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Habib Ammar, directeur général de l’ONTT : « S’il y a une grande inquiétude que j’ai, c’est par rapport au marché français »

23.09.2013Commentaires

Habib Ammar, directeur général de l’ONTT : « S’il y a une grande inquiétude que j’ai, c’est par rapport au marché français » Tour d’horizon de la situation touristique, et notamment celle qui prévaut au départ de la France vers la Tunisie, avec le premier responsable de l’Office national du tourisme tunisien.

Passé le cap de la haute saison, quel est votre diagnostic de la situation touristique en Tunisie ?
De janvier à mai tout d’abord, nous avons été pénalisés par deux grands événements survenus à deux moments cruciaux et qui ont été très médiatisés : l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis (le 14 septembre 2012 ndlr) en pleine période de booking et de programmation aérienne de la basse saison, puis l’assassinat de l’opposant politique Chokri Belaïd (le 6 février 2013 ndlr) qui a eu des incidences sur la période des vacances de Pâques. Cela a fait que nous avons trainé un retard (même par rapport à 2012) pendant près de 6 mois. Ce n’est que vers la fin mai et début juin que nous avons rattrapé ce retard et amélioré les performances par rapport à l’année dernière tous marchés confondus. Cependant, il y a une baisse de 4% des marchés européens par rapport à l’année dernière, mais qui a été compensée par les marchés maghrébins qui ont augmenté de 16%. En ce qui concerne la haute saison, comme chaque année, elle a été très bonne. Nous avons eu de la chance car la crise politique et l’assassinat du député Mohamed Brahmi n’ont pas eu un impact très fort sur la haute saison parce que les réservations et les packages étaient déjà faits. La haute saison n’a jamais été un indicateur d’une année touristique. La différence se fait au niveau de l’arrière-saison et aujourd’hui, c’est sur elle que portent nos préoccupations. La crise politique que nous traversons actuellement nous empêche d’avoir la clarté requise sur la période à venir. Les tour-opérateurs nous avouent qu’ils ont des problèmes pour vendre la Tunisie et on sait que le tourisme, c’est avant tout une question d’image. Aujourd’hui, les informations véhiculées sur la Tunisie ne sont pas positives malgré nos campagnes et nos actions. Il n’y a qu’à voir les journaux télévisés sur nos chaînes, c’est déprimant et surtout, c’est regardé en Algérie et dans tout le Maghreb. Par ailleurs, la façon avec laquelle certains médias français ont couvert les événements en Tunisie, cela laisse des traces et les chiffres le confirment.

Le marché français est de toute évidence mal en point. Quelle est votre analyse de la situation ?
S’il y a une grande inquiétude que j’ai, c’est par rapport au marché français. Quand vous voyez les arrivées touristiques françaises en Tunisie qui ont reculé de 43% par rapport à 2010 et de 22% par rapport à l’année dernière, cela revient à 450.000 touristes français perdus en une année, soit presque deux fois le marché russe en 2012. Les T.O français ont sérieusement réduit leurs capacités sur la Tunisie, parfois jusqu’à 25%. Mais même si on leur dit que la situation va s’arranger, on ne pourra pas revenir aussitôt aux anciennes réalisations, ce n’est pas évident, le marché français ne pourra pas être reconquis rapidement d’ici les deux ou trois prochaines années. Cependant, il n’y a pas que notre problème d’image. La crise en France a beaucoup joué ; certes, cela n’explique pas nos chiffres, mais cela a constitué un élément important. Par ailleurs, il y aussi l’impact des problèmes de structure des tour-opérateurs qui ont minimisé au maximum la prise de risque. Maintenant, notre travail devrait consister à rassurer ces gens-là en leur disant que la situation en Tunisie s’est calmée, nous allons enfin vers la dernière ligne droite sur le plan politique et la destination retrouvera son calme et sa sérénité jusqu’aux prochaines élections. Mais pour l’instant, nous ne pouvons rien avancer, mais j’espère que l’on y arrivera très bientôt.

Une action de promotion sur le marché français serait-elle justifiée aujourd’hui ou cela reviendrait à jeter de l’argent par les fenêtres ?
La publicité institutionnelle que l’Office du tourisme effectue sur les différents marchés européens n’est pas une action de promotion. C’est une communication de notoriété pour dire que nous existons et que nous sommes toujours sur le marché. Une destination qui ne fait pas de publicité institutionnelle, c’est qu’elle a fermé boutique. Quant à la publicité commerciale faite avec les T.O et pour laquelle l’Office du tourisme contribue à hauteur de 50%, c’est autre chose.

Il a récemment été question d’une nouvelle approche en matière de communication touristique sur le Net. Qu’en est-il exactement ?
Nous avons tenu une réunion avec la direction Marketing et nous avons décidé d’une série d’actions comme par exemple travailler sur les réseaux sociaux à travers des témoignages spontanés de touristes qui sont sur place. Il est également question d’événements susceptibles de redorer le blason de la Tunisie qui devront être bien médiatisés pour faire savoir quand même qu’en Tunisie, il n’y a pas que la crise politique et que c’est un pays qui continue à travailler (même s’il faut reconnaître que la situation devient trop longue). Le nouveau site du tourisme tunisien, dans sa nouvelle formule, est également prêt actuellement en version bêta.

Le sud fait les frais des restrictions de voyages, la région est sinistrée, les professionnels au bord du gouffre, plus d’hôtels fermés qu’ouverts ; quel est votre commentaire ?
Trois années de vaches maigres, c’est très difficile à supporter pour la région qui connaissait déjà des difficultés structurelles au niveau du produit et des liaisons aériennes. Le fait que ces zones soient classées rouges, qu’il y ait des avertissements émis par les ministères des Affaires étrangères de plusieurs pays européens, tout cela a des effets catastrophiques sur la zone. D’où l’urgence d’instaurer un climat de stabilité dans tout le pays. La règle de base est : tourisme = sécurité. Il n’est pas possible de réfléchir aux moyens de développer le tourisme dans un pays instable, nous ne savons pas le faire comme d’autres pays l’on fait. Nous, notre fonds de commerce a toujours été la stabilité et la sécurité sur lesquelles nos activités de services ont été bâties. Nous n’avons pas de rentes naturelles suffisantes pour faire fonctionner notre économie. Je pense qu’il faudrait aujourd’hui des mesures gouvernementales exceptionnelles pour la région au niveau des impôts, de la CNSS, alléger les charges des professionnels de la région… Il faudra s’orienter dans ce sens pour maintenir en vie le tissu économique local.

L’année dernière, la compagnie Transavia avait agi en faveur du sud justement grâce à un vol subventionné par le Fodec. Qu’en est-il de l’expérience du soutien à l’aérien qui avait été engagée ?
Elle a été très positive et a permis de ramener à peu près 150.000 touristes en basse saison et qui ne seraient pas venus sans le dispositif mis en place avec les compagnies aériennes. Donc, nous estimons que c’était une expérience très positive. Toutefois, il a été très difficile à mettre en place parce que les vérifications et les procédures administratives étaient très compliquées et il y a eu beaucoup de lourdeur. Nous sommes en train de réfléchir à le modifier sans trop habituer les T.O à ce dispositif pour ne pas qu’il se transforme en un acquis. Quand nous l’avons mis en place, nous avions bien souligné que c’était temporaire parce que le pays traversait une crise très profonde. Sur Tozeur, nous serions bien disposés à renouveler l’expérience mais les partenaires ne l’acceptent pas tant que la zone est classée rouge.