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Salwa Essghaier, débarquée de Tunisair en moins d’un an

Salwa Essghaier ne verra pas arriver les premiers Airbus A.330 qui équiperont la flotte de Tunisair en mai et juin prochains. Du moins pas de son fauteuil de PDG de Tunisair puisque le ministère du Transport a annoncé le 2 avril courant son remplacement moins d’un an après son arrivée.

Salwa Essghaier avait été nommée à la tête de la compagnie aérienne publique dans le cadre d’un vaste changement touchant également les postes de DGA et de secrétaire général. Ces deux derniers ont été maintenus, signe donc que l’autorité de tutelle n’a pas été satisfaite du rendement de la première responsable de Tunisair « qui sera appelée à d’autres fonctions » pour reprendre la formule consacrée dans le communiqué.

Salwa Essghaier avait été nommée le 27 mai 2014 à la présidence du groupe Tunisair en remplacement de Rabeh Jerad qui avait choisi alors de démissionner. On dit de Madame Essghaier qu’elle était une proche du chef de gouvernement d’alors, Mehdi Jomaâ, qui lui avait offert ce poste prestigieux en reconnaissance des services rendus quand il était à la tête du ministère de l’Industrie, département d’origine de Mme Essghaier.

Gérer les filiales

Mais le fait est que piloter un groupe comme Tunisair et ses 8800 salariés toutes filiales confondues était loin d’être un jeu d’enfant, encore moins une partie de plaisir, en particulier pour une personne n’ayant aucune connaissance du secteur de l’aérien. Quand bien même Salwa Essghaier est reconnue comme étant une grande commis de l’Etat, le dossier Tunisair était de toute évidence trop gros pour elle. Durant ses 10 mois de présidence, et malgré les efforts qu’elle a tentés, la situation -déjà peu reluisante- de la compagnie nationale s’est encore aggravée à tous les niveaux.

Sur le plan social tout d’abord, il semblerait qu’elle ait été obligée de consacrer le plus clair de son temps à négocier avec les syndicats, notamment pour arrêter les modalités de départs volontaires à la retraite de 1700 salariés dans le cadre du plan de redressement mis en place. Un processus qui aurait lamentablement échoué puisque le nombre de personnes ayant accepté de quitter l’entreprise était de moins de 300, et toutes aux portes de la retraite.

Sur le plan du catering ensuite, et malgré les signes avant-coureurs laissant entrevoir un pourrissement de la situation de la filiale chargée de cette activité, elle n’aurait pas pris les devants ni anticipé sur la tournure des choses, ce qui fait qu’à bord des avions de Tunisair, on sert depuis le 1er mars 2015 aux passagers un sandwich et une confiserie industrielle même en business class.

Spoliation de bagages

Autre fait marquant de la gouvernance Essghaier, la mise à l’écart du directeur général de Tunisair Handling qui se battait comme un beau diable contre les démons de cette filiale gangrenée par de vieilles procédures, aggravées par un phénomène de vols dans les bagages comme jamais l’aéroport Tunis-Carthage n’en avait vécu de toute son histoire. Dans les couloirs de Tunisair, on raconte que ce haut cadre avait dénoncé tout haut ce qui se trame tout bas, chose qui aurait déplu en haut lieu.

Salwa Essghaier partie, chez Tunisair, on lui reproche également ses multiples déplacements à l’étranger pour des missions qu’elle aurait parfaitement pu confier à ses subalternes, notamment dans des affaires liées à des associations de transporteurs aériens qui sont purement protocolaires. Elle aurait donc consacré plus de temps qu’il ne le faut à des dossiers loin d’être prioritaires.

Comme le veut la tradition, sa photo trônera certes aux côtés de ses prédécesseurs dans la grande salle de réunion au 5e étage du siège de la compagnie, mais l’on ne retiendra d’elle qu’une chose: elle fut la première femme à occuper le poste de PDG. Sans plus.

Donia Touihri

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