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Tunis, ton tourisme bat de l’aile

Entre tourisme de ville, balnĂ©aire, culturel, sportif ou d’affaires, Tunis n’offre toujours pas une animation à  la hauteur de sa rĂ©putation et de son potentiel. De plus, la capitale demeure en quĂŞte perpĂ©tuelle d’une vocation et d’une identitĂ© spĂ©cifique.

Dossier réalisé par Hédi HAMDI
Les nostalgiques vont parleront de la belle Ă©poque : le MĂ©ridien au centre-ville, l’hĂ´tel Salwa à  Borj CĂ©dria, la Baie des Singes, le Megara et l’Abou Nawas à  Gammarth. Des hĂ´tels presque mythiques, qui firent les beaux jours du tourisme et de l’animation para-touristique dans le Grand-Tunis au cours des annĂ©es 70 et 80. Ils vous parleront de ses cafĂ©s animĂ©s, de ses orchestres de rue, de ses théâtres. Aujourd’hui, le paysage culturel et touristique de la capitale et de ses environs a complètement Ă©tĂ© bouleversĂ©. L’offre d’hĂ©bergement est devenue très vaste allant des hĂ´tels non classĂ©s proposant un produit minimaliste aux Ă©tablissements prestigieux de catĂ©gorie 5 Ă©toiles.
Mais l’offre touristique de Tunis, ne se limite pas à  ses hĂ´tels. Tunis, c’est aussi un patrimoine culturel, historique et archĂ©ologique de très grande valeur ; un littoral maritime de plusieurs dizaines de km. Ce sont Ă©galement deux parcours de golf, un port de plaisance, un port de croisières, des centres de thalassothĂ©rapie et de remise en forme, etc. Ce sont des festivals de dimension internationale : Carthage en Ă©tĂ©, la mĂ©dina pendant Ramadan, JournĂ©es cinĂ©matographiques et théâtrales par alternance en automne, sans parler des centaines de manifestations culturelles en tous genres qui ponctuent les 52 semaines de l’annĂ©e. MalgrĂ© cette apparence richesse et cette supposĂ©e diversitĂ©, Tunis souffre. Elle souffre d’une animation touristique finalement très faible si on la compare à  d’autres capitales. La problĂ©matique a fait rĂ©cemment l’objet d’une table ronde à  l’initiative de la très dynamique Association de dĂ©veloppement touristique (plus connue sous le nom des Anciens du tourisme). Son prĂ©sident, Lotfi Khayat, l’a d’ailleurs soulignĂ© à  juste titre : « le tourisme à  Tunis dispose d’avantages que d’autres villes n’ont pas. C’est d’abord une porte d’entrĂ©e aĂ©rienne et maritime et aussi une destination prisĂ©e des excursionnistes sĂ©journant à  l’intĂ©rieur du pays. Elle dispose d’une capacitĂ© hĂ´telière importante et d’un large potentiel d’offres ».

LA BELLE AU TOURISME DORMANT
Il ne fait pas bon se promener dans Tunis après 20h tellement l’ambiance y est pesante (au moins 9 mois sur 12). Commerces fermĂ©s, habitants frileux, transports en commun se rarĂ©fiant, touristes retranchĂ©s dans leurs hĂ´tels. Pourquoi la capitale n’arrive-t-elle pas à  resplendir la nuit tombĂ©e, bien que jouissant d’une sĂ©curitĂ© que d’autres capitales lui envient ? Comment faire pour sortir de cette lĂ©thargie et surtout par quel bout commencer ? On sait qu’en 2005, l’ONTT avait engagĂ©, à  travers sa direction des Etudes et des Participations, une Ă©tude sur la question, mais son principal maĂ®tre d’Ĺ“uvre est finalement parti à  la retraite avant que celle-ci n’aboutisse ! Du cĂ´tĂ© de la FTH, on a pensĂ© Ă©galement lancer une Ă©tude sur le dĂ©veloppement touristique du Grand-Tunis. Information confirmĂ©e par Hamouda Ben Ghachem, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration rĂ©gionale de l’hĂ´tellerie de Tunis-Carthage et Bizerte, qui prĂ©cise cependant que la FTH est en attente des financements de l’administration du Tourisme pour pouvoir l’entamer.
L’hĂ´tellerie à  Tunis Ă©galement ne se porte pas bien. Du moins pas comme on le souhaiterait. Mis à  part quelques Ă©tablissements qui Ă©mergent du lot, le taux d’occupation des hĂ´tels et la moyenne de sĂ©jour y sont ridiculement bas. Plus bas qu’à  Tozeur, presqu’aussi bas qu’à  Tabarka, rĂ©gions de l’intĂ©rieur considĂ©rĂ©es comme en grandes difficultĂ©s touristiques. Par quel tour de passe-passe la capitale d’un pays rĂ©putĂ© touristique, fort d’une longue tradition et d’une solide expĂ©rience en la matière, a-t-elle rĂ©ussi le miracle de se situer au bas de l’Ă©chelle des performances touristiques nationales ? Pour NĂ©bil Sinaoui, directeur gĂ©nĂ©ral de l’hĂ´tel Regency à  Gammarth, « les statistiques sont le rĂ©sultat de la coexistence d’hĂ´tels à  vocations incomparables ». A juste titre, ce ne sont pas les grandes enseignes qui font dĂ©faut à  Tunis : Sheraton, Concorde, Golden Tulip, Mövenpick, aux cĂ´tĂ©s d’autres labels locaux tout aussi prestigieux, offrent des produits aux standards des palaces internationaux. NĂ©anmoins, les congrès qu’ils abritent sont encore de petite ou de moyenne taille en l’absence de salles de grandes capacitĂ©s. Sur toute la longueur des CĂ´tes de Carthage, on ne compte par exemple que quatre salles capables d’accueillir 450 personnes tout au plus (El Mouradi, Regency, Golden Tulip Carthage et Karthago).

