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Pour réconcilier les agences de voyages billettistes et l’IATA, le PGS à  la rescousse

La tension ne faiblit pas dans le secteur de la billetterie aérienne en Tunisie : au cours des 6 dernières semaines, encore une douzaine d’agences de voyages se sont vu privées par l’IATA, la toute puissante Association internationale du transport aérien, de pouvoir émettre des billets d’avion. Certaines l’ont été temporairement, d’autres malheureusement pas. Le scénario n’est certes pas nouveau et depuis au moins deux ans, les professionnels du secteur sont au bord de la crise de nerf. Car l’IATA, en sa qualité de recouvreur financier pour le compte des compagnies aériennes, a durci le ton avec le marché tunisien en exigeant des agences de voyages locales d’énormes garanties financières en contre-partie de l’autorisation de vendre des billets d’avion. Le montant des cautions déjà  apportées par les agences aurait atteint la barre des 30 MD, autrement dit une somme faramineuse pour des entreprises qui sont, dans leur écrasante majorité, des PME souvent familiales pour qui la billetterie constitue un produit d’appel.

Une lueur d’espoir cependant : l’IATA aurait réagit (favorablement ?) à  un projet de sécurité financière élaboré sous l’égide de la Fédération tunisienne des agences de voyages (la FTAV). En réalité, ce projet, dans sa dernière mouture, a été transmis à  l’IATA en décembre 2012. Et ce n’est que le 7 août dernier que celle-ci a daigné répondre à  la proposition de la partie tunisienne. «Il a fallu que nous usions de notre lobbying auprès des instances internationales, notamment la FUAAV» rapporte Mohamed Ali Toumi, président de la FTAV, qui ne cache pas son exaspération face à  la situation qui prévaut dans le secteur. «Tous les jours, il y a des agences de voyages à  qui l’on retire l’agrément IATA et qui se retrouvent dans l’impossibilité de travailler», précisant que «les relations avec les compagnies aériennes sont bonnes mais que les problèmes existants sont créés par l’IATA».

Une planche de salut pour le secteur ?

Le projet de sécurité financière, baptisé PGS (Programme de Garantie Solidaire) permettra aux agences qui y adhèreront de s’affranchir des cautions individuelles exigées par l’IATA. Les compagnies aériennes encaisseront désormais leurs dûs à  échéance, outre la réduction des litiges et des coûts juridiques pour le recouvrement des créances. Le mécanisme, élaboré par la CAAM (Compagnie arabe d’assurance maghrébine), cabinet de Risk Management opérant en tant que conseiller pour la FTAV, repose sur trois intervenants : une banque (l’ATB), une compagnie d’assurance (la Lloyd) et un logisticien. Il s’agit concrètement d’un fonds qui sera alimenté progressivement par les agences de voyages via un droit d’entrée et des cotisations annuelles. En fait, le PGS dans sa nouvelle version (l’idée avait vu le jour une première fois en 2006 !) est décrit par Taïeb Laâribi, directeur général de la CAAM, comme «l’aboutissement d’âpres négociations et d’adaptations multiples». En définitive, il va s’agir d’une forme de coopérative au sein de laquelle seront invitées les 230 agences de voyages tunisiennes agréées IATA. Son capital atteindra un niveau de maturation quand il arrivera à  un certain palier correspondant au montant du risque évalué, sachant que le chiffre d’affaires global de la billetterie aérienne en Tunisie gravite autour des 300 MD annuellement. En cas de sinistre d’une agence, c’est donc le PGS qui couvrira le défaut de paiement.

Restent cependant encore plusieurs inconnues dans ce dossier : l’IATA va-t-elle accepter le principe de cette coopérative qui implique des établissements d’envergure tels l’ATB dont le rating correspond aux critères internationaux ? Quel sera le taux d’adhésion des agences de voyages, sachant que certaines d’entre-elles (40%) sont peu (ou pas encore) concernées par les cautions financières ? «C’est pourtant la meilleure option», insiste Mohamed Ali Toumi, qui pointe du doigt les agences qui s’opposent au projet parce qu’elles n’acceptent pas le principe de devoir s’acquitter d’un droit d’entrée. Certes, le PGS n’est pas une obligation en soi pour les agences et celles qui préféreront s’acquitter individuellement de leur caution seront libres de ne pas adhérer au projet. Sauf que sa réussite passera inéluctablement par une solidarité interprofessionnelle pour que la corporation cesse d’être continuellement prise en défaut par une tierce partie intraitable.

Hédi HAMDI

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