Quelques vérités bonnes à  dire concernant le marché touristique russe sur la Tunisie Reviewed by Momizat on . Imed El Hani est un tour-opérateur d'origine tunisienne opérant à  partir de la Russie. Certes, ce n'est pas le plus grand voyagiste du marché, mais il est cert Imed El Hani est un tour-opérateur d'origine tunisienne opérant à  partir de la Russie. Certes, ce n'est pas le plus grand voyagiste du marché, mais il est cert Rating:
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Quelques vérités bonnes à  dire concernant le marché touristique russe sur la Tunisie

Imed El Hani est un tour-opérateur d’origine tunisienne opérant à  partir de la Russie. Certes, ce n’est pas le plus grand voyagiste du marché, mais il est certainement très bien placé pour analyser ses points forts et ses points faibles. En 2012, « Travel Plus », nom donné à  son entreprise, aura fait voyager 9000 Russes au départ de Moscou et 3500 au départ de St Petersbourg dans un contexte particulièrement favorable, non pas pour l’attractivité de la Tunisie mais pour les raisons qu’il ne manque de dévoiler dans l’interview ci-dessous accordée à  Destination Tunisie.

Comment jugez-vous la belle performance réalisée par le marché russe qui a dépassé la barre des 250.000 touristes cette année ?

Cela fait des années qu’on attend une révolution sur le marché russe. Les Russes sont la clientèle qui dépense le plus ; elle est une bonne consommatrice de thalassothérapie et elle participe beaucoup aux excursions. Malgré tout cela, le marché russe reste marginalisé vu qu’il n’a jamais eu la part de communication qu’il mérite, sachant que l’on dépense des sommes folles destinées à  la communication en Europe. Il est vrai que le nombre de visiteurs russes cette année était important, mais si nous lui avions consacré une petite enveloppe pour la communication, les résultats auraient été nettement meilleurs. Il faut avouer cependant que cette bonne performance réalisée est en grande partie due à  la récession qu’a connue la destination égyptienne qui reçoit 3 millions de touristes russes chaque année. Si dorénavant la situation s’arrange en à‰gypte, j’ai énormément peur que le nombre de Russes en Tunisie ne chute.

Concrètement, quelles sont ces difficultés ?

Je parle notamment du manque de soutien de l’ONTT. Les T.O opérant sur le marché russe font un travail de titan avec des moyens très modestes sans qu’ils soient soutenus par le ministère. Ajoutant à  cela, la mauvaise qualité de services ainsi que le mauvais traitement du client russe, toujours considéré comme la cinquième roue de la charrette. Je suis sûr qu’on va laisser tomber ce marché si les marchés traditionnels reprennent. Les relations avec les agences de voyages et les hôtels en Tunisie sont catastrophiques. À l’extérieur, dans les foires, les hôteliers ne respectent pas leurs partenariats avec les agences de voyages, ils essayent toujours de vendre leurs propres produits alors qu’il s’agit de vendre toute la Tunisie. Ils ont aussi tendance à  travailler avec des agences étrangères en leur faisant des tarifs spéciaux au détriment des agences tunisiennes. Il m’arrive de travailler comme intermédiaire entre les hôtels et quelques T.O, certains hôteliers me négligent pour aller proposer des tarifs spéciaux au T.O directement. De tels comportements font douter nos partenaires de notre crédibilité. Autre problème : je me demande toujours pourquoi le trafic aérien vers la Russie est interrompu pendant la saison hivernale. Tout simplement parce que la Tunisie n’a rien à  offrir aux Russes. La Tunisie est une station balnéaire et tout s’arrête là .

D’après vous, pourquoi sommes-nous en retard par rapport à  l’à‰gypte ?

Après la chute de l’Union Soviétique et quand les Russes ont commencé à  voyager, on était au même niveau que l’à‰gypte et la Turquie en termes de réalisations. L’à‰gypte a réussi parce qu’elle est arrivée, grâce à  un grand travail de communication et au soutien à  l’aérien, à  pallier la réticence de ces derniers pendant la saison estivale, essentiellement due à  la hausse de la température, pour devenir ainsi leur deuxième destination estivale après la Turquie, alors que nous avons stagné en abolissant tout investissement sur ce marché.
Auparavant, la compagnie russe Aeroflot atterrissait 4 fois par semaine à  l’aéroport Tunis-Carthage ; deux vols Moscou-Tunis, un vol Moscou-Tunis-Rio de Janeiro et un vol Moscou-Tunis-Bamako. Ils ont été tous annulés sans que personne ne remette cela en cause. Les compagnies aériennes tunisiennes ne prennent jamais le risque, elles ne volent que lorsqu’elles font le plein, ce qui n’a jamais été le cas en à‰gypte. Sans oublier les retards très fréquents de Tunisair. Tout cela se répercute très négativement sur l’image de notre destination. Indépendamment de tout cela, nous n’avons pas de relations politiques suffisamment étroites avec les Russes. Notre communication vers le marché russe se limite à  la foire qui se tient au mois de mars de chaque année en Russie.

 Propos recueillis par 

Nidhal Adhadhi

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