LA FAUTE A PAS DE CHANCE ?
A la diffĂ©rence des autres rĂ©gions oĂą le tourisme est rĂ©gi par les tours-opĂ©rateurs, l’hĂ´tellerie de la capitale est presque totalement dominĂ©e par le tourisme d’affaires et les sĂ©jours de passage. « A force d’avoir trop fondĂ© sur l’hĂ´tellerie balnĂ©aire, nous avons crĂ©Ă© un dĂ©sĂ©quilibre sur Tunis. ConsĂ©quence : nous n’avons pas de tourisme de capitale » reconnaĂ®t Ahmed Slouma, ancien directeur gĂ©nĂ©ral de l’ONTT et membre de l’ATDT. Tourisme de capitale ! La formule est dite. Dans ce contexte, on aurait attendu en premier lieu du Syndicat d’initiative de Tunis qu’il joue le rĂ´le de locomotive, comme son nom l’indique et sa vocation le stipule. Aux dernières nouvelles, il serait sans domicile fixe et serait occupĂ© à  quĂ©mander auprès du ministère de la Culture un toit pour abriter ses activitĂ©s (qui se limitent à  l’organisation d’une course annuelle de garçons de cafĂ©s sur l’avenue Bourguiba).
La problĂ©matique de l’animation touristique à  Tunis ne se rĂ©sume pas à  quelques faits. Il s’agit en rĂ©alitĂ© d’une combinaison de facteurs. Mounir Ben Miled, patron de l’hĂ´tel Les Ambassadeurs, a, lui, identifiĂ© une autre problĂ©matique de taille : « il manque à  Tunis un monument illustre qui symboliserait la ville ». Et à  ceux qui lui parlent de Carthage et de sa symbolique, M. Ben Miled leur rĂ©torque : « nous avons des pierres historiques certes. Mais si nous ne savons pas les faire parler, elles ne servent à  rien ».La table ronde organisĂ©e par les Anciens du tourisme a Ă©galement Ă©tĂ© une occasion de soulever d’anciennes idĂ©es jamais dĂ©veloppĂ©es, notamment celles des magasins qui vendent en devises. Autre sujet dans les cartons, celui de la vente en hors taxes pour les Ă©trangers non-rĂ©sidents. Le modèle est en vigueur en Europe et la Tunisie pourrait s’en inspirer en l’adaptant à  son Ă©chelle et à  ses considĂ©rations fiscales. La fameuse rĂ©trocession de la TVA serait sans aucun doute un stimulant au tourisme de shopping dont la capitale serait la plus grande gagnante.
Aujourd’hui, beaucoup d’espoirs sont fondĂ©s sur le mois de Ramadan. Le fait qu’il coĂŻncide avec l’Ă©tĂ© pendant plusieurs annĂ©es, constitue certainement une aubaine pour mettre sur les rails un programme d’animation nocturne que les opĂ©rateurs touristiques pourraient exploiter à  des fins de commercialisation. En attendant peut-ĂŞtre que l’open sky ne draine une nouvelle clientèle à  travers l’avènement d’Ă©ventuelles low cost. Mais si Tunis s’accroche à  cet unique espoir, elle continuera de rĂŞver encore longtemps.

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