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ITB Berlin 2011 : nouvelles du front touristique tunisien

ITB Berlin 2011 : nouvelles du front touristique tunisien

Le salon touristique international ITB, qui se déroule chaque année au mois mars dans la capitale allemande, a cette année valeur de test pour la Tunisie touristique. Ouverte officiellement ce mercredi, la manifestation a drainé le premier jour, sur le traditionnel stand de l’ONTT, une centaine de professionnels tunisiens, en tout cas certainement moins que la moyenne habituelle en temps « normal ». Car bien évidemment, la Tunisie de 2011 n’est plus celle de 2010 et la nouvelle conjoncture géopolitique a totalement bouleversé le fonctionnement habituel de la mécanique touristique. Mis à  part la nouvelle identité graphique du stand et des visuels publicitaires flanqués de la nouvelle accroche « I love Tunisia, the place to be », rien n’a vraiment changé. Le logo « Tunesien », figurant sur les traditionnelles brochures touristiques en allemand, a été maladroitement masqué par un autocollant « I love Tunisia », comme si l’on avait honte de l’ancienne identité graphique de la Tunisie touristique. « On a masqué le logo comme si l’on avait quelque chose à  lui reprocher » a commenté un professionnel tunisien présent, tandis qu’un autre, plus cynique, a estimé que « l’on a caché l’ancien logo de la même manière que l’on a effacé le 7 Novembre de toutes les places publiques après la Révolution ». Effectivement, les priorités en termes de communication étaient certainement ailleurs.

Lors de la cérémonie officielle d’ouverture du salon, Rainer Brüderle, le ministre allemand de l’économie, n’a pas manqué d’évoquer la situation qui prévaut en Afrique du nord, en appelant les opérateurs et les touristes à  soutenir les pays de tradition touristique qui viennent d’entrer dans le club des nations démocratiques. Sous-entendu bien évidemment la Tunisie et l’Egypte, deux destinations majeures des touristes allemands. « Les réservations (à  partir d’Allemagne) pour ces deux pays augmentent à  nouveau », a estimé de son côté Jürgen Büchy, président de la fédération allemande des agences de voyage, le DRV, lors d’une conférence de presse de présentation. « L’Egypte et la Tunisie vont rapidement se remettre et reconquérir leur place sur la carte mondiale du tourisme. J’en suis persuadé », a-t-il conclu.

Au niveau des réservations, les tour-opérateurs sont, pour leur part, unanimes à  estimer que la baisse à  l’heure actuelle est d’environ de 50% par rapport au niveau habituellement constaté à  la même période de l’année. Et comme de bien entendu, cette situation entraîne des demandes de concessions supplémentaires à  l’égard de leurs partenaires tunisiens, en premier lieu les hôteliers.

Tout le monde reconnaît également qu’au cours des premières semaines du mois de février, une reprise sensible des réservations s’était faite sentir, mais que les événements survenus sur l’avenue Bourguiba à  la fin du mois avaient de nouveau remis les pendules à  zéro. Preuve que le moindre incident sécuritaire est suivi de très près par les médias allemands qui ne se privent pas de le relayer auprès de l’opinion. Mehdi Houas, le ministre du Commerce et du Tourisme, a déclaré à  la presse internationale à  Berlin qu’en Tunisie, « la sécurité est totale » ! Cependant, les Allemands ne sont pas aussi mauvais en géographie qu’on pourrait le croire et la situation prévalent en Libye ainsi que la proximité de Djerba ne leur a pas échappé. Affirmer aujourd’hui à  la clientèle allemande que la Tunisie est un pays sûr est peut-être un devoir national mais cela n’engage que la personne qui a pris la liberté de l’affirmer face au monde entier.

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