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Cette taxe que les hôteliers ont du mal à  supporter

Elle figurait dans la loi de Finances pour l’année 2013 et devait entrer en application à  l’automne. Finalement, le gouvernement vient de décider de la reporter à  une date ultérieure, le temps de réétudier son mode de perception. Cependant, malgré l’annonce, les hôteliers demeurent dans le flou et ne savent pas s’ils doivent la comptabiliser dans les contrats avec les T.O ou pas étant donné que rien ne leur a été officiellement communiqué par écrit.

Une taxe de deux dinars par personne (+ de 12 ans) pour chaque nuitée passée dans un hôtel en Tunisie. Tel était le projet adopté par le ministère des Finances qui devait entrer en vigueur le 1er octobre 2013 impliquant sans distinction touristes tunisiens et étrangers. Coup de théâtre début septembre, le ministre du Tourisme, Jamel Gamra, en conférence de presse, a annoncé son report, le temps de trouver la meilleure façon de la mettre en application. Au préalable dans les coulisses, le ministère du Tourisme avait saisi ses homologues aux Finances pour leur signifier que dans sa forme actuelle, la taxe ne pouvait être correctement perçue et qu’elle intervenait à  un moment défavorable eu égard à  la situation touristique du pays. Il a de toute évidence été écouté et s’est vu offrir un répit, mais certainement de courte durée puisque les responsables du Trésor public devraient revenir à  la charge pour l’année 2014.

D’accord, pas d’accord
En attendant, les professionnels du secteur eux-mêmes ne sont pas tous convaincus du bien-fondé de cette taxe hôtelière et sur son mode d’application. On se souvient d’ailleurs que lorsqu’elle avait été annoncée, elle avait provoqué une levée de boucliers des hôteliers qui l’avaient considéré comme « inéquitable, mettant en danger la rentabilité du secteur et pénalisant davantage le tourisme tunisien vis-à -vis de la concurrence étrangère ». Cette prise de position n’a cependant pas fait fléchir les pouvoirs publics. Ce sont plutôt les difficultés inhérentes à  son mode de perception qui ont incité le gouvernement à  temporiser. Aujourd’hui encore, la profession reste divisée sur le sujet. Certains hôteliers considèrent qu’elle intervient à  une période très délicate où la Tunisie en tant que destination touristique n’est pas en position de force. D’autres sont au contraire favorables à  son principe eu égard à  ce qu’elle apportera aux caisses de l’Etat, mais sous conditions. Parmi eux, Mehdi Allani, vice-président de l’hôtel Le Sultan à  Hammamet. « Il est indispensable que l’on sache le montant récolté et que l’on nous dise ce qui a été fait avec en toute transparence » souligne l’hôtelier. « Réellement, les chiffres de la Caisse de compensation sont alarmants et cela pourrait entraîner une problématique sociale » ajoute-t-il encore. Justement, l’un des arguments avancés par le gouvernement consiste à  utiliser une partie des fonds collectés pour renflouer la Caisse de compensation. Avant qu’il ne passe aux Finances et tandis qu’il était encore ministre du Tourisme, Elyès Fakhfakh avait déclaré que « les touristes mangeaient bien du pain subventionné par la Caisse », d’où la « logique » de taxer leurs nuitées. Le ministère du Tourisme propose donc de mettre en place une commission qui étudiera son mode de collecte, car c’est d’abord là  où le bât blesse et où résident les divergences inter-professionnelles. « Je suis contre le fait de l’appliquer à  l’arrivée à  l’aéroport et qu’elle soit limitée aux touristes » s’insurge encore Mehdi Allani. « Il faudrait l’appliquer à  tout le monde au moment du check-in à  l’arrivée, y compris aux Tunisiens. Mais pour ne pas pénaliser les faibles revenus, on pourrait ne pas l’imposer aux établissements 2 étoiles » propose-t-il. Au contraire, Akram Chérif, directeur général du Sentido Rosa Beach à  Monastir, est, lui, pour une taxe payée à  l’aéroport. « La seule application possible de la taxe est qu’elle soit payée à  l’aéroport et à  tous les postes frontières du pays. Le modèle jordanien doit nous servir d’exemple, soutient-il. La taxe y est perçue par un guichet en devises moyennant un timbre fiscal collé au passeport à  l’entrée ». Un avis qui n’est pas partagé par Mehdi Allani qui considère qu’une taxe fixe à  l’aéroport ne serait pas équitable vis-à -vis de ceux qui viennent passer 2 nuitées et de ceux qui viennent en passer 10.

