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Tunisia Awards 2014 : le ministère du Tourisme remporte le trophée de l’amateurisme

N’est pas réalisateur d’événements prestigieux qui veut. A Yasmine Hammamet ce 27 septembre, coïncidant avec la célébration de la  Journée mondiale du Tourisme, le ministère du Tourisme organisait une opération de relations publiques de grande ampleur baptisée pompeusement « Tunisia Awards 2014 » afin de récompenser celles et ceux qui ont œuvré à la promotion de la destination (lire).

Sauf que les choses ne se sont pas déroulées tout à fait comme on s’y attendait. Ce même ministère du Tourisme avait annoncé quelques jours auparavant la présence de stars internationales à la soirée : Angelina Jolie et Antonio Banderas notamment. Excusez du peu ! (lire notre article à ce propos). Mais avant de provoquer cet effet d’annonce, le ministère aurait dû tourner sa langue 7 fois dans sa bouche car aucune des deux stars n’est finalement venue à Yasmine Hammamet. Angelina Jolie, que l’on disait pourtant en tournage à Malte, devait venir en avion privé pour assister à la cérémonie. « Elle est invitée au mariage de George Clooney à Venise » a finalement ironisé sur scène Dhafer El Abidine, l’un des co-animateurs de la soirée. Quant à Antonio Banderas, il est bel et bien venu en Tunisie mais uniquement lors de la matinée du 27 septembre où il s’est vu remettre son trophée par Mehdi Jomaâ, le chef du gouvernement. En définitive, le public (invité des 4 coins du monde par les représentants de l’ONTT à l’étranger) n’aura aperçu l’acteur espagnol que sur les écrans géants, délivrant un message d’excuse de n’avoir pas pu rester, puis s’étalant dans un long monologue grossièrement déguisé en interview qui a de toute évidence ennuyé tout le monde. Banderas a reçu un prix pour être resté en Tunisie en janvier 2011, malgré les circonstances de la révolution, pour les besoins du tournage de son film « L’Or noir » produit par Tarek Ben Ammar.

Faire la queue en smoking

A la base, l’événement « Tunisia Awards » devait se dérouler au sein de l’Empire Studios de Tarek Ben Ammar. A 24h du coup d’envoi, branle-bas de combat, le lieu de la cérémonie était modifié et le ministère du Tourisme se rabattait sur la grande salle de conférence de la Médina de Yasmine Hammamet. Risque météo a-t-on officiellement justifié. Risques sécuritaires nous a dit une autre source en off ! Et au niveau de la sécurité justement, Yasmine Hammamet avait, ce 27 septembre, les allures d’un camp retranché, ou presque, avec un déploiement de forces de l’ordre rarement vu.

Ensuite, à l’entrée de la salle, il y avait foule. En smoking et en robe de soirée, les invités ont dû longuement faire la queue pour que leur badge soit électroniquement identifié. Un lecteur de badge sur 2 fonctionnait mal, les agents se sont retrouvés débordés face à l’afflux d’invités. Première montée d’adrénaline. Ensuite à l’intérieur même de la salle, mises à part les premières rangées clairement réservées aux politiques et aux diplomates, les invités pouvaient s’assoir librement où bon leur semblait. Sauf qu’il y avait plus d’invités que de chaises. Cacophonie de nouveau.

Mais c’est sur scène que les dérapages organisationnels ont été les plus flagrants. Le ton a été donné par la ministre du Tourisme qui a parlé dans son speech introductif comme on s’adresserait à ses actionnaires dans une communication boursière : Amel Karboul a justifié sa méthode de travail et s’est félicitée des excellents résultats atteints par le tourisme tunisien cette année. Les opérateurs touristiques présents dans la salle n’en revenaient pas de ce discours bilan et de l’autosatisfaction affichée.

Des animateurs dépassés

Le concept de « Tunisia Awards » consistait à attribuer plusieurs trophées (lire). Dans les 7 catégories sélectionnées, trois nominés avaient au préalable été sélectionnés. Sauf que les deux animateurs de la soirée, le comédien Dhafer El Abidine et le mannequin Kenza Fourati, étaient de toute évidence mal préparés -ou bien avaient-ils été perturbés par des improvisations de dernière minute. Toujours est-il que leur prestation n’a pas été des plus brillantes. Les nombreux dérapages organisationnels n’ont échappé à personne. Amel Karboul a dû remonter sur scène de son propre chef interrompre les animateurs pour expliquer pourquoi tel prix avait été attribué à telle personne ou association. Tarek Ben Ammar lui-même est intervenu à maintes reprises micro en main pour replacer les événements dans leur contexte, ajouter des anecdotes et présenter certains VIP qui défilaient sur scène incognito.

Les animateurs de la soirée, eux, étaient bien incapables de dire qui était qui et qui faisait quoi. Et de toutes les façons, au fond de la salle, le son était tellement mauvais que les présents n’ont pu saisir ce qui se disait avec distinction. A la sortie, il est évident que le public était amer. « Même pas une image pour nous montrer les établissements récompensés, même pas une présentation du parfait inconnu qui a reçu le trophée Didon (remis à la personne ayant contribué à la promotion de l’image de la Tunisie), même pas un extrait du reportage qui a valu à une journaliste chinoise le prix Hasdrubal ».

Finalement, la plupart des trophées a été attribuée dans la précipitation. On aura retenu que le tour-opérateur Detur a été récompensé, de même que la chaîne hôtelière Hasdrubal et du gîte touristique de Tozeur Diar Abou Habibi. TripAdvisor, le site américain de notation touristique, représenté par son directeur pour l’Europe, a fait le choix d’attribuer à Houmet Souk le trophée de la meilleure zone touristique en Tunisie. Un choix qui a fait grincer des dents quand on sait que la veille, Houmet Souk était en grève et que des touristes avaient rencontré de grosses difficultés à prendre leur avion (lire). Amel Karboul, intervenant de nouveau sur scène, n’a pas manqué de souligner qu’il n’était pas question d’interférer dans les choix établis.

Heureusement que dans cette ambiance cacophonique, l’humoriste tunisien résident en France Nidhal Saâdi et le jeune illusionniste plein de talent Anis Gharbi ont égayé un tant soi peu l’atmosphère. Finalement, la cérémonie aura été à l’image du tourisme tunisien, bidouillée, bricolée, trop improvisée. Si le ministère du Tourisme envisage de renouveler l’expérience, il se devra de confier l’organisation à des professionnels dont c’est le métier. Sa seule bonne volonté est de toute évidence loin d’être suffisante.

Hédi HAMDI

 

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