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Tunisie plaidoyer pour le budget

La sphère touristique tunisienne en est consciente : le budget de promotion de son secteur est très insuffisant par rapport à  ses ambitions et par rapport à  ce que la concurrence investit sur les mêmes marchés émetteurs.

Son industrie touristique a rapporté à  la Tunisie 3358 MDT (environ 1876 millions d’euros) en 2008. L’Etat n’en a réinjecté que 40 MDT (22 millions d’euros) dans le budget de promotion pour 2009, soit 1,2%. Il aura fallu une décision exceptionnelle émanant du président de la République pour consolider ce montant et le porter à  52 MDT (dont 4 MDT sous forme de soutien opérationnel apporté par les compagnies aériennes publiques Tunisair et Sevenair).

Pour se donner les moyens de leurs ambitions, les principaux opérateurs du secteur, à  travers leurs deux fédérations professionnelles (la FTH et la FTAV), en appellent depuis plusieurs années ouvertement aux pouvoirs publics d’indexer le budget aux recettes. L’argument avancé est le suivant : augmenter le budget de promotion pour faire accroître les recettes qui permettront d’améliorer la qualité du produit qui accentuera la compétitivité de la destination. Même si elle n’a rien de mathématique, cette équation théorique a au moins le mérite de justifier cette revendication.

Face au constat évident d’un produit en déclin, qui a pour conséquence de tirer les prix vers le bas, et d’une part de marché régionale en pleine érosion, le président de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie en appelait récemment, ni plus ni moins, à  doubler, voire à  tripler le budget de promotion. Il a eu droit à  l’approbation du ministre du Tourisme qui a promis que la requête serait étudiée lors de l’élaboration de la loi de finances pour l’année 2010.

Mais la vraie question qui se pose est : où trouver les fonds ? Première suggestion : instituer une taxe de séjour d’un montant d’une dizaine d’euros qui n’apparaîtra pas sur le prix du séjour mais qui sera systématiquement intégrée dans le package des T.O, sur le billet d’avion ou directement perçue à  l’arrivée. Deuxième théorie -plus tuniso-tunisienne : taxer tous les opérateurs tirant profit du tourisme (banques, compagnies aériennes charters, aéroports, restaurants…) de la même manière que le sont déjà  hôtels et agences de voyages.

Levée de boucliers en perspectives car on imagine encore difficilement que les concernés en acceptent l’idée et encore moins que le projet soit approuvé par les députés.

Jusque-là  encore, un vrai débat en profondeur a toujours été esquissé. Mais les inquiétudes liées à  l’arrière-saison et à  la prochaine saison hiver pourrait bientôt remettre le sujet sur la table avec plus d’accuité.

En substance, tout le monde est unanime sur le fait que le budget du tourisme, ainsi que sa méthode de gestion, doivent impérativement changer au risque de voir la destination Tunisie se faire coiffer au poteau de la concurrence méditerranéenne. Autre impératif : le budget de promotion ne peut plus être régi selon les règles de la gestion publique. La profession doit s’autofinancer et décharger l’Etat de ce point en créant une société chargée de sa gestion.

Finalement, les crises ont ceci de profitable qu’elles incitent à  la réflexion, provoquent des débats, font évoluer les mentalités… et parfois même les législations. Ce qui confirme l’adage qu’à  chaque chose malheur est bon.

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