« Trop compliqué pour un hôtel »
Mohsen Boudhina, directeur Commercial et Marketing de l’hôtel Le Paradis à  Hammamet, n’est pas très favorable à  l’idée de taxer les nuitées. « Je ne suis pas contre le principe mais ce n’est pas le bon moment. Une telle taxe peut être appliquée dans un pays où il existe de la demande. Cela aurait dû se faire dans les années 80 quand les clients avaient les moyens. Aujourd’hui, la crise européenne a fait que le touriste se serre la ceinture ». Au-delà  de cette vision des choses, Mohsen Boudhina considère que la collecte de cette taxe va constituer une importante charge en matière de gestion pour les hôtels. « Il va falloir ajouter un agent dédié à  la perception du montant de la taxe, mais comme nous recevons des clients à  toute heure, il nous en faudra au moins 3 pour assurer un roulement, ce qui constitue une charge supplémentaire pour nous » estime-t-il. Un avis que ne partage pas tout à  fait Mehdi Allani : « pour ce qui est du système de gestion de la taxe, nous ne sommes pas au Moyen-à‚ge ; le droit de timbre de 400 millimes sur toutes les factures est plus difficile à  gérer ». Mais Akram Cherif ne voit pas les choses sous le même angle : « il ne faut pas que le privé devienne collecteur d’impôts, cela peut donner lieu à  beaucoup de dépassements ». Le directeur du Rosa Beach n’en démord pas et suggère que le timbre puisse même être vendu à  bord des avions pour décongestionner les aéroports. Car c’est justement l’autre souci qui se pose : comment éviter que l’étape du paiement d’une taxe à  l’arrivée ne se transforme pas en gabegie dans nos aéroports, notamment durant les périodes de pointe. Sans grandes illusions, Mohsen Boudhina ne voit qu’une alternative à  la polémique : reporter de 4 ou 5 ans l’entrée en application de cet impôt, le temps que la situation touristique et politique se stabilise. Le plus important serait donc que la nouvelle commission appelée à  se pencher sur la question précise clairement les objectifs de la taxe et l’usage qui en sera fait. Ensuite, il s’agira de trancher une fois pour toute sur son application à  l’arrivée ou dans les hôtels, en prenant en considération le fait que l’écrasante majorité des touristes arrive dans le cadre de packages pré-payés. Pis encore quand ils viennent séjourner en all inclusive. L’expérience d’autres pays doit en tout cas inspirer le cas tunisien qui est certes très particulier. Faut-il mettre en place une taxe de séjour ou une City Tax ? La déguiser sous la forme d’une taxe écologique pourrait toutefois être mieux perçu par les Européens plus sensibles aux questions environnementales. Mais quid des Algériens et des Libyens dont la part des nuitées est en constante progression dans les hôtels tunisiens ? Par ailleurs, des régions touristiques en grandes difficultés comme Tozeur ou Tabarka auraient peut-être intérêt à  en être exemptée pour ne pas ajouter à  leur malheur.

Les taxes hôtelières sous d’autres cieux
Il est clair qu’il n’existe pas de règle prédéfinie pour les taxes touristiques dans le monde et chaque destination possède son propre modèle. En France, et jusqu’en 2011, une taxe de 2% sur les nuitées d’hôtels de luxe était appliquée. Pour les autres catégories d’établissements, la taxe ne dépasse pas actuellement 1.50 euro et les enfants sont exemptés jusqu’à  l’âge de 13 ans. En Italie, le barème mis en place varie de 0.35 à  5 euros selon les saisons et selon les catégories d’hôtels. A Barcelone, la taxe est de 0.75 euro pour les hôtels de 1 à  3 étoiles, de 1.25 euro pour un 4 étoiles et de 2.50 euros pour un 5 étoiles. En Ukraine, la taxe est de 1% du montant de la facture de la chambre. A New York, la taxe est de $3.50 par nuitée lorsque le coût de la chambre est supérieur à  40 euros. En Belgique, la taxe de séjour est de 1,8% à  Bruges et de 2.5% à  Gand. En Bulgarie, la taxe est de 1.5 euro pour les hôtels 5 étoiles et moins pour les catégories inférieures. En Allemagne, la taxe hôtelière n’est pas la même selon les Landers mais en général, on paye un impôt qui varie de 0.25 euro à  5 euros selon les catégories d’établissement. A noter également le taux de la TVA qui diffère d’un pays à  un autre.

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