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Les professionnels du tourisme battent le pavé pour eux-mêmes… et pour leurs collègues absents

Samedi 16 juin, les deux fédérations professionnelles du tourisme, FTH et FTAV, soutenues par le syndicat UGTT ainsi que par celui des guides touristiques et des artisans, ont organisé une marche symbolique au centre ville de Tunis pour dénoncer les dernières violences en Tunisie qui ont eu pour conséquence un arrêt des réservations pour l’été vers la destination, et notamment au départ du marché français. Si l’on ne peut pas évaluer avec exactitude le manque à  gagner que la mise en place du couvre-feu pendant deux jours a provoqué sur le tourisme tunisien, on estime cependant qu’il est arrivé au plus mauvais moment, à  15 jours du démarrage de la haute saison et au moment même où les ventes last minute tournaient à  plein régime.

Face à  ce constat, les professionnels ont décidé de descendre dans la rue pour faire entendre leur voix. Le principal message était destiné au ministère de l’Intérieur pour lui dire : « appliquez la Loi à  l’égard de ceux qui ne la respectent pas et vous avez notre soutien ». L’autre message était de sensibiliser l’opinion publique à  l’importance du secteur touristique dans la dynamique économique du pays. Quand on sait que le tourisme emploie directement 400.000 personnes et nourrit entre 1,5 et 2 millions de Tunisiens indirectement, on mesure la nécessité pour le secteur de ne pas être entaché par des facteurs sécuritaires.

Le tourisme, victime collatérale

Les troubles survenus en Tunisie entre le 10 et le 14 juin n’avaient aucun lien avec le tourisme. A aucun moment, des touristes n’ont été touchés ou visés. A aucun moment des entreprises touristiques ont été prises pour cible. Mais c’est l’activité touristique qui en a subi les conséquences les plus graves. C’est pour cette raison que les professionnels ont décidé de descendre dans la rue, pour la première fois depuis la révolution. Le cortège s’est rassemblé à  10h du matin devant le siège du ministère du Tourisme. Au même moment, plusieurs dizaines de véhicules touristiques s’étaient garés tout au long de la contre-allée de l’avenue Mohamed V pour bien marquer la présence de la profession. Les bus et mini-bus étaient venus de plusieurs régions et même de Djerba et de Tozeur spécialement pour la circonstance. La manifestation, qui se voulait pacifique et apolitique, s’est ensuite élancée vers le terre-plein de l’avenue Habib Bourguiba, avec un arrêt devant le ministère de l’Intérieur.

Sur place et sous un soleil de plomb, les slogans ont fusé, certains sérieux, d’autres plus humoristiques. En substance, les manifestants demandaient à  la police d’être plus ferme, d’assurer la sécurité de tous de Tabarka à  Ben Guerdane. En tête de cortège, les présidents des deux fédérations professionnelles du tourisme, Mohamed Belajouza pour la FTH et Mohamed Ali Toumi pour la FTAV avec, à  leurs côtés, plusieurs corps de métiers. En tout, on estime à  500 personnes le nombre de participants, médias et badauds y compris. Autrement dit, un nombre très limité, voire insignifiant à  la limite. D’où la question que beaucoup se sont posés : mais où sont passés les autres collègues ?

Malgré une grande campagne de sensibilisation préalable engagée notamment par les fédérations régionales, malgré une médiatisation de l’événement dans toute la presse nationale, ce chiffre est malheureusement le reflet d’une réalité, celui de la désunion des opérateurs touristiques tunisiens et de leur manque de solidarité flagrant. Et pourtant, certains parmi eux n’avaient pas hésité à  faire 7h00 de route pour prendre part à  la manifestation. De Djerba, 4 mini-bus étaient spécialement montés à  Tunis. Mais de Tunis même, les professionnels étaient peu nombreux, laissant un goût amer aux organisateurs qui avaient espéré au moins un millier de personnes selon les objectifs initiaux. « Pour critiquer la situation du secteur, ils sont en général les premiers, mais pour se rendre au front quand il le faut vraiment, ils sont les derniers » s’est indigné un membre du bureau directeur de la FTAV, déplorant l’absence de cette centaine d’agences de voyages spécialisées dans la Omra toujours prompte à  polémiquer.

Dans le rang des hôteliers, on pouvait également compter sur les doigts d’une seule main les grands patrons ayant fait le déplacement. Pire encore, certains parmi les guides et les artisans avaient choisi l’importante mobilisation des médias nationaux et internationaux, venus couvrir la manifestation, pour laver en public le linge sale du secteur et traiter les hôteliers et les agents de voyages de tous les noms d’oiseaux et de les accuser de tous les maux.

Deuxième étape

Après la marche entre les ministères du Tourisme et de l’Intérieur, qui s’est terminée dans une ambiance bon enfant, le cortège s’est élancé en direction du Bardo vers le siège de l’Assemblée nationale constituante. Les manifestants ont brandi leurs écriteaux et leurs banderoles devant le portail principal de l’ANC, surveillés de très près par l’armée et des corps d’élite de la police. Après négociations, les deux présidents des fédérations FTH et FTAV ont été autorisés à  accéder à  l’enceinte de l’ANC pour être reçus par des officiels. A leur grande surprise, ils ont constaté qu’il n’existait au Bardo aucune commission permanente siégeant autour du tourisme !

H.H

Cliquer pour voir les photos de la marche

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