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Séniors et personnes à mobilité réduite : des niches à développer pour le tourisme en Tunisie

©Destination Tunisie- Comment rendre les services touristiques accessibles aux personnes à mobilité réduite, aux handicapés et aux séniors ? Des associations représentant la société civile et les professionnels du tourisme paraissent plus que jamais sensibilisés et même convaincus de l’exigence de prendre en considération les besoins spécifiques des personnes âgées ou en situation de handicap. Car d’une part, ces personnes ont parfaitement le droit d’accéder, comme tout le monde et malgré leurs déficiences physiques, au tourisme et aux loisirs, et d’autre part, ce créneau pourrait constituer une manne formidable pour le secteur touristique en Tunisie.

C’est dans ce sens que l’initiative de l’Association canadienne SOLIDEVE International (Solidarité pour le Développement International) et l’Association tunisienne CUASDD (Club UNESCO ALESCO pour le Savoir et le Développement) qui, dans le cadre d’un partenariat avec l’agence de voyages Orbitravel et la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV), ont organisé mardi 24 juin un workshop autour du thème « Accessibilité Pour Tous ».

Le thème est en effet complexe et les enjeux sont de taille du fait, entre autres, des opportunités que l’exploitation de ce créneau pourrait créer en termes de synergies, de rentabilité, d’emploi et de valeur ajoutée dans le tourisme et à l’échelle de tout le pays. Par ailleurs, le manque accablant en matière de structures pour handicapés en Tunisie a rendu le débat plus délicat, surtout par rapport aux défenseurs des droits des personnes en situation de handicap qui peinent à sensibiliser la société civile et les pouvoirs publics autour des difficultés de leur intégration dans la vie publique, à l’instar de Maoudoud Lotfi, président de l’Association RIHEN, qui œuvre depuis quarante ans en faveur des personnes handicapées.

Le tourisme pour tous : une poule aux œufs d’or

Avec le vieillissement croissant de la population et le nombre considérable de personnes à mobilité réduite, qui s’élève aujourd’hui à 850 millions dans le monde, le tourisme en Tunisie a assurément du pain sur la planche pour peu qu’il s’intéresse à ce segment. L’intérêt pour développer le créneau de « l’Accessibilité Pour Tous » et d’élargir le spectre potentiel du marché touristique est incontestablement important que ce soit d’un point de vue commercial, économique ou social. « La coopération associative, notamment avec SOLIDEVE, et la consolidation des ponts entre le Canada et la Tunisie ne peuvent que s’en trouver améliorées » a souligné Sébastien Beaulieu, ambassadeur du Canada en Tunisie, présent au workshop. « D’autres ponts de coopération verront certainement le jour », a-t-il ajouté, en lançant une invitation à son auditoire pour participer au premier sommet mondial « Destinations Pour Tous » qui se tiendra au mois d’octobre à Montréal.

« Le développement de l’accessibilité doit toucher toute la chaîne touristique et cette notion devrait être intégrée dans une politique nationale de tourisme durable de façon à ce que cela devienne un droit généralisé », a relaté par ailleurs Dorra Jaloul, présidente de SOLIDEVE International, en rappelant que les recommandations de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) de 2013 arguent toutes dans ce sens. Et, à Dorra Jaloul de nous révéler que 11 % des touristes en Australie sont des personnes à mobilité réduite et 12 % au Royaume Uni. Par conséquent, le touriste étranger ou tunisien, âgé ou à mobilité réduite, doit trouver, tout au long de son séjour et depuis sa descente de l’avion ou du bus, un accueil adapté à son âge (ou à sa déficience) et des prestations à disposition en autonomie maximale. « N’oublions pas que les personnes de plus de 60 ans représentent un segment important pour le tourisme du fait qu’ils disposent d’un pouvoir d’achat important et qu’ils se déplacent à n’importe quelle période de l’année », a encore confié Dorra Jaloul.

Tout laisse donc entendre que les plus de 60 ans constituent un formidable créneau pour lutter contre la saisonnalité dont souffre le secteur du tourisme. Dans le même enchainement d’idées, et pour appuyer davantage les précédents intervenants, Nadia Ketata, directrice générale d’Orbitravel, n’a pas hésité à mettre l’accent sur l’aspect rentabilité de ce projet en soulignant « qu’il s’agit d’un créneau porteur qui nous permettra d’avoir des saisons touristiques plus longues, avec bien entendu, plus de visiteurs ». « Nous devons tous saisir cette opportunité et la développer sur le plan commercial » a-t-elle ajouté. « Nous devons appréhender le projet comme étant une alliance entre le business et l’humain, dans une optique gagnant-gagnant », a-t-elle aussi déclaré, pour rassurer ceux qui réduisent cette initiative à une vulgaire exploitation commerciale de l’handicap…

Des propositions concrètes pour la mise en œuvre du projet

La perspective de mettre en œuvre en Tunisie un projet pilote en matière d’accessibilité aux services touristiques pour tous a fini par séduire tout l’auditoire. Pour la concrétisation rapide de ce projet, et de manière plus pragmatique, Boubaker Houman, président du CUASDD, a lancé un appel à propositions à tous les participants qui, d’ailleurs, n’ont pas trop tardé à y répondre. Parmi les suggestions qui ont été avancées, nous avons principalement retenu qu’il faudrait :

– Une meilleure adhésion entre les différents partenaires touristiques notamment la FTH (Fédération tunisienne de l’hôtellerie), l’OACA (Office de l’aviation civile et des aéroports) et la FTAV.
– Créer un véritable support promotionnel autour de ce projet et constituer, sur le court terme, un comité d’organisation qui veille à la bonne coordination du projet.
– Impliquer davantage les prestataires de services publics, privés ainsi que les services d’assistance en améliorant le partenariat entre le public et le privé.
– Mobiliser le maximum d’associations dans le cadre d’une stratégie nationale de conscientisation de toute la société civile.
– Assurer un suivi régulier de toutes les actions dans tous les ministères concernés : Transport, Aménagement, Tourisme, Affaires sociales, Développement, etc.
– Favoriser et renforcer l’application des mesures qui existent déjà au niveau de la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées.
– Lancer des pages médiatiques et organiser des journées d’information dans les villes et les villages pour permettre une diffusion optimale de l’information.
– La mise en circulation de 24 bus équipés pour handicapés dans les 24 gouvernorats et faire en sorte qu’ils desservent des circuits incluant des établissements hôteliers.
– Equiper de manière urgente les plages pour qu’elles soient désormais accessibles aux chaises roulantes.

Avec un peu d’enthousiasme et de bonne volonté, ces mesures devraient indéniablement faciliter l’ancrage logistique de « l’Accessibilité Pour Tous » à travers ce premier projet pilote et garantir aux différents partenaires concernés une meilleure implication au niveau de toute la chaîne touristique et de toute l’économie du pays. Puisse l’avenir proche montrer que le tourisme tunisien sera capable de relever tous ces défis pour créer la dynamique espérée et devenir réellement une locomotive à laquelle pourront s’amarrer tous les autres domaines.

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