « Alli Gara » de Oulaya. C’est qu’elle n’imite pas les grandes cantatrices, elle les porte en elle, dans la vibration de sa voix, dans les souffles de son corps. Elle interprète Oum Kalthoum, cela semble aller de soi, Najet ou Ouarda. Elle exécute des incantations soufi avec une humilité remarquable, elle chante en français, en espagnol ou en anglais avec un aplomb, en même temps qu’un engagement charnel dans l’exécution.Son style n’est pas intégré dans un format, d’où une certaine discrétion. Portées par une voix à  la fois enflammée et tempérée, les mélodies d’Ismahan ou de Faïrouz qu’elle chérit passent comme une ode grandiose d’une chanteuse passionnée à  ces cantatrices cultes. Une phrase du quotidien français Le Monde : « Dorsaf est une fleur, un don ». Et ailleurs, des éloges à  chacun de ses concerts. Actuellement, elle est sur une orbite. Chant du monde, lancée dans des projets avec le producteur de son premier album Accords croisés, autour des poésies de Omar El Khayem, en compagnie du chanteur iranien Alireza Ghorbani, dans une création intitulée « Ivresses », elle est aussi dans des expériences de création de Mélos qui réunit l’Espagne, la Grèce, la Tunisie. Nous embarquons à  ses côtés pour un voyage riche en découvertes.

A quand remonte votre premier voyage?
Il y a trente ans, à  6 ans en Allemagne. J’y suis allée avec ma sœur aînée après sa réussite à  la sixième année primaire. C’était un événement à  l’époque!

Votre dernier voyage et où ?
L’Inde du sud (Kerala), un très beau pays. C’est un autre monde, une autre civilisation, un pays riche en cultures (toutes sortes de cultures confondues) et en ce qui me concerne, la musique, bien-sûr, qui est d’une beauté divine. Ce qui m’a impressionnée, c’est la politesse et la douceur des Indiens et la tolérance qu’ils dégagent compte-tenu de leurs différences religieuses et aussi linguistiques. Enfin, si l’on se penche sur une recherche spirituelle, on n’ira pas ailleurs !

Votre voyage préféré parmi ces deux là  ?
J’aime bien les 2 : le premier est une découverte, les yeux et l’innocence de l’enfant ont fait de ce voyage un rêve inoubliable; en plus, en compagnie de ma sœur aînée avec qui j’ai toujours eu une belle complicité. Le deuxième est la découverte d’un pays et d’une civilisation très différente de la mienne, mais paradoxalement similaire aussi. Je suis encore sous l’effet de la fascination.

En avion, vous êtes plutôt première classe ou classe éco?
Tout dépend de l’état de l’avion et du service du personnel, autrement, çà  m’est égal !

Quel est votre principal trait de caractère ?
La joie de vivre. Ayant une âme d’artiste sensible à  tout ce qui m’entoure, j’essaie toujours de faire de ma vie des brefs (ou longs) moments d’exaltation où je touche l’extrême bonheur ou l’extrême mélancolie : tous deux susceptibles de me donner des frissons et des émotions.

Qu’est-ce qui vous fait rire ?
Les bonnes anecdotes ou souvenirs ludiques entre bons copains, un bon film comique.

La dernière fois que vous avez pleuré ?
J’étais en tournée, loin de mon fils pendant plus de 15 jours. Après une conversation téléphonique où il me demandait de rentrer immédiatement, j’ai fondu en larmes pendant des heures… l’amour maternel !

A quelle figure historique vous vous identifiez ?
Je ne m’identifie à  aucune figure historique, je ne me permettrais pas. Mais si vous me dîtes « à  quelle figure j’aimerais m’identifier », je dirai la Reine Sissi (pour choisir un personnage occidental) pour son grain de folie et sa forte personnalité ainsi qu’à  sa vie pleine d’événements (heureux et malheureux). Fairuz (pour la figure orientale) pour sa vigueur et le sérieux de son art et aussi pour sa présence impénétrable. Toute femme qui fait de sa vie un perpétuel laboratoire d’expériences où se mélangent sentiments, devoirs, réussite, illumination me fascine ! J’ai horreur des femmes faibles et effacée sans passé ni avenir qui vivent aux dépends des autres !

Votre chanteur préféré ?
Abdelhalim Hafez.

Et chanteuse ?
Il y en a 3, mais par ordre de préférence je dirais : Oum Kalthoum, Ismahan et Fairuz.

Quelle musique vous écoutez ?
J’aime varier mon écoute (toutes sortes de musiques : sacrée, musique ethnique, des symphonies célèbres, des ballades douces, du Brassens, etc. Je ne suis pas une personne à  choix unique.

Votre compositeur ?
Pareil. Mais en musique orientale, j’aime les compositions de Med Abdelwahab et des frères Rahabani. En Tunisie, ce sont les chansonnettes de Hédi Jouini. Pour l’Occident, j’aime le romantisme chez Mozart, Chopin, Carl Orff, Gustav Mahler.

La boisson que vous consommez le plus ?
Le café : je suis une grande accro au café. Une journée sans café est pour moi une journée fade et sans le petit plus qui donne du punch ! D’ailleurs, je souffre lorsque je séjourne dans des pays qui n’ont pas tradition de boire du bon café !

Votre plat préféré ?
Un bon poisson grillé et fraîchement pêché et toute sorte de nourriture ou plat sain ou, comme on dit de nos jours, bio. Mon estomac est devenu très exigeant et refuse qu’on lui donne n’importe quoi : en deux mots, je pense que l’art culinaire est aussi important que toute autre forme d’art dans la vie. Je me délecte d’un bon plat comme d’une belle œuvre d’art ! Par ailleurs, j’adore aussi varier les cuisines et goûter à  des cuisines du monde, expérimenter d’autres goûts et d’autres épices même si ça ne ressemble pas à  ce que j’aime.

Que détestez-vous par dessus tout ?
L’indifférence d’un individu, parce qu’une personne indifférente est une personne qui n’accorde aucune importance à  autrui et croit tout savoir. Par conséquent, il n’apprend rien. Je déteste aussi l’injustice et l’exploitation dans le monde, surtout envers les enfants.

Quelle est la qualité que vous préférez chez un homme ?
L’honnêteté : je préfère toujours qu’un homme me dise les choses clairement et franchement même si ça me fait mal que de me cacher ou me mentir car les conséquences peuvent être plus graves et douloureuses, donc impardonnables, ce qui engendre des blessures indélébiles.

Et chez une femme ?
J’aime beaucoup les femmes dégourdies.

Votre couleur préférée ?
Les tons de verts qu’on voit dans la nature. Sinon, j’aime les couleurs vives et je n’ai pas peur de mélanger les couleurs !

Quel disque emporteriez-vous sur une île déserte ?
Une compilation de toutes les musiques que j’aime : un beau classique de Med Abdelwaheb, une belle chansonnette fraîche de Fairuz pour un doux réveil, une chanson de Brassens et une autre d’Aznavour, un beau raga indien, une symphonie de Beethoven, une délicieuse ballade sud-américaine, une compil de Hédi Jouini, etc.

Et quel livre ?
Quelle tristesse lorsque je finis un livre, mais le seul que je relirai toujours sans hésitation est « Ahl el kahf » de Taoufik el Hakim, plein de sagesse et de philosophie sur nos questions existentielles. Sinon, je prendrais bien le coran et son interprétation. J’ai toujours voulu comprendre en profondeur les sens de certains versets qui me transcendent et m’intriguent !

Propos recueillis par
H. Hanachi

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