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10 MD seront-ils suffisants pour soutenir les T.O via le pavillon aérien tunisien ?

« Un accord historique ». C’est en ces termes que Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme, a qualifié ce jeudi à  Tunis la décision de soutenir financièrement les vols charters opérés par les compagnies aériennes tunisiennes et ayant fait concrètement l’objet d’une demande d’annulation de la part des tour-opérateurs.

En vertu de cet accord et à  partir du 15 avril et jusqu’au 30 juin 2011, les compagnies Tunisair et Tunisair Express (publiques toutes les deux) et Nouvelair (privée), bénéficieront d’une prise en charge de leurs sièges invendus à  hauteur de 30% au maximum. Concrètement, la subvention qui sera allouée par l’ONTT concernera les vols dont les coefficients de remplissage se situeront entre 50% au minimum et 80% au maximum au prix réel du siège facturé au T.O.

Le budget alloué pour cette opération ponctuelle a été fixé à  10 MD puisés dans le FODEC (le fonds de compétitivité touristique provenant des taxes prélevées sur les hôtels et les agences de voyages qui dispose cette année de 60 MD). Pour certains observateurs, ce montant est jugé très insuffisant pour répondre aux besoins réels. Sans parler qu’il pourrait générer des rivalités dans les rangs des bénéficiaires eux-mêmes. Pour d’autres, l’action arrive trop tard car les vacances de Pâques ont déjà  été grandement affectées par la crise.

Réaction des transporteurs

Du côté des compagnies aériennes, on ne peut que se féliciter de cette manne tombée du ciel. Nabil Chettaoui, P-dg de Tunisair, a d’ailleurs reconnu que « jamais dans les précédentes crises, le ministère du Tourisme n’était allé aussi loin pour relancer la destination ». Pour la compagnie publique, cette mesure vient s’ajouter à  deux autres décisions déjà  mises en place pour stimuler ses partenaires voyagistes. Tunisair a en effet pris la (lourde) décision d’appliquer sur ses vols charters les tarifs hiver durant la saison été, ce qui entraînera un manque à  gagner de 30% sur ce segment. De plus, « les T.O assurant 80% de remplissage ne paieront que 80% » a également précisé Nabil Chettaoui.

De son côté, Aziz Miled, fraîchement rétabli dans ses fonctions de président de la compagnie Nouvelair, estime que « l’action est nouvelle, intelligente et ciblée et va permettre de redémarrer les ventes ». Le patron de la compagnie privée tient à  ce propos à  souligner que Nouvelair a également « fait des efforts sur les prix sans avoir attendu cet accord, en rognant sur les marges ».

Pour Moncef Zouari, directeur général de Tunisair Express, « l’idée de soutien a redonné espoir aux partenaires de la compagnie notamment sur la Roumanie, la Tchéquie, Malte et la France et a aussitôt donné lieu à  des demandes », sachant que la compagnie a tout de même assuré 60% de son programme initial au cours du mois de mars.

Quid des autres T.O

Vu sous un autre angle, cet accord revient en fait à  dire que les hôteliers et les agences de voyages contribuant au FODEC vont subventionner les compagnies aériennes tunisiennes qui, elles, sont exemptées de cette taxe. Toutefois, on est en droit de s’interroger sur ce qu’il va advenir des T.O qui ne font pas appel au pavillon tunisien dans leurs affrètements charters et qui pourraient considérer cette action comme une exclusion. Interrogé sur cette problématique, Mohamed Belajouza, président de la FTH, a tenu à  souligner que les autres T.O n’étaient absolument pas exclus et qu’ils étaient au contraire invités à  présenter des demandes pour peu qu’ils acceptent les conditions définies par les parties intervenantes. « L’action reste ouverte aux autres partenaires que nous ne négligeons pas » confirme Tahar Saïhi, président de la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV).

Un comité de gestion, composé d’un représentant de chacune des parties signataires de la convention, sera chargé de gérer l’opération et valider le soutien à  accorder à  chaque vol. Et pour maximiser l’efficacité de l’action, les sièges vides seront mis à  la disposition de l’ONTT, de la FTH et de la FTAV pour « inviter des agents de voyages, des tour-opérateurs, des journalistes, ou toute autre personne pouvant contribuer à  la promotion du tourisme tunisien » stipule la convention.

L’action entreprise est peut-être une nouveauté en soi mais elle ne résoudra pas les problématiques actuelles. Si elle a au moins eu le mérite d’exister et de montrer à  l’opinion touristique nationale et internationale que des efforts concrets sont entrepris pour relancer la machine touristique, elle permettra aussi de tirer les leçons qui s’imposent et de réajuster le tir au besoin. Cette « opération pilote », comme la qualifiée M. Belajouza, fait déjà  rêver le P-dg de Tunisair qui estime qu’une mécanique semblable appliquée à  la future ligne Tunis-Montréal annoncée pour l’année prochaine serait un excellent stimulant au marché canadien… et une belle assurance de rentabilité durant la première phase de lancement de la desserte.

Hédi HAMDI

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