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Dernière trouvaille : un nouvel aéroport pour remplacer Tunis-Carthage !

Le ministre du Transport, Abdelkarim Harouni, vient de lancer un pavé dans la mare. Il a annoncé sur les ondes de la radio Shems FM que le gouvernement songeait à  la construction d’un nouvel aéroport près de la capitale qui serait appelé à  remplacer Tunis-Carthage. Pour les riverains, cela constituerait une bouffée d’oxygène, et notamment pour les habitants de la Soukra, des Berges du Lac, de l’Ariana et de la Goulette, qui se situent dans l’axe des deux pistes de cet aéroport dont la capacité maximale sera atteinte en 2012 selon le PDG de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA), Salah Gharsallah, à  savoir 5 millions de passagers.

L’ancien régime avait établi un plan de développement des aéroports à  l’horizon 2020 avec des options sur des sites compatibles à  la sortie Ouest de Tunis (Borj El Amri) ou au Nord, dans la région d’Utique, entre Tunis et Bizerte. L’identification de ces sites était destinée à  préparer l’avenir, à  savoir le repli vers ces zones après saturation de l’aéroport Tunis-Carthage à  6 millions de passagers. Les observateurs avisés ont donc été surpris de voir le PDG de l’OACA (nommé par le gouvernement) accabler le principal aéroport de la capitale et le déclarer saturé à  5 millions de passagers lors d’une conférence de presse organisée le 9 décembre à  Tunis.

De plus, il est étonnant de constater combien le décideur Tunisien a la mémoire courte face aux réalités économiques les plus évidentes. On a en effet oublié combien l’ancien gouvernement avait eu du mal à  faire aboutir la construction de l’aéroport d’Enfidha. On a oublié que le projet avait pris plusieurs années de retard tellement le financement était difficile et que finalement, il s’était résigné à  le confier à  un intervenant extérieur pour le bâtir et le gérer pendant 40 ans. L’appel d’offres fut remporté par l’opérateur turc TAV qui injecta plus de 550 millions d’euros dans la construction de l’aéroport actuellement fonctionnel, sous le régime de la concession dite BOT (built, operate and transfer), autrement dit, construire, exploiter et le restituer à  terme à  l’Etat après 4 décennies.

Tunis-Carthage, + 13%

Certes, l’aéroport Tunis-Carthage a connu une évolution de 13,22% du nombre de ses passagers jusqu’à  fin novembre 2012 par rapport à  la même période de 2011, mais cela n’est qu’un arbre qui cache la forêt. Car si cet aéroport centralise en fait l’essentiel du trafic aérien régulier de la compagnie nationale, mais également des compagnies aériennes étrangères (charter non compris), il est soumis à  des pressions uniquement saisonnières, à  savoir l’été essentiellement. Le calendrier de l’Hégire va aussi faire remonter la haute saison de la Omra et celle du Haj les prochaines années vers l’été, ce qui créera des pics de trafics inédits sur la Tunisie, (sans parler du trafic charter touristique). Mais ces raisons sont-elles suffisantes pour chercher à  construire un nouvel aéroport ? Est-ce aujourd’hui une priorité absolue pour le pays ?

Certains observateurs bien avisés ont vu dans cette annonce une intention détournée d’ouvrir la porte à  des investisseurs étrangers, et précisément du Qatar. Si les mauvaises langues n’ont pas toujours raison, elles ne peuvent cependant occulter le fait que le terrain sur lequel est basé l’actuel aéroport Tunis-Carthage vaut son pesant d’or. Sa revente à  des fins immobilières rapporterait énormément d’argent aux caisses de l’Etat. Mais au niveau environnemental, cela ne ferait qu’empirer la situation actuelle du Grand-Tunis.

Et si effectivement Tunis-Carthage est saturé, pourquoi ne pas se rabattre sur celui d’Enfidha qui semble totalement sur-dimensionné par rapport au trafic réel qu’il gère. La création d’une voie de chemin de fer rapide qui relierait l’aéroport à  la capitale en 1 heure par exemple coûterait nettement moins cher que d’investir dans une plate-forme aéroportuaire totalement nouvelle.

Mauvaise gestion

Pourtant, selon des professionnels du secteur, Tunis-Carthage ne souffre pas de son infrastructure inadéquate. Il souffre avant tout de la mauvaise gestion du trafic et du handling. Il subit la conséquence de vieilles habitudes indélébiles. Ses points faibles se situent essentiellement au niveau du fonctionnement des différents points de traitement que ce soit des avions, des bagages, du fret et même des passagers. Les infrastructures sont là , mais les ressources humaines ne produisent pas le rendement escompté.

Le ministre Harouni a parlé de la construction d’un nouvel aéroport comme s’il s’agissait d’un projet de construction d’un abri pour voiture. Il a oublié de souligner que les futurs riverains de cet aéroport ont également leur mot à  dire. Il a oublié de mentionner que si le gouvernement envisageait de prendre à  sa charge l’investissement, cela se ferait sur le dos du contribuable tunisien. Il a oublié de dire que pour réaliser un aéroport, il faut exproprier des terrains. Pourtant, la fronde à  laquelle fait face le gouvernement français actuellement dans le dossier du futur aéroport de Nantes (Notre-Dame-des-Landes) aurait dû faire réfléchir les gouvernants actuels de la Tunisie. Les aéroports tristement vides que l’Espagne a bâtis sous prétexte de rapprocher les voyageurs autant que possible des zones touristiques sont également éloquents. Plus proche de nous, le trafic si maigre sur les aéroports de Tabarka, Gafsa et, dans une moindre mesure, Tozeur et Sfax, devrait au contraire donner à  réfléchir.

Et si c’est sur l’open sky que le ministre compte pour absorber le trafic du futur aéroport, il y a de quoi être réellement inquiet sur la maîtrise et la vision stratégiques de ceux qui dirigent actuellement la Tunisie.

 Hédi HAMDI

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