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Menace sur le patrimoine culturel et religieux tunisien

Menace sur le patrimoine culturel et religieux tunisien

Alors que tous les pays du monde se targuent de préserver leur patrimoine historique et en faire un capital promotionnel, la Tunisie détruit le sien. Le 16 octobre courant, des cagoulés ont incendié un édifice historique qui remonte à  9 siècles et amputé une partie de notre mémoire commune. Il s’agit d’un mausolée situé à  La Manouba, dans les faubourgs de Tunis, appelé sanctuaire de Saïda Manoubia (1180-1257), une sainte des plus vénérées en Tunisie et des plus rares dans les sociétés arabes typiquement masculines où la religion a toujours été le pré-carré des hommes. Un sanctuaire qui témoigne d’une tolérance originelle et exceptionnelle de cette terre à  l’égard de la femme.

Le mausolée de cette femme, dont les histoires ont fasciné le fameux Paolo Coelho, a donc été incendié. Et comme cela était prévu, la nouvelle s’est répandue à  une vitesse exceptionnelle sur la toile mais aussi sur les médias français. En évoquant l’affaire, la version électronique du journal français « Le Nouvel Observateur » a mis la Tunisie sur le même piédestal que l’Afghanistan et le Mali en entamant son article ainsi : « Après l’Afghanistan, et hier Tombouctou au Mali, cette fois, c’est en Tunisie qu’un mausolée de saint du XIIIe siècle, vient d’être détruit… ». Le journal n’a pas hésité de préciser que ce genre d’attaques est en vogue dans le pays, citant trois autres actions du même type menées ces derniers mois dans la région de Zaghouan, au Cap-Bon et du côté de Matmata dans le gouvernorat de Gabès.

Interrogé par le même journal, Francesco Bandarin, directeur du Centre du Patrimoine Mondial de l’Unesco, a considéré que ces actions doivent être condamnées et poursuivies en tant qu’actes terroristes par les institutions nationales et internationales. Les extrémistes religieux qui s’opposent aux pratiques soufis, les considérant comme contradictoires à  l’islam, sont souvent à  l’origine de ces attaques.

Très peu poursuivis, et face à  la passivité des autorités face à  leurs multiples attaques qui les a encouragés à  continuer dans leur violence, leurs auteurs apparentés salafistes, bénéficient de toute évidence d’un semblant d’immunité. Pour preuve, comment la profanation du mausolée de l’ex- président Bourguiba à  Monastir a été justifiée par la vice-présidente de l’assemblée constituante Mehrzia Laâbidi !

Auparavant volé par les trafiquants de pièces archéologiques, violé par les constructions immobilières dans les zones classées, aujourd’hui mal-exploité dans le tourisme et cible des attaques de béotiens religieux, notre patrimoine est-il condamné à  être mis aux oubliettes, marginalisé et, le cas échéant, détruit par des obscurantistes sans que personne ne s’en émeuve ?

 Nidhal Adhadhi